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dimanche 3 mai 2020

PSG-Saint-Etienne - Finale de Coupe de France 15 Mai 1982





Après Michel Hidalgo, c'est au tour de Robert Herbin de nous quitter. Triste année 2020 qui semble vouloir se débarrasser de toutes ses anciennes étoiles du football. Une page de notre histoire se referme, mais les souvenirs restent, heureusement. Ainsi, la fabuleuse épopée des Verts en Coupe d'Europe aura fait chavirer la France entière et suscité un incroyable engouement pour ces jeunes pousses vertes. 
Cette équipe-là, Robert Herbin l'a mise sur pied en privilégiant la formation des jeunes et en appliquant rigoureusement sa philosophie de jeu, qui pouvait se résumer par cette maxime implacable : un match de football est un combat qu'il faut gagner !  Et, pour mettre toutes les chances de réussite de son côté, Robbie va mettre ses joueurs dans les meilleures conditions possibles. Ainsi, c'est lui qui instaure les retours en avion à la fin de chaque match, évitant aux joueurs, les longs retours en train du lendemain, fastidieux et éreintants. 
Mais là où son apport fut déterminant, c'est dans la vision résolument moderne qu'il réussit à imprimer dans le jeu lui-même, et valable encore aujourd'hui. Car Robbie a très vite compris qu'un combat ne se gagne pas sans un minimum de préparation physique. Il a donc développé des méthodes de travail visant à muscler la condition athlétique des joueurs, à développer leur potentiel par des entraînements physiques qui le faisaient passer pour un tortionnaire…. Ces séances d'entraînement sans ballon étaient en elles-mêmes une sacrée petite révolution  !   
Il est évident que toutes ces bases posées avaient pour seul objectif de proposer un football offensif, largement inspiré par le modèle du genre : l'Ajax Amsterdam de Johan Cruyff.  

Robert Herbin a redonné du peps à un football français qui en manquait singulièrement. Moribonde et sans inspiration au début des seventies, l'équipe de France traverse un désert dont elle ne voit pas le bout et se complaît dans la lose. Nos clubs hexagonaux ne sont même pas fichus de passer le stade des seizièmes de finale dans les coupes européennes. La misère. 
Devenu entraîneur en 1973 de l'A.S Saint-Étienne, après y avoir fait une admirable carrière en tant que joueur (il finira deuxième meilleur buteur de D1 en 1966 avec 26 buts), Herbin va booster un football français défaitiste et sans saveur, le sortant de sa léthargie pour le hisser à l'échelle internationale et lui faire apprécier le goût des victoires.       
Reste cette finale perdue à Glasgow qui restera pour Herbin, même 40 ans plus tard, une cruelle désillusion qu'il n'aura jamais réussi à digérer. C'est dire combien les finales perdues peuvent laisser des traces.  



                                                                         
Solitaire, secret, impassible, Robbie avait une personnalité qui tranchait singulièrement dans le monde du football. Il avait hérité de son père, musicien tromboniste à l'Opéra de Nice, un goût pour le classique et cultivait une passion pour Wagner et Mahler. Il restera dans nos cœurs comme cet architecte perfectionniste qui insuffla au football passion et rigueur. En somme, un chef d'orchestre légendaire d'une équipe qui ne l'était pas moins.


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Je me souviendrai toujours de ce quart de finale retour de la Coupe d'Europe des Clubs Champions contre le Dynamo de Kiev. Un match fou, épique, passionnel, qui est entré dans la légende. C’était le 17 mars 1976 à Geoffroy-Guichard, et pour moi, le premier match de foot que je voyais sur écran. Un événement. Les retransmissions TV ne courent pas les rues à l'époque…. 
Sur le petit poste de télé noir et blanc, j'assistais ce jour-là à un match explosif où les joueurs, portés par un public chauffé à blanc, ont éprouvé dans leur corps les limites extrêmes de leur résistance physique. Je me souviendrai toujours de cette action de jeu totalement folle à l'heure de jeu, où ce diable de Blokhine (Ballon d'Or 75 s'il vous plaît) sur une course fulgurante de 60 mètres, donne le tournis à toute la défense stéphanoise, pour filer, seul, vers le but. C'était sûr, il allait marquer. Seul au point de penalty, il pouvait tranquillement ajuster Curkovic... Et à 1-0 pour le Dynamