dimanche 12 juillet 2026

France-Croatie - Finale de la Coupe du monde de football 2018







Huit ans, déjà que la bande à Deschamps a ramené de Russie le plus beau des trophées. J’ai vraiment kiffé cette équipe de France 2018, ultra-défensive et d'une effarante efficacité. À rebours de beaucoup, peut-être, je la préfère à la France romantique et généreuse qui suivait, hélas, trop naïvement l'adage « dominer n'est pas gagner » et finissait, hélas, toujours au tapis. Cette équipe de France-là, je ne l'ai que trop bien connue. Elle cultivait « une certaine fatalité de la défaite », pour reprendre les mots justes de Didier Tronchet dans Les Fantômes de Séville. ¹ J'en étais malade, tant la loose lui collait à la peau. Souvent maladroite ou malchanceuse, elle semblait incapable de porter l'estocade, de se hisser sur la plus haute marche du podium. Il lui manquait l'essentiel, la rage de vaincre. Alors, oui, nous étions les perdants magnifiques (la belle affaire !) qui, après avoir vaillamment bataillé, perdaient avec les honneurs, et nous nous consolions amèrement en prenant plaisir à glorifier la défaite. Il a fallu attendre 1984 et ce titre de champion d'Europe pour que cette chaîne de malédiction soit enfin rompue, que cette équipe de France humecte avec délice les arômes de la victoire. Et grâce à la première Coupe du monde fièrement acquise en 1998, nous pouvions enfin proclamer, sûrs de notre fait : « La victoire est en nous ! »  

Cette finale de Coupe du monde 2018, je l'ai vécue dans un bourg perdu en Touraine, où je passais mes vacances en famille dans un bungalow défraîchi. Je me souviens surtout de l’armada de moustiques, trop habitués à nous mitrailler dès qu’on osait mettre un pied dehors. Quand, ce dimanche 15 juillet, un peu avant 17 heures, j'allumai la télé, mon sang ne fit qu'un tour : je découvris, atterré, qu'elle ne diffusait aucune image !! Me faire un coup pareil le jour de la finale de la Coupe du monde ! Non, je ne rêvais pas, j'avais beau secouer le poste comme un possédé, espérant un miracle, les minutes s'égrenaient, et point de miracle. Rien que de la bonne vieille neige sur un écran obstinément muet. Voilà une panne de réseau qui ne pouvait pas plus mal tomber ! Comble de malchance, la réception du camping était fermée le dimanche. Désemparé, je jetai un œil dehors et découvris, stupéfait, que tous les bungalows croupissaient dans un no man's land inquiétant. Pas âme qui vive. Ils semblaient s’être étrangement vidés de tous leurs habitants. Je me rappelai avoir entrevu au village un café, situé à un petit quart d’heure de marche. Le dernier espoir de trouver un écran ! Je partis illico presto avec ma fille de 10 ans, encore plus déçue que moi. Quand nous entendîmes monter du village une immense clameur déchirer le silence de la campagne, nous comprîmes soudain que la France avait ouvert le bal des festivités ! Nous accélérâmes le pas, frustrés d'avoir manqué le premier but…

Arrivés sur place, nous trouvâmes le café bondé ! Et, bien sûr, plus aucune place de libre. Mais pour un père de famille accompagné de son rejeton, une place s'est gentiment libérée. L'écran paraissait ridiculement petit. À peine étions-nous installés que les Croates égalisaient dans une tension sidérante. Les invectives et les insultes pleuvaient. Des verres se brisaient. Une foule passablement éméchée vomissait sa colère. Je trouvais l'atmosphère électrique, tant nous étions malmenés dans le jeu. Brusquement, tout changea à la 38 minute. Un penalty, comme une faveur divine, nous fut offert. D'une frappe soyeuse qui prit le gardien à contre-pied, Grizou envoya la balle au fond des filets et fit chavirer la France. Une furia collective, comme un grondement tellurique, fit trembler le sol ! Avions-nous la faveur des dieux ? C'était un miracle que nous menions à la mi-temps. « Cet avantage relève de la magie noire », écrit très justement Olivier Guez dans Le Monde au lendemain de la finale.² Car ces diables de Croates nous avaient insolemment marché dessus. Étrangement, il semblait que des esprits malins eussent jeté sur eux un mauvais sort, que des incantations pernicieuses, sournoisement lancées contre eux, avaient finalement eu leur peau. 

Ma femme me téléphona pour m'annoncer que la télé avait miraculeusement ressuscité !  Retour sur-le-champ à la casa pour suivre, dans une ambiance plus feutrée et la quiétude du foyer familial, cette finale crispante jusqu’au bout. Je tremblais de voir ces diables de Croates revenir au score. Coup de sifflet final. Exténué, j'exulte en baignant dans une euphorie irréelle. La France est championne du monde. Dans une atmosphère crépusculaire et sous des trombes d'eau, la remise du trophée survient comme un rêve halluciné. Moi-même, les yeux embués par l'émotion, je vois une bande de gamins ivres de joie et de bonheur. L'orage a ramené la nuit, mais le stade de Loujniki, pour l'éternité, brille d'une pluie d'or.


En 2018, le style de l'équipe de France a souvent été décrié par nos experts journalistes. L'avalanche de critiques n'a épargné ni les joueurs, ni DD. Il faut écouter Pascal Praud vomir sa colère le lendemain de France-Australie et pester contre cette équipe moribonde qu'il juge ennuyeuse à en mourir. Des voix se sont élevées pour dénoncer ce style dégueulasse, cette absence d'inspiration et de jeu offensif qui font la marque des grandes équipes. Mais en quoi l'art de défendre, porté à son pinacle, serait-il moins valorisant qu'une équipe résolument portée sur l'attaque ? Défendre avec autant de hargne et d'intensité présuppose des qualités que j'estime tout aussi nobles.  Je pense à cette demi-finale gagnée contre les Belges, où l'équipe de France a collectivement fait preuve d'un acharnement défensif inouï. Ce fut, pour moi, le match le plus intense, qui avait tout d'un immense combat de boxe. Ce qui était perçu au début comme un aveu de faiblesse est devenu, au fil des matchs, sa marque de fabrique, sa force collective. 

Le football de possession m'horripile. La passe à dix dans la surface de réparation, comme la pratique Manchester City, non merci, très peu pour moi. Les amoureux du football clament haut et fort qu'ils veulent voir du beau jeu. Certes. Mais dans une finale, le beau geste, vous l'oubliez. Seule compte la victoire. Une finale n'est belle que si elle est gagnée ; le reste, c'est de la littérature. Posez donc la question aux entraîneurs qui ont inscrit leur nom au palmarès des vaincus. L'amertume de la défaite laisse, malgré le poids des années, des traces indélébiles qui ne cicatrisent jamais vraiment. Le panache, l'équipe de France l'avait en 1982. La belle affaire ! Qui a vécu Séville me comprendra. En 2018, le panache fut oublié, mais Dieu du ciel, quel réalisme ! Clinique et efficace dans son jeu, et souvent malmenée, elle arrivait toujours à bout de ses adversaires. Je trouve que cette équipe de France 2018 avait un petit air de Mannschaft, comme si ce qui faisait la force de l'équipe d'Allemagne, au plus fort de sa domination, était devenu la nôtre par une étrange alchimie. Un journaliste de la chaîne RTS commentant la finale comparait chaque but de l'équipe de France aux morsures d'un cobra. Je trouve la comparaison plutôt bien vue. Même après avoir été sacrée championne du monde, il y a encore eu des voix dissonantes pour toujours critiquer le style de l'équipe de France. Des éternels chouineurs ou autres rabat-joie de la première heure, manifestement incapables de savourer les effluves exaltantes de la victoire.



PS : Pour info, le match provient d'un enregistrement dégoté sur la Toile. La finale a été retransmise sur la chaîne allemande ZDF. Excellente qualité d’image. Commentaires en allemand (2 pistes), anglais (BBC), russe, croate, auxquels j’ai personnellement ajouté ceux de beIN Sports (Christophe Josse et Daniel Bravo), TF1 (Bixente Lizarazu et Grégoire Margotton), France Inter (Jacques Vendroux et Alain Giresse), RMC (avec la dernière émouvante de Jean-Mimi) et RTS (David Lemos et Léonard Thurre). Le tout coupé avec Audacity et synchronisé par mes soins, ce qui ne fut pas une mince affaire… ! Attention, la piste France Info est un doublon de la piste France Inter.

Étonnante, la différence de ressenti entre chaque pays. Ainsi, les commentateurs allemands voyaient l'affaire pliée à 3-1 et la France s'envoler tranquillement vers son 2eme titre mondial. Les Suisses, je n’en parle même pas. Quant à moi, même à 4-1, j’étais loin d'être rassuré. Jusqu'à la dernière seconde, je redoutais de voir ces diables de Croates nous jouer un mauvais tour et revenir au score in extremis pour nous arracher des mains ce trophée si convoité…


1.Didier Tronchet : Les fantômes de Séville. Éditions La fosse aux ours, 2022. p 44.

2.Olivier Guez  : Magie noire, irrationnel et baraka. Le Monde, 16 juillet 2018.


Kermite. 





Bonus : 




- Vidéo :



- Les Bleus 2018 - Au cœur de l'épopée russe réalisé par Emmanuel Le Ber et Théo Schuster. (DVD Remux - 120 mn .)

Une immersion jouissive dans les coulisses de l'exploit !  


La Véritable Histoire des Coupes du monde de Stéphane Benhamou

.1ere partie 1930/1974 - (HDTV - 55 mn - MKV.) 

.2eme partie 1978/2014 (Web dl - 58 mn - MP4) Captation du documentaire, diffusé sur Youtube, à partir de mon ordinateur. 

Ce doc en deux parties montre combien les Coupes du monde de football, avant d'être des événements purement sportifs, ont été tout au long de leur histoire une affaire avant tout politique. Et la conclusion est sans ambages : sport et politique ne font jamais bon ménage… 


C'était écrit : La revanche des Bleus. Documentaire de Karim Rissouli et Dominique Rouch (2019 - HDTV - 90 mn.)

Plus qu'une revanche, c'est en fait, l'histoire d'une résilience. Comment DD et ses joueurs ont réussi à bâtir leur titre de Champion du monde sur les cendres de la finale perdue de l'Euro 2016. 



- Mbappé la diplomatie du ballon rond  de   Jean-Philippe Leclaire, Mikael Bozo et Manon Descoubès  (2026 - HDTV - 88 mn.) 


Plus qu'une icône sportive, Kylian Mbappé est devenu, depuis le sacre de 2018 en Russie, un véritable symbole national et un objet politique chaleureusement courtisé. Ambassadeur de la nation, le natif de Bondy se sert de ses performances sportives et de son aura pour prendre position politiquement et envoyer des messages à une jeunesse en manque de repères. Jean-Philippe Leclaire, Mikael Bozo et Manon Descoubès tentent de cerner le phénomène Mbappé en prenant soin d'insister sur l'envergure planétaire et la dimension  extra-sportive du joueur. Mbappé est un phénomène monstrueusement talentueux derrière lequel toute une nation se range pour espérer conquérir une troisième étoile à New York, le 19 juillet 2026...





- Radio :



So Foot : podcasts (21 X 24mn - FLAC)


Un regard ludique sur la coupe du monde proposée par la fine équipe de So foot et de son  envoyé spécial, Alexandre Doskov, parachuté seul dans la vaste Russie pour suivre les pérégrinations de l'équipe de France. 


1.Spécial Mondial  en  direct avec les Bleus, et que fout Robbie Williams en Russie.

2.Les Bleus à Kazan,  Mo Salah et le bide saoudien.

3.Les Bleus vus d'Australie, le bijou Espagne-Portugal, et le danois daltonien.

4.Les Bleus au ralenti, l'Allemagne démarre, et un gardien au festival de Cannes.

5.Neymar boit la tasse, l'Allemagne KO et Thauvin à terre.

6.L'Angleterre encore à la peine,  la diète de Fekir et des bagues japonaises.

7.Le blocus français, le blocus saoudien et l'Oedipe marocain.

8.France-Pérou terrain glissant, la fougue iranienne et le métro de moscou.

9.La France fait le boulot, le naufrage argentin et les votes WTT suisses.

10.La France gagne 11-0, le miracle suisse et notre interview de Thomas Meunier.

11.Le feu d'artifice belge, les Bleus s'ennuient et les scandales anglais.

12.La Russie accusée de dopage, l'Angleterre déroule et la révolution chez les Bleus.

13.L'Argentine joue sa survie, le Danois et la secte et les Bleus jouent la pole.

14.Des Français soporifiques, des Argentins miraculés et des Allemands mi-content, mi-colère.

15.L'Allemagne rentre à la maison, le Brésil facile et la France a marqué des buts.

16 France Argentine vu depuis la France, l'Argentine et la Russie.

17.Le roi Mbappé, ciao Messi et le sous-marin d'Iniesta.

18.Russie et Croatie qualifiés, un long dimanche de huitième de finale.

19.Le miracle belge le calme brésilien et l'infirmerie française au complet.

20.Deschamps appelle la police, que savoir de l'Uruguay.

21.Griezmann-Hazard, le réveil des héros et bye-bye Neymar.

22.Thierry Henry le traître, l'arrogance française vue de Belgique.

23.Mbappé épouse-nous, Varane président et les Anglais sont devenus fous.

24.Français ou Belges, le match des râleurs, les adieux des Bleus et la battle Angleterre-Belgique. 

25.Mbappé va rouler sur les Croates, des enfants racontent le Mondial et la revanche Belge.

26.Mbappé merci Lloris oups Deschamps président.


Sur Europe 1 : podcasts


- Bons-baisers-du-Mondial-Lionel-Rosso-14-07-18  (2h34mn - MP3.)

- Bons-baisers-du-Mondial-Lionel-Rosso-16-07-18 (3h19mn - MP3.)

- Europe-midi-Edition-spéciale-13-07-18 (1h40mn - MP3.)

- Europe-midi-le-journal-15-07-18 (28mn - MP3.)

-Europe-Soir-Edition-spéciale-Les-Bleus-sont-de-retour-François-Clauss-16-07-18 (3 h 36mn - MP3.)

- Nikos Aliagas raconte ce moment suspendu où la France était le centre du monde  (2mn - MP3.)

- Foot. Assistance vidéo (16mn - FLAC.)


-Histoires de la Coupe du Monde : podcasts (20 X 11mn - FLAC.)


1.Allemagne-Hongrie 1954 le miracle de Berne.

2.Angleterre-Cameroun 1990 le monde entier derrière les Lions indomptables.

3.Angleterre-France 1966, les Bleus éliminés à Wembley.

4.Angleterre-USA 1950, la référence absolue en termes de surprise.

5.Argentine-France 1978, la défaite fondatrice de la génération Platini.

6.Argentine-Nigeria 1994, le dernier match de Maradona avec l'Albiceleste.

7.Argentine-Yougoslavie 1990, la fin des Brésiliens de l'Europe.

8.Brésil - Pays-Bas 1994  tout ce que le football peut montrer de mieux.

9.Brésil-Pologne 1938 le premier match du siècle.

10.Corée du Nord-Italie 1966, tremblement de terre sur la planète football.

11.France-Autriche 1982, Genghini délivre les Bleus.

12.France-Paraguay 1958, premier coup d'éclat des Bleus en Coupe du monde.

13.France-Sénégal 2002, la chute du tenant du titre.

14.Hongrie-Uruguay 1954, une finale avant la lettre.

15.Italie-RFA 1970, la plus folle prolongation de l'histoire.

16.Maroc-Portugal 1986 les héros marocains de Guadalajara.

17.Pologne-URSS 1982, un match hautement symbolique à l'intérêt limité.

18.Portugal-URSS 1966,un match pour la troisième place qui valait plus que cela.

19.URSS-Belgique 1986  les Diables Rouges évitent l'enfer.

20.URSS-Colombie 1962, le cauchemar de Lev Yachine.


Sur RTS : (podcasts)


- Une Histoire du football russe en 4 épisodes (4 X 9mn - MP3)

- Finale France-Croatie Radio Télévision Suisse (3h56mn - MP3)


Pascal Praud : 


-La France est- elle un pays de football ? (51mn - FLAC.)

-France- Australie, la colère de Pascal Praud. (1h03mn - FLAC.)

-Enfin de l'émotion. (1h16mn - FLAC.)

-France Belgique pronostic.(49mn - FLAC.)

-France Belgique après match. (47mn - FLAC.)

-16 juillet 2018. (2h17mn - FLAC.)




 Sur RMC : 




-Afterfoot France-Australie. (1h15mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Pérou. (1h33mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Argentine. (1h13mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Uruguay. (1h07mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Belgique. (47mn - FLAC.)

-Jour J Avant la Finale. (3h 29mn - FLAC.)

-After Foot Finale 1.  (2h32mn - FLAC.)

-Afterfoot Finale 2.  (55mn - FLAC.)



-France-Australie. (2h02mn - FLAC.)

-France-Pérou. (1h55mn - FLAC.)

-France-Argentine. (1h55mn - FLAC.)

-France-Uruguay. (1h58mn - FLAC.)

-France-Belgique. (2h08mn - FLAC.) 

-France-Croatie. (2h14mn - FLAC.)





Sur France Inter  : 


- Olivier Petit : "Raconter, en BD, les petites histoires oubliées du foot". (7 mn - FLAC.)

- Finale de la Coupe du Monde de football. (1h54mn - FLAC.)

- 1996-2016  deux décennies de l’histoire de l’équipe de France de Football. (41 mn - FLAC.)

- J-4 avant la Coupe du Monde de football. (24mn - FLAC)

- J’aime le foot et alors?. (37mn - FLAC.)

- La grande histoire de la Coupe du Monde de Football. (38mn - FLAC.)

- Coupe du Monde de football : le Prix Renaudot part en Russie. (41mn - FLAC.)

- Les Bleus, la victoire, la France... et maintenant? (45mn - FLAC.)

- Olivier Guez et Vincent Duluc. (22mn - FLAC.)

- Stéphane Beaud et Nicolas Kssis-Martov. (21mn - FLAC.)

- Spéciale Coupe du Monde en Russie "Du terrain de football à la Comédie Française". (38mn - FLAC.)





Sur France Culture : 


- Comment la France se rêve-t-elle à travers le football (43mn - FLAC.)

- Coupe du monde de football  et s’il fallait mal jouer pour l’emporter ? (7mn - FLAC.)

- Football, amour et désamour. (52 mn - FLAC.)

- Le foot, une passion médiatique ? (19 mn - FLAC.)

- Liberté Égalité Mbappé la France sur le divan. (20 mn - FLAC.)


Sur Radio France : 


- Allez les Bleus, une histoire française(8 X 30 mn - FLAC.)


.Épisode 1 : le groupe vit bien.

.Épisode 2 : banc, bourdes et bistouri.

.Épisode 3 : défaites et vieilles gloires.

.Épisode 4 : rêver un impossible rêve.

.Épisode 5 : une certaine idée de la France.

.Épisode 6 : Blacks, blancs, beurs.

.Épisode 7 : le Bleu est un footballeur comme les autres.

.Épisode 8 : trous de mémoire.



Sur Cnews : 


- Pascal Pro. ( 2h20 mn - FLAC.)

- Mi-temps finale. ( 38mn - FLAC.)




Revue de Presse : 


Passionné de football, Olivier Guez a suivi cette Coupe du monde en Russie en écrivant régulièrement, dans le journal Le Monde, des chroniques dont le ton et l'originalité m'ont fortement séduit. Toutes ses chroniques ont été regroupées dans son livre Une passion absurde et dévorante - Écrits sur le football, sorti aux éditions de L'Observatoire en 2021.


Chroniques d’Olivier Guez parues dans Le Monde :


- Une passion absurde et dévorante. (14/06/2018.)

- Pourquoi l'Uruguay va remporter la Coupe du Monde.(16/06/2018.)

- A bord du Transsibérien. (21/06/2018.)

- Pendant ce temps-là, l'Italie boude, seule dans son coin.(23/06/2018.)

- Lionel Messi et l'ombre éternelle de Diego Maradona.(27/06/2018.)

- Relâche au musée. (3/07/2018.)

- Diego Godin, El Coronel. (5/07/2018.)

- Le sportif, ce héros soviétique. (05/07/2018)

- La comète de Kylian. (9/07/2018.)

- Falcon express. (11/07/2018.)

- J'étais au stade avec Emmanuel Macron, Guy Roux et Mick Jagger. (11/07/2018.)

- Épargnez-nous la rengaine du black-blanc-beur. (12/07/2018.)

- Magie noire, irrationnel et baraka. (16/07/2018.)

- #YouToo, chronique parue dans Le Figaro  Madame. (2/06/2018.)





Du 14 Juin  au 17 Juillet, revue de presse concernant l’équipe de France : 

- France-Argentine 1978 : un si coupable silence. (Étienne Labrunie.) 

- Pavard et Hernandez, deux valeurs montantes chez les Bleus. (Rémi Dupré.)


L'Équipe : 


- France-Australie - 17 Juin 2018. ( PDF - 8 p.)

- France-Pérou - 22 Juin 2018.  ( PDF - 12 p.)

- France-Danemark - 27 Juin 2018.  ( PDF- 8 p.)

- France-Argentine - 1er Juillet 2018.  ( PDF - 17 p.)


- France-Uruguay - 7 Juillet 2018.   ( PDF - 10 p.)

- France- Belgique 11 Juillet 2018.   ( PDF - 19 p.)

- France-Croatie - 16 Juillet 2018 . ( PDF - 44 p.)

- 17 Juillet 2018. ( PDF - 21 p.)

- 18 Juillet 2018. ( PDF - 11 p.)

- 19 Juillet 2018. ( PDF - 6 p.)

- L'Equipe Magazine 21 Juillet 2018. ( PDF - 38 p.)



Petite revue de presse au lendemain de la victoire : 


- Figaro, 2018-07-16.  ( PDF - 40 p.)

- L'Express, 18.07.2018.  ( PDF - 18 p.)

- L'Obs,  19.07.2018. ( PDF - 28 p.)

- La Provence, 17 Juillet 2018. ( PDF - 11 p.)

- Le Figaro, 17 Juillet 2018. ( PDF - 8 p.)

- Aujourd’hui en France  16 Juillet 2018.  ( PDF - 52 p.)

- La Croix,16 Juillet 2018. ( PDF - 24 p.)

- L’Humanité,  16 Juillet 2018. ( PDF - 20 p.)

- Le Parisien, 16 Juillet 2018. ( PDF - 29 p.)

- Le Parisien, 17 Juillet 2018. ( PDF - 13 p.)

- Le Parisien, 18 Juillet 2018. ( PDF -7 p.) 

- Libération, 12 Juillet 2018. ( PDF - 5p.)

- Libération, 16 Juillet  2018. ( PDF - 40 p.)

-Libération, 17 Juillet 2018. ( PDF - 9 p.)

-Nice Matin, 17 Juillet 2018. ( PDF - 15 p.)

-Midi Olympique, 16 Juillet 2018. ( PDF - 26 p.)

-La Provence, 16 Juillet 2018. ( PDF - 46 p.)

-Paris Match, 18.07.2018. ( PDF - 74 p.)

-Les champions du monde vus par Adil Rami. ( PDF - 10 p.)




- Didier Deschamps : La victoire et rien d'autre de Bertrand Pascuito. Éditions du Rocher, 2022. (Extraits - PDF - 8 p.)







Voilà un livre que je n'ai pas du tout aimé. Avec son titre tellement réducteur et déjà biaisé, j'aurais dû me douter de sa teneur… Pour preuve, le traitement accordé au plus haut fait de DD (le titre de champion du monde acquis en 2018) est expédié en une quinzaine de pages seulement… Pas question pour le journaliste de glorifier le sélectionneur champion du monde, puisque son propos est de nous asséner, chapitre après chapitre, que Didier Deschamps n'a rien à proposer sur le plan sportif et technique depuis qu'il a été promu sélectionneur de l'équipe de France. Aucune inspiration dans le jeu, rien que la victoire comme but ultime.  

C'est déjà un drôle d'objet au format hybride. Pas vraiment une biographie, mais plutôt un mélange hétéroclite d'interviews (dont certaines sont des règlements de comptes en bonne et due forme) et de réflexions personnelles, le plus souvent à charge contre DD. Visiblement, l'auteur ne le porte pas dans son cœur, non seulement en tant que sélectionneur (ce sont toutes les polémiques sur le jeu moche de l'équipe de France qui refont ici surface), mais en tant qu'homme (jugé hypocrite, égoïste, et j'en passe). Cette animosité obsessionnelle est tellement présente et pesante qu'elle plombe le livre et en rend la lecture vraiment désagréable. Toutes ces piques lancées contre DD laissent à penser que le succès de 2018, loin de griser et de rassembler, suscite encore et toujours des montagnes de jalousie. 
Si l'on a pour habitude de juger un entraîneur à l'aune de ses résultats, rappelons à Bernard Pascuito que DD détient, jusqu'à aujourd'hui, le plus beau des palmarès des sélectionneurs français. C'est un peu l'argument massue envoyé à l'encontre de tous ses détracteurs qui, par jalousie, mauvaise foi ou rancœur, n'ont jamais cessé de le critiquer, quoi qu'il fasse. Si, par bonheur, il en venait à accrocher une deuxième étoile (avec la manière qui plus est !) à son palmarès, je n'ose imaginer la tâche incommensurable qui attendra Zizou, son successeur …
Malgré les talents de cette équipe de France, malgré la personnalité légendaire de Zizou, prétendre égaler un tel palmarès tiendrait du miracle.


- Mbappé - Le phénomène d'Arnaud Hermant. Éditions l'Archipel, 2019. (Extraits - PDF - 6 p.)





Kylian Mbappé, le nouveau Pelé ?  Dans l'un des chapitres, l'auteur évoque l'étonnant rapprochement survenu pendant la Coupe du monde en Russie, via les réseaux sociaux, entre Sa Majesté le roi Pelé et le prodige français de 19 ans, qui lui a rappelé ses débuts tonitruants en Coupe du monde en 1958. Le plus jeune buteur d'une finale de Coupe du monde (après Pelé) a tapé dans l'œil du maître… Il y a de l'affection dans cette relation nouée à travers les réseaux sociaux, comme si le roi Pelé avait voulu faire de Mbappé son fils adoptif. Aux yeux du Brésilien, le natif de Bondy est sans conteste son plus digne héritier.



- Kylian Mbappé, rendez-vous avec l'éternité de Martin Leprince. Éditions Mareuil, 2019. (Extraits - PDF - 9p.)








- Au cœur des Bleus de Vincent Duluc. Éditions Stock, 2016. (Extraits - PDF - 7 p.) 




- Héros oubliés de la Coupe du Monde, écrit par la rédaction de So Foot. (Extraits - PDF - 26 p.) 




Joao Saldanha 1970 

Le Mirage de Berne. (La victoire Allemande en 1954.) 

Matthias Sindelar 1938. 

USA 1950. (Joe Gaetjens.) 

 


Kermite.


Liens : 



Match :  https://1fichier.com/?8f64znwtdoenin47zksl






Bonus : https://1fichier.com/?uvjhodefjjh9p2wpvs1b


samedi 27 juin 2026

MH370 : la vérité disparue, 2024, Benoît Bringer - HDTV




Le documentaire MH370 : la vérité disparue, retrace en six épisodes, l'improbable disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui reste, aujourd’hui, le plus grand mystère de l'aviation civile. Aucun des 239 passagers qui ont péri dans la nuit du 7 au 8 mars 2014 n'a jamais été retrouvé. Et on ne sait toujours pas, aujourd'hui, ce qui est arrivé à cet avion qui a quitté l'aéroport de Kuala Lumpur à 0 h 41 pour se rendre à Pékin.

Comment expliquer qu'un avion de la taille d'un Boeing 777 ait pu subitement disparaître des écrans radars dans l'une des zones les plus surveillées du globe ? Toutes les hypothèses ont été envisagées pour essayer de comprendre pourquoi. Suicide du pilote, détournement d'avion, incendie à bord, destruction de l'avion par un missile, mais s'il y a bien une vérité qui s'impose, c'est que le crash du vol MH370 a été géré d'une façon consternante par les autorités malaisiennes. Le récit officiel est émaillé de mensonges, de confusions et d'aberrations qui ont jeté les proches des victimes dans des abîmes de souffrance. Parce qu'elles ont entretenu de faux espoirs, elles ont rendu le travail de deuil des familles impossible…

Mais il est difficile de les prendre pour seules responsables et de leur jeter la pierre, tant la Chine, les États-Unis et l'Angleterre ont manifestement traîné des pieds pour collaborer et essayer de résoudre ce mystère. Même le silence de Boeing sur cette affaire interroge.

Reste la parole des proches des disparus qui veulent connaître la vérité. Ghislayn Wattrelos, ingénieur français chez Lafarge, a perdu sa femme et deux de ses enfants. Sa vie est un long combat pour essayer de mettre la main sur cette vérité qui lui échappe. Sa seule obsession : savoir ce qui s'est réellement et vraiment passé. Il a coécrit un livre avec Gaëlle Legenne, Vol MH370 : une vie détournée, journal intime qui expose le déroulement des événements depuis la nuit fatidique. Il y explique notamment comment cette catastrophe aérienne a détourné son existence de son cours normal en l'obligeant, par respect pour son fils Alexandre, seul enfant qui lui reste, à tout entreprendre pour rechercher et connaître la vérité.¹ 
Parmi les témoignages, celui de Nathan Velayudhan, qui a perdu sa femme, impressionne par sa sérénité. Toute son existence ne trouve désormais son sens que dans la perpétuation de son souvenir. Beaucoup de dignité et de retenue dans ses paroles. Sa fille, Grace Subathirai Nathan, transfigurée par la tragédie, milite activement pour le compte des proches des disparus.

Pour mettre en perspective les multiples rebondissements de l'enquête officielle, les interventions de Florence de Changy, journaliste au Monde, sont précieuses et éclairantes. Elle rencontre et interroge des témoins, consulte les archives, prend le pouls des « MHistes », une communauté de scientifiques, d'ingénieurs, de militaires et d'informaticiens, qui essaient, par leur compétence et leur savoir-faire, de tout mettre en œuvre pour résoudre l'énigme de cette mystérieuse disparition d'avion. Elle ne manque ni de volonté ni de détermination pour mener à bien son enquête. Autant dire que la journaliste pose sur cette « disparition » un regard critique. Elle publie, en 2016, un premier livre, fruit de ses investigations, Le vol MH370 n'a pas disparu.² Une première mouture qui sera suivie, en 2021, par une réédition du même livre, plus étoffée et réactualisée, parue sous le titre Vol MH370 : la disparition³
Après avoir lu ces deux livres, je suis effaré par les nombreuses failles du discours officiel qui prétend que l'avion s'est échoué dans l'océan Indien en épuisant sa réserve de carburant. La longue enquête menée par Florence de Changy a de quoi laisser perplexe, car le scénario envisagé par la journaliste du Monde fait diablement froid dans le dos. La trajectoire qu'a prise cet avion, ainsi que le lieu supposé de son crash, ne font pour elle aucun mystère. Un faisceau d'indices, de faits et de témoignages laisse en effet à penser que l'avion s'est crashé en mer de Chine, près des côtes vietnamiennes, et a été, soit accidentellement, soit intentionnellement abattu par l'aviation américaine, alors en pleine opération militaire. Après une investigation de longue haleine, elle ne peut toutefois pas prouver la nature exacte de ce secret d'État et connaître exactement ce qui s'est passé, mais elle démontre avec beaucoup de rigueur et de professionnalisme ce qui ne s'est pas passé et dénonce les mensonges et les incohérences du discours officiel.
Reste à espérer que, pour la mémoire des victimes et par égard aux souffrances des proches des disparus, la vérité puisse un jour éclater au grand jour.


1.Vol MH370 : une vie détournée. Ghyslain Wattrelos avec Gaëlle Legenne. Flammarion. 2018.
2.Vol MH370 : la disparition. Florence de Changy. 2016. 
3.Le Vol MH370 n'a pas disparu. Florence de Changy. Les Arènes. 2021.



Bonus :


Vol MH370 : Une vie détournée. Ghyslain Wattrelos avec Gaëlle Legenne. Flammarion. 2018. (epub)
Le Vol MH370 n'a pas disparu. Florence De Changy. Les Arènes. 2021. (epub)

Kermite.



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lundi 1 juin 2026

Finale de Coupe de France de football, 11 juin 1983 - PSG-Nantes


Dominique Bathenay et Maxime Bossis, la poignée des deux capitaines avant la bataille…




En cette année 1983, Coco Suaudeau vient de remporter avec Nantes son premier titre de champion de France. Le PSG termine troisième, juste derrière les Bordelais d'Aimé Jacquet. Autant dire que ce PSG-Nantes s'annonce comme une affiche prometteuse. Et le match tient franchement toutes ses promesses ! Cette finale est somptueuse, enlevée, indécise jusqu'au bout. Un match engagé et spectaculaire, arrosé d'une pluie d'occasions et de buts. 1983 restera une excellente cuvée. Cette époque fait resurgir d'anciennes gloires du football : Safet Sušić, Dominique Rocheteau, Vahid Halilhodzic, Dominique Baratelli, Maxime Bossis, Dominique Bathenay,  autant de noms qui évoqueront pour les plus anciens de bouillonnants souvenirs. Dans la tribune présidentielle, François Mitterrand et Jacques Chirac forment avant l'heure un couple atypique. À la mi-temps, le Président joue à merveille les experts footballistiques, en livrant ses impressions devant une palanquée de micros. L'emblématique président du PSG, Francis Borelli, continue de faire parler sa fougue. Quant à l'indétrônable Monsieur Vautrot, il arbitre déjà sa troisième finale de Coupe de France !

Ah, j'oubliais l'essentiel : on trouvera aux commentaires les éternels franchouillards Thierry Rolland et Jean-Mimi !

Toute une époque… 



Kermite.

Lien : https://1fichier.com/?0lx95srksjbbnevyc8gj



- HDTV, VF, 103mn, 3,76 Go (Diffusé sur la chaîne l'Équipe )

samedi 25 avril 2026

Slow West - 2015, John Maclean





Synopsis :  En 1870, Jay Cavendish, jeune adolescent aristocrate, tente de retrouver celle qui fait battre son cœur à travers l'Ouest américain…


J'ai eu un coup de cœur pour ce western savoureux et personnel du jeune réalisateur écossais John Maclean. On pourrait même parler de cinéma d'auteur tant la vision qu'il propose s'éloigne ostensiblement des canons du western classique. Un style personnel qui s'affirme dès le début, quand le jeune héros s'engouffre dans une forêt qui, peu à peu, semble étrangement changer d'apparence. Une scène anodine qui distille une atmosphère irréelle et onirique, et laisse entrevoir les prémices d'un conte moderne sortant résolument des sentiers balisés.

Les risques pris par John Maclean pour avoir osé faire de son jeune héros la figure archétypale du romantique, telle qu'elle apparaissait au 19e siècle, ont fini par payer. Car Jay Cavendish est un véritable pied de nez à cette Amérique sauvage et violente. Ce jeune aristocrate, au cœur noble et au romantisme fou, est la force motrice par laquelle le film prend tout son sens. C'est justement de la confrontation de son idéal et de son criant manque d'expérience avec la réalité souvent brutale et âpre, comme autant d'épreuves initiatiques, que naît la trame de ce singulier périple.

Mais pour apprécier cette balade langoureuse à cheval à travers l'Ouest américain, une balade inévitablement parsemée d'éclairs de violence, il faut se laisser aller à son rythme volontairement lent, goûter pleinement à ses élans contemplatifs ; il faut, aussi, s'imprégner d'une nature imprévisible et accepter l'hostilité inhérente au genre humain. La violence y est crue, tranchante, sans fard, explose quand on s'y attend le moins. Les cadavres jalonnent les routes de cet Ouest sauvage, dominé par des chasseurs de primes sans pitié, assoiffés de sang et de meurtres, prêts à tuer père, mère et enfants, pour quelques malheureux dollars. John Maclean sait parfaitement user des codes du western traditionnel pour montrer crûment cette violence, mais loin d'en faire l'apologie, il en dénonce au contraire l'absurdité.
Et voilà qu'au terme de cette chevauchée initiatique à travers l'Ouest américain surgit un optimisme salvateur, inespéré, où la survie laisse enfin la place à la vie elle-même, comme l'avènement soudain d'une quiétude providentielle. La promesse d'un avenir meilleur.

Kermite.

Liens :  https://1fichier.com/?41kgwx3hue7qqi0n7g13

Deux versions proposées : 

-Blu-ray Remux (VOSTFR)

-HDTV (VF+VO)



vendredi 20 février 2026

Jesse Owens/Luz Long : le temps d'une étreinte Véronique Lhorme, 2015 - HDTV




Une étreinte, voilà qui est joliment et parfaitement résumé pour décrire ce qui s'est noué ce 4 août 1936 dans le flambant et gigantesque stade olympique de Berlin, l'Olympia-Stadion. Cette complicité, inédite, entre un Blanc aryen et un Noir au cœur de l'antre nazi, reste un moment de grâce suspendu, où les valeurs de l'Olympisme se sont fièrement affichées à travers une lutte fraternelle, en laissant loin derrière elles les aspirations nationalistes et les dérives idéologiques. Car, oui, les Jeux de Berlin furent honteusement sacrifiés sur l'autel de la propagande. Des « Jeux défigurés », écrivait justement le journaliste Jacques Goddet, dans l'éditorial de l'Auto du 17 août 1936.¹ Des Jeux dénaturés par la propagande nazie qui les a transformés « en une foire destinée à montrer au monde entier la force de réalisation d'un régime et la soumission d'un peuple à un maître. »² En jetant sur cette quinzaine olympique un regard désabusé, Jacques Goddet constatait amèrement : « On s'est servi du sport. On ne l'a pas servi. »³ 

Certains intellectuels avaient pourtant alerté l'opinion publique que les athlètes seraient les jouets d'une propagande résolument guerrière. Dans un discours prononcé le 6 juin 1936, l'écrivain allemand Heinrich Mann, alors en exil à Paris, exhortait les peuples libres à ne pas participer aux Olympiades berlinoises en prophétisant que « les sportifs internationaux qui iront à Berlin ne seront là-bas que des gladiateurs, les prisonniers et les bouffons d'un dictateur qui se prend déjà pour le maître du monde ».⁴ Mais d'autres personnalités ayant eu la chance d'être les hôtes du régime nazi n'ont pas eu, semble t-il, la même clairvoyance. Beaucoup ont été sous le charme de cette Olympiade, impressionné et subjugué par la réussite esthétique, sportive et diplomatique de ces Jeux. Dans un essai ⁵ écrit en 1937 dénonçant pourtant « le fatalisme des aspirations germaniques » et les ambitions guerrières d'une Allemagne tout entière tournée vers la préparation de la guerre, Paul Valayer n'en a pas moins été conquis par l'éclat et la prestance que le régime a su donner à ces Jeux, ébloui par la grandeur dont l'Allemagne s'est soudain parée. L'académicien Louis Gillet, lui aussi invité à ces Jeux, et installé à la tribune officielle, ne cacha pas son admiration devant le faste des cérémonies et des réceptions officielles, que le régime avait pris soin d'organiser en y conviant la fine fleur de l'aristocratie européenne. Dans l'intention et l'espoir d'offrir aux yeux du monde le spectacle d'une nation recouvrant son orgueil et sa fierté, sa propre estime et celle du monde. À l'un des plus fins observateurs de son époque, l'ambassadeur français André François-Poncet, il n'avait pas échappé que  l'Allemagne, par son habileté à séduire, regagnait son crédit et son prestige. Dans ses Souvenirs d'une ambassade à Berlin, 1931-1938, il écrit :  « Le corps diplomatique est régulièrement convié [aux fêtes et réceptions officielles], et le chancelier [Hitler] tient à la présence des chefs de mission, à la fois pour les éblouir, et pour que la foule ait le sentiment que ces étrangers sont éblouis par l'Allemagne hitlérienne. » ⁶

Si tant d'intellectuels se sont laissé séduire par l'organisation et le spectacle des Jeux, c'est que le régime nazi manifestement su « donner un éclat civilisé au fascisme », comme l'a écrit le sociologue Jean-Marie Brohm dans son livre Jeux olympiques à Berlin.⁷ Pour Hitler et Goebbels, il s'agissait de montrer à la face du monde que l'Allemagne nazie devenait fréquentable en entretenant l'illusion de la paix. N'oublions pas, qu'en 1936 l'Allemagne venait d'envahir la Rhénanie. Alors que Hitler œuvrait en coulisse pour mieux préparer la guerre, tout fut organisé et réglé pour célébrer la Pax Olympica. La parfaite orchestration logistique de ces Jeux, toute en rigueur et discipline, assurait au régime une reconnaissance et une respectabilité internationales. Mais les victoires sportives allemandes avaient un arrière-goût idéologique : en elles s'incarne la suprématie de la race aryenne, édictée en dogme par le régime national-socialiste. Le Reichsportführer Hans von Tashammer und Osten n'en faisait pas mystère en déclarant haut et fort que « chaque victoire d'un sportif allemand est une victoire du nazisme ». ⁸ 

Et il est vrai que les victoires sportives allemandes ont été le faire-valoir du nouveau Reich dans ses rêves de grandeur et de puissance. Tout fut mis en œuvre par la propagande nazie pour que les valeurs de courage, d'abnégation, de combat, soient glorifiées et portées aux nues par tout un peuple pris dans le tumulte et l'effervescence d'une unité nationale enfin retrouvée. Une façon de préparer les esprits et les corps aux futures conquêtes militaires, d'éveiller la jeunesse à des rêves de domination, de la préparer psychologiquement à la guerre. Et pourtant, dans cette Allemagne fanatisée, obsédée par la question raciale, où les Noirs, persécutés, ostracisés, mis au rebut par les lois raciales de Nuremberg, sont ravalés à leur animalité primitive, qui pût imaginer qu'entre Jesse Owens, petit-fils d'esclave noir, et Luz Long, archétype parfait de l'éminence aryenne, une impensable amitié se créât ? Rien ne laissait prévoir que ces deux champions 9  s'apprécient, se respectent et se lient d'amitié au terme d'une épreuve de saut en hauteur riche en rebondissements et haute en couleur. Ce fut un immense pied de nez aux officiels nazis, qui ont dû ravaler leur haine et leur dégoût en voyant Jesse Owens et Luz Long se congratuler et marcher ensemble, bras dessus, bras dessous. Cette belle image nous réconcilie avec l'esprit olympique que ces Jeux de 1936 avaient largement bafoué et foulé aux pieds. Une photographie immortalise miraculeusement cette complicité entre ces deux athlètes qui prennent la pose pour la postérité. 

 

Deux athlètes liés comme des frères

 

 

On a tant glosé sur l'histoire de leur amitié qu'il est parfois bien difficile de démêler le vrai du faux. Jesse Owens avouera lui-même l'avoir enjolivée pour la rendre encore plus belle. Il faut lire son autobiographie spirituelle, coécrite au crépuscule de sa vie avec Paul Neimark, pour se rendre compte à quel point Luz Long fut un catalyseur pour Jesse Owens, et leur rencontre, une révélation quasi mystique. Ce jour-là, Luz Long n'est plus cet ange exterminateur nazi tant redouté. Quand il posa sa main sur son épaule, il lui apparut soudain comme « un messager de Dieu », 10 un ange salvateur et bienfaiteur drapé dans sa plus solennelle sacralité. Sans doute, Jesse Owens a-t-il ennobli cet événement à travers ses mémoires en lui conférant une dimension religieuse et sacrée. Mais leur rencontre, que rien ne laissait présager, a bel et bien exposé l'amour fraternel au monde entier, l'érigeant comme un symbole ultime et universel. De cette fraternité, quarante ans plus tard, Jesse Owens tente encore d'en saisir le sens : « mon amour pour Luz - et oui, je l'aimais -, n'était-il pas l'amour du meilleur qui est dans l'homme, du meilleur qui était en moi ? » 11

Ce qui suscita cette amitié, c'est l'attitude de Luz Long pendant le concours de saut en longueur. Alors que l'Allemand se qualifiait facilement dès son premier essai, Jesse Owens était au bord de l'élimination à l’amorce de son troisième et dernier saut qualificatif. Ayant mordu ses deux premiers essais, il était au pied du mur. Mentalement au fond du gouffre. Cette épreuve qualificative ne présentait pour lui aucune difficulté. Une simple formalité. Mais elle devenait soudain cauchemardesque. Imprécis dans ses marques, le détenteur du record du monde de la discipline était incapable de sauter les 7,15 m requis pour avoir le droit de disputer la finale. Inimaginable.

La suite des événements tient autant de l'improbable que du merveilleux. Le sauteur français, Robert Paul, participant également au concours de saut en longueur, témoigne, admiratif :

« Alors qu'il [Jesse Owens] se concentrait longuement pour cet essai primordial, l'Allemand Luz Long, son adversaire le plus dangereux dans la quête du titre olympique, s'approcha de lui et l'incita à ajuster ses marques. Connaissant la générosité et l'intelligence de cet étudiant en médecine pour l'avoir côtoyé dans diverses rencontres internationales, j'étais malgré tout sidéré par la noblesse de ce geste que seuls les sauteurs présents purent remarquer. Dans le contexte extrêmement fanatisé du moment, cette solidarité à contre-courant eût mérité la plus grande distinction olympique. » 12 

Plus qu'un geste chevaleresque, c'est ici le début d'une amitié qui prend corps, et celle-ci n'a rien d'une fable emmaillotée dans de bons sentiments, ni d'un mythe brodé par notre inconscient collectif. 13 Cette amitié, entretenue par une correspondance entre les deux hommes, perdurera après la mort de Luz en juillet 1943 sur le front en Sicile. Pressentant une mort imminente au combat, ce dernier lui écrira une dernière lettre émouvante dans laquelle il émet le souhait de voir Jesse Owens parler à son fils, Kai, une fois la guerre terminée afin de lui transmettre le flambeau de leur amitié. « Mon cœur me dit que ceci est peut-être la dernière lettre de ma vie. Après la guerre, va en Allemagne, retrouve mon fils et parle-lui de son père. Parle-lui de l’époque où la guerre ne nous séparait pas et dis-lui que les choses peuvent être différentes entre les hommes… Ton frère Lutz. » 14

Jesse Owens retournera bien en Allemagne après la guerre, en 1951, pour honorer la promesse de son ami et rencontrer Kay

Cette amitié, scellée entre Luz et Jesse, perdure aujourd'hui encore à travers la mémoire de leurs descendants. 



1. L'Auto du 17 août 1936, p. 1.
2. Ibid.,
3. Ibid.,
4. Cité par Jérôme Prieur dans Berlin Les Jeux de 36, Éditions La Bibliothèque, p. 66.
5Paul Valayer, La Guerre qui rôde, Hachette, 1937.
6. André François-Poncet, Souvenirs d'une ambassade à Berlin 1931-1938, Éditions Perrin, 2016, p. 381.
7. Jean-Marie Brohm, Jeux Olympiques à Berlin, Éditions Complexe, 1983, p. 153.
8. Cité par Fabrice Abgrall et François Thomazeau, dans 1936, La France à l'épreuve des jeux Olympiques de Berlin, Alvik Éditions, 2006, p. 118.
9. Pour les premiers Championnats d'Europe de saut en longueur en 1934, Luz Long obtient la médaille de bronze, alors que, de son côté, Jesse Owens détient le record de la discipline depuis cette journée mémorable du 25 mai 1935, où il s'adjuge, en trois petits quarts d'heure, cinq records du monde aux Championnats universitaires américains d'Ann Arbor ! Une prouesse jamais égalée.
10. Jesse. Autobiographie spirituelle. Éditions Foi et Victoire, 1980. p. 79.
11. Ibid., p. 82.
12. Cité par Jean-Michel Blaizeau dans Les Jeux défigurés. Éditions Atlantica. 2000, p. 108.
13. Dans son livre Les Champions d'Hitler, consacré aux sportifs allemands ayant servi l'idéologie nazie, Benoît Heimermann consacre un chapitre à la rencontre entre Jesse Owens et Luz Long. L'auteur s'insurge contre l'exploitation qui en a été faite au fil des ans et présente le récit de cette rencontre comme une idéalisation de la réalité. Le récit, ancré dans la légende de la morale triomphante, a accouché d'une fable qui, en oubliant la vérité historique, n'a retenu de cette belle histoire olympienne, qu'un flot de bons sentiments. Benoît Heimermann n'y voit que l'expression remodelée, fabulée, exagérée d'une vérité, qu'il finit lui-même par mettre en doute. En donnant du crédit à un journaliste sportif qui affirme n'avoir rien vu des échanges entre Jesse Owens et Luz Long sur la piste, l'auteur s'enferre malheureusement dans une contrevérité, puisque le témoignage de Robert Paul prouve le contraire. Peu importe, au fond, que les photos immortalisant leur rencontre aient été mises en scène, et qu'elles aient servi l'idéal olympien, cher au Baron Pierre de Coubertin. Au-delà des contingences politiques de l'époque, elles symbolisent plus qu'une amitié sportive : une fraternité de cœur qui s'est perpétuée après la mort de Luz Long.
14. Cité par Maryse Éwanjé-Épée, dans La fabuleuse histoire de Jesse Owens. José-Carlin/Jacques-Marie Laffont Éditions, 2016, p. 157. 




Documentaire :

- Jesse Owens - Luz Long : le temps d'une étreinte, de Véronique Lhorme (2015 - HDTV - 52 mn - MKV). 



Bonus  :


 

Radio :


- Le destin de Jesse Owens  (FLAC - 47 mn - France Inter).

- Jesse Owens, un champion noir défie Hitler  (FLAC - 53 mn - France Inter). La vie, un brin romancée, de Jesse Owens sous forme de fiction radiophonique.

 

Livre et Journaux :


- Jesse. Autobiographie spirituelle par Jesse Owens et Paul Neimark. Éditions Foi et Victoire, 1980. (Extraits - PDF - 9 p.)

 




- La fabuleuse histoire de Jesse Owens, de Maryse Éwanjé-Épée, José-Carlin/Jacques-Marie Laffont Éditions, 2016. (PDF - Extraits - 26 p.)




S'il y a un livre à lire sur Jesse Owens, c'est bien celui-là. Magnifique ouvrage, richement documenté et illustré, retraçant la vie de ce coureur d'exception. J’ai été surpris par son érudition et le soin apporté au contexte historique. 


- Jesse Owens par Alain Foix. Éditions Gallimard, 2024. (Extraits - PDF - 12 p.) Une autobiographie sublimée par la belle plume d'Alain Foix. Un livre indispensable.







- Les Jeux défigurés Berlin 1936 par Jean-Michel Blaizeau. Éditions Atlantica, 2000. (PDF - Extraits - 20 p.)




Un livre truffé de témoignages, de photos et d'articles de presse d'époque qui nous aident à mieux comprendre l'atmosphère et le déroulement de ces Jeux. Jean-Michel Blaizeau montre comment le contexte politique les a détourné de leur finalité sportive, comment Hitler et Goebbels se sont servi de ces Olympiades pour les asservir à la gloire du IIIe Reich. Une chronique détaillée de l'épopée berlinoise, avec ses coups d'éclats et ses scandales sportifs. (Extraits - PDF - 20 p.)





- Extrait du journal l’Équipe du 17/04/2024 : Pourquoi Roosevelt snoba Owens. (Extraits - PDF - 1 p.) 

On ne peut pas dire que le président américain Franklin Roosevelt se soit distingué en snobant délibérément Jesse Owens pour des raisons bassement électorales. Même pas un télégramme de félicitations envoyé au quadruple médaillé d’or olympique ! Alors, pour l’invitation à la Maison-Blanche, il ne fallait certainement pas y songer… Ce qui est inconcevable aujourd’hui ne l’était pas en 1936, dans une Amérique marquée au fer rouge par la ségrégation raciale. Jesse Owens avouera lui-même avoir reçu plus de considération et d’égards de la part d’Hitler que de son propre président. Même s’il fut accueilli comme un héros dans son pays, Jesse Owens a malheureusement vite compris que la place réservée aux Noirs dans la société américaine resterait toujours la même, et que la sienne se trouvait toujours au fond du bus. Il a fallu attendre 1976 pour que le président Gerald Ford le réhabilite et le reçoive enfin à la Maison-Blanche. Soit 40 ans après. Jesse Owens a alors 63 ans. 


- La fabuleuse histoire de l'athlétisme Robert Parienté et Alain Billouin Éditions Minerva,2003. (Extraits - PDF - 6 p.)







- 1936, La France à l'épreuve des jeux Olympiques de Berlin de Fabrice Abgrall et François Thomazeau. Alvik Éditions, 2006. (Extraits - PDF - 26 p.)





Les journalistes Fabrice Abgrall et François Thomazeau brossent une série de portraits de personnalités françaises issues du monde intellectuel et sportif, (Léon Blum, Pierre de Coubertin, André François Poncet, André Malraux, Jacques Goddet, Noël Vandernotte... ), qui ont été témoins et actrices des Jeux berlinois. L'impact et le retentissement de cette Olympiade dans la société française du Front populaire montrent combien sport et politique sont indissociables. Avant même que les Jeux ne commencent, la campagne de boycottage s'est invitée aux débats. Alors que le Comité Olympique américain sous la férule de son président Avery Brundage a finalement donné son feu vert pour l'envoi de ses athlètes à Berlin, les dirigeants français ont longtemps tergiversé. Ce sont finalement des raisons diplomatiques qui les ont poussés à ne pas suivre les partisans du boycottage, soutenus par les communistes. Pour Léon Blum, alors président du Conseil en juin 1936, l'essentiel était de préserver la paix entre ces deux pays ennemis, d'élaborer une politique d'apaisement, et dans le tumulte des relations internationales, d'insuffler des intentions pacifistes, d'affirmer une volonté de désarmement. Dans un contexte de rapprochement franco-allemand, il eût été donc plus que inconvenant de boycotter les Jeux. Une telle décision pouvait être perçue par l'Allemagne comme la marque et la manifestation d'une profonde hostilité. De quoi alimenter une escalade dangereuse vers un conflit possible, auquel Léon Blum refusait par conviction toute éventualité.

Mais la longue tergiversation des dirigeants français (la décision ne fut prise que le 19 juin 1936 !) n'a certainement pas mis la délégation française dans les meilleures conditions. Les crédits votés in extremis par le Parlement, l'impréparation logistique et le manque de moyens investis dans le sport, ont abouti au constat amer, qu'à l'issue des Jeux, la France n'a finalement pas tenu son rang. Si certains y ont vu « l'image d'une France athlétiquement fragile, physiquement mal préparée et sportivement peu compétente » , d'autres se sont interrogés, à bon droit, sur les raisons structurelles d'un tel échec. Car, si la France dispose bien de champions sportifs populaires capables de susciter l'engouement du public, la pratique du sport en elle-même souffre d'un manque d'encadrements, de structures, et plus encore, de considération. Le sport en France tarde à se démocratiser, et la place qu'il occupe dans la société tient davantage du divertissement et de l'amusement, comme l'écrivent Fabrice Abgrall et François Thomazeau. Certains journalistes sportifs comme Lucien Dubech ne sont pas loin de penser que les piètres résultats de l'équipe de France en athlétisme aux JO de Berlin ne sont que le reflet d'une nation en déliquescence, les signes précurseurs d'un pays qui glisse inexorablement sur la voie de la décadence. Sans pitié, José Germain écrira avec un soupçon de cruauté dans Miroir du Monde : « Au plus secret de son cœur émouvant, la France nourrit toujours une grande espérance : la victoire par miracle » ! Un constat d'autant plus cruel que l'Allemagne, première nation au tableau des médailles, s'est couverte de lauriers au cour de ces Olympiades. Certains journalistes sportifs ne manqueront pas d'éprouver une fascination pour le modèle sportif hitlérien. Car, en Allemagne, le sport de masse est la pierre angulaire d'une politique rigoureuse et le ciment de la cohésion sociale. Tandis que la France se lamente, l'Allemagne fait vibrer son orgueil national et célèbre ses victoires olympiques autour de son Führer, plus unie que jamais...




- Le Miroir des Sports du 4 août 1936.Article signé Géo André. (Extraits - PDF - 2 p.)

- L'Auto du 05 août 1935. Un éditorial signé Jacques Goddet. (Extraits - PDF - 2 p.)


- Extrait de la revue Match (ancêtre de Paris-Match) du 11 août 1936. (PDF - 1 p.)

Maurice Saillet interviewe Jesse Owens au lendemain de ses exploits aux JO de Berlin. Les sujets abordés ne manquent pas de piquant. Jesse Owens envisage notamment la question raciale sous un angle inhabituel auquel le journaliste ne s’attendait certainement pas. Il faut d'ailleurs lire la presse de l'époque pour se rendre compte à quel point le Noir, pour ne pas dire le nègre, est constamment réduit à sa condition d'animal. Certains lui octroyant une supériorité naturelle, de par sa morphologie. Au journaliste qui veut absolument lui faire dire que les Noirs sont, anatomiquement et génétiquement, supérieurs aux Blancs sur le plan sportif, Jesse Owens a l'intelligence de répondre que son incroyable performance aux JO de Berlin est le fruit de son talent (naturel) et de son travail de longue haleine réalisé au cour de ses entraînements. Un joli pied de nez à toutes les théories raciales en vogue à l'époque.

 

- La Beauté du geste. Philippe Delerm




Splendide ouvrage où l'écrivain Philippe Delerm choisit de commenter une série de photos révélant à ses yeux les plus beaux gestes sportifs. « Tout le sport que j'aime, en images et en mots », résume sobrement Philippe Delerm. À la lumière de son inspiration, l'écrivain conjugue l'élégance du verbe à la beauté des photos.

Le Führer au supplice (jpg)
 

- Benoît Heimermann, Les Champions d'Hitler, Éditions Stock, 2014.(Extraits - PDF - 8p.)





Jean-Marie Brohm, Jeux Olympiques à Berlin, Éditions Complexe, 1983. (Extraits - PDF - 10 p.)




Jean-Marie Brohm dénonce la part de responsabilité du CIO dans la consolidation du nazisme et dans l'éclatante flambée de prestige dont le régime nazi a bénéficier au terme de ces jeux. L'auteur défend la thèse - très discutable - que si les membres du CIO avaient pris la décision de ne pas accorder les Jeux à Berlin, le cours de l'Histoire en eût été changé et la guerre évitée. C'est un raccourci sommaire et biaisé, et l'historien n'a pas à faire de la politique-fiction. Quand bien même le monde eût pris plus rapidement conscience du danger que le régime nazi représentait pour la paix et qui allait plongé le monde dans une guerre effroyable, les objectifs de conquête formulés par Hitler dans Mein Kampf seraient restés les mêmes. Quant aux sort des Juifs en Allemagne, Jeux ou pas Jeux, je doute que le sort des Juifs en Allemagne en ait été fondamentalement changé et la politique à leur égard assouplie. Qu'on se soit réellement préoccupé de leur sort. Je tiens à rappeler toute les difficultés que les Juifs allemands ont éprouvé pour trouver une terre d'accueil en Europe ou ailleurs, freinés dans leur élan par une politique de quota restrictive et un climat d'antisémitisme généralisé.
Ces réserves mises à part, Jean-Marie Brohm met parfaitement au jour les mécanismes de propagande orchestrés par le régime nazi dans l'organisation des Olympiades.
- Jacques Benoist-Méchin, À l'épreuve du temps, Tome 1, 1905-1940, Éditions Julliard. (Extraits - PDF - 19 p.)



Quel singulier personnage ce Jacques Benoist-Méchin et surtout, quelle œuvre incroyable il a laissé !
Condamné à mort au sortir de la guerre en 1947, il ne doit son salut et la vie qu'à Vincent Auriol qui commua sa peine en travaux forcés à perpétuité. Parmi ses œuvres marquantes, citons une encyclopédique Histoire de l'armée allemande où pointe la fascination de l'auteur pour la puissance de l'Allemagne. 60 jours qui ébranlèrent le monde qui offre un récit chronologique des événements qui ont mené à la débâcle française. Et bien sûr, sa monumentale autobiographie en trois volumes.
Comme beaucoup d'intellectuels de son époque, Jacques Benoist-Méchin eut le privilège de voyager en Allemagne pendant les Jeux et d'assister aux épreuves sportives, ainsi qu'aux réceptions officielles. Dans un chapitre consacré aux Jeux de Berlin, il nous fait le récit pittoresque de ses pérégrinations en terre nazie. Une curiosité littéraire qui ne manque ni de style, ni d'élégance.
J'ai scanné le chapitre que l'auteur consacre aux J.O, ainsi que l'indispensable préface de son biographe, Éric Roussel, qui nous présente, dans ses grandes lignes, la vie et l'œuvre de cet écrivain pour le moins atypique.
- Jérôme Prieur, Regarder et ne pas voir. Louis Gillet, un témoin au cœur des années sombres, Éditions du Seuil, 2024.(Extraits - PDF - 15 p.)




- Berlin Les Jeux de 36. Jérôme Prieur. Éditions la Bibliothèque, 2024. (Extraits - PDF - 18 p.)






- Leni Riefenstahl, Mémoires, Édition Grasset & Fasquelle, 1997.(Extraits - PDF - 20 p.)





- André François-Poncet, Souvenirs d'une ambassade à Berlin 1931-1938, Éditions Perrin, 2016. (Extraits - PDF - 7 p.)





- Paul Valayer, La Guerre qui rôde, Hachette, 1937.
Le Feu d'Olympie. (Extraits - PDF - 10 p.)







- Denis de Rougemont, Journal d'une époque 1926-1946, Éditions Gallimard, 1968.
Le livre rassemble l'ensemble des journaux que Denis de Rougemont a tenu pendant 20 ans. On trouvera le Journal d'un intellectuel au chômage, Journal des deux mondes et bien sûr, Journal d'Allemagne que j'ai entièrement scanné.  (PDF - 30 p.)




Publié en 1938, Journal d'Allemagne (1935-1936) est un condensé d'impressions, de réflexions, de conversations que l'écrivain suisse Denis de Rougemont a régulièrement rapportées de ses séjours en Allemagne hitlérienne. Fort de ses expériences, l'auteur est intimement convaincu que la montée du nazisme s'apparente à un phénomène proprement religieux. La mystique national-socialiste, avec son goût pour les cérémonies et les grands rassemblements, a réussi à reconstruire la communauté allemande autour d'un sentiment sacré, à la souder autour de son Führer, qui est venu « réveiller » son peuple pour lui assigner une mission providentielle.
L'un des passages qui m'a le plus frappé est une conversation édifiante que l'écrivain a eue avec un S.A. Entre ce militant nazi de la première heure et Denis de Rougemont se noue une discussion posée, où chacun affirme, expose, développe sa propre conception du monde. Et autant dire qu'un gouffre les sépare ! Denis de Rougemont met au jour les motivations du jeune S.A, n'a de cesse de l'interroger pour mieux faire surgir le socle à partir duquel le nazisme s'est formé. Il le questionne avec l'envie et l'espoir naïf de le ramener dans le droit chemin. Mais les divergences sont si profondes qu'elles sont irrémédiables. Les velléités guerrières et expansives du nazisme ont pris le dessus. L'endoctrinement est déjà consommé. L'idéologie du jeune S.A est une idéologie du combat, faite d'héroïsme, de chants guerriers et d'excitation physique. Véhiculée par une propagande outrancière, elle est solidement ancrée dans la société allemande, si bien implantée dans les esprits qu'on la trouve formulée sous forme de slogans pour des œuvres caritatives. Ainsi, l'efficacité du « Secours d'hiver » destiné aux plus démunis, est-elle jaugée à travers le prisme d'un combat, d'un corps à corps acharné. « La lutte contre la faim et le froid est notre guerre », peut-on lire sur des banderoles publicitaires. Oui, nul doute que l'obsession de la guerre est omniprésente, et que, face à l'État totalitaire qu'est devenue l'Allemagne, il n'est pas sûr que les démocraties trouvent la force de lui résister.




Vidéos :

 - Jesse Owens  (American Experience), de Laurence Grant, 2012 (TVrip - 53mn - TS). Une immersion dans la vie mouvementée de Jesse Owens et l'Amérique des années 30.


- Les Jeux d'Hitler - Berlin 1936 de Jérôme Prieur (2016 - 90mn - HDTV)

- Berlin 1936 de Daniel Kontur - (2016 - 44 mn - TVrip)


- Race, 2016, Stephen Hopkins :
(Blu-Ray Remux VOSTFR,VF)



Inutile d'être féru d’histoire pour apprécier cette grosse production réalisée par Stephen Hopkins et sortie en France en 2016 sous le titre La Couleur de la victoire. Elle est d'une belle facture et a le mérite de nous offrir un agréable divertissement. Le film n’est pas un biopic de Jesse Owens à proprement parler, car il se focalise uniquement sur les J.O de Berlin de 1936 et les deux années précédant leur avènement. Avec en toile de fond la campagne de boycott qui a mis la société américaine en ébullition. Fallait-il participer aux J.O et cautionner le régime nazi ouvertement raciste et antisémite ? La campagne battait son plein à l'été 1935. Du fait de sa couleur et de sa renommée, Jesse Owens s'est trouvé au cœur des débats, sollicité, pressé par des exigences communautaristes bien éloignées de ses aspirations sportives. Ce tiraillement, le film en restitue parfaitement l'intensité. En tant que Afro-Américain, Jesse Owens pouvait servir de porte-voix aux partisans du boycott, et infléchir la décision finale. Éternel dilemme, qui souvent asservit le sport à des enjeux politiques. Mais peut-on demander aux athlètes de porter le poids d'une telle responsabilité ? Certaines voix n'ont pas manqué de dénoncer l'hypocrisie de ceux qui s'inquiètent et s'émeuvent du sort réservé aux Afro-Américains en terres nazies, alors qu'aux États-Unis, ils ne sont pas considérés comme des citoyens à part entière et qu'on continue inlassablement de lyncher des Noirs sans sourciller ? Comment la démocratie américaine peut-elle donner des leçons de morale, elle qui a fait de la ségrégation raciale le fondement de ses institutions ? Jesse Owens, pour qui un athlète ne fait pas de politique et qui attend la venue de ces Jeux comme l'accomplissement de toute une vie, a peut-être offert la meilleure des réponses en allant combattre et gagner sur les terres nazies. Il a, à lui tout seul, réduit à néant le mythe de la suprématie aryenne, que les idéologues et dignitaires nazis clamaient à tout bout de champ. La finale du 100 mètres reste le point d’orgue de sa (trop courte) carrière sportive qui fut stoppée net au lendemain des J.O. Le quadruple médaillé d'or de Berlin fut, en effet, sanctionné pour avoir refusé de respecter à leur terme des courses d’exhibitions à travers l’Europe, organisées dans des conditions déplorables. Elles avaient surtout pour but de se servir du prestige des athlètes pour renflouer les caisses de l’AAU (l’Amateur Athletic Union). Jesse Owens, éreinté, jeta l’éponge et fut immédiatement et définitivement banni du monde de l'athlétisme. Radié à vie par l’inflexible et sectaire Avery Brundage, président du comité olympique américain. Le film retrace à grands traits les événements marquants du sprinter américain. Il revient notamment sur cette folle journée du 25 mai 1935, où Jesse Owens s'adjuge, en 45 minutes seulement, cinq records du monde aux Championnats universitaires américains d'Ann Arbor ! ! Quant aux Jeux eux-mêmes, ils constituent, à mon sens, la partie la plus réussie du film. Stephen Hopkins a parfaitement reconstitué l'effervescence et la folle ambiance de ces Jeux. Quand Jesse Owens entre pour la première fois dans l'Olympia-Stadion, sur lequel plane l'ombre du titanesque Hindenburg, fleuron de l'aéronautique allemande, on est saisi par le gigantisme des lieux, pris de vertige par cette foule vibrante et respirant comme un seul homme, dardant sur la piste ses cent mille paires d'yeux enflammés. Le film bénéficie d'une jolie distribution. Aidé par de vrais sprinters, Stephan James a reçu un entraînement spécial pour affiner sa technique de course et approcher au plus près le style de Jesse Owens. Le résultat est bluffant. Quant à Jeremy Irons, il tire manifestement son épingle du jeu en campant un Avery Brundage bien plus progressiste qu’il ne l’a été en réalité. Antisémite notoire, le président du comité olympique américain n’a jamais porté les Juifs dans son cœur. Mais lors de sa visite de courtoisie en Allemagne en 1934, Avery Brundage apparaît dans le film de Stephen Hopkins comme un personnage éminemment sympathique, défendant et épousant la cause des Juifs dans le but de faire plier le régime nazi aux prérogatives morales de la charte olympique. On a du mal à croire qu’il ait pu se soucier du sort des Juifs en Allemagne, et qu'il ait imposé ses conditions à Goebbels afin d'obtenir de lui la promesse que les athlètes juifs allemands participeraient effectivement aux Jeux, en laissant entendre que si ce n'était pas le cas, les États-Unis boycotteraient les Jeux. Autant dire qu'on est loin de la réalité historique... L'Histoire retiendra surtout que, pour ne pas froisser Hitler, il prit la décision de retirer au dernier moment de la finale du relais 4 x 100 mètres les deux athlètes juifs américains, pourtant sélectionnés. (Blu-Ray Remux)
Kermite.



Petite Bibliographie :



- Fabrice Abgrall et François Thomazeau, 1936, La France à l'épreuve des jeux Olympiques de Berlin, Alvik Éditions, 2006.

- Jacques Benoist-Méchin, À l'épreuve du temps, Tome 1, 1905-1940, Éditions Julliard.
- Jean-Michel Blaizeau, Les Jeux défigurés, Berlin 1936, Éditions Atlantica, 2000.

- Jean-Marie Brohm, Jeux Olympiques à Berlin, Éditions Complexe, 1983.

- Maryse Éwanjé-Épée, La fabuleuse histoire de Jesse Owens, José-Carlin/Jacques-Marie Laffont Éditions, 2016.

- Alain Foix, Jesse Owens, Éditions Gallimard, 2024.

- Louis Gillet, Rayons et ombres d'Allemagne, Éditions Flammarion, 1937.

- Benoît Heimermann, Les Champions d'Hitler, Éditions Stock, 2014.

- Jesse Owens et Paul Neimark, Jesse, Autobiographie spirituelle, Éditions Foi et Victoire, 1980.

- Robert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'athlétisme, Éditions Minerva, 2003.

- André François-Poncet, Souvenirs d'une ambassade à Berlin 1931-1938, Éditions Perrin, 2016.
- Jérôme Prieur, Berlin : Les Jeux de 36, Éditions la Bibliothèque, 2024.

- Jérôme Prieur, Regarder et ne pas voir. Louis Gillet, un témoin au cœur des années sombres, Éditions du Seuil, 2024.

- Leni Riefenstahl, Mémoires, traduit par Laurent Dispot, Éditions Grasset & Fasquelle, 1997.

- Denis de Rougemont, Journal d'une époque 1926-1946,
Éditions Gallimard, 1968.

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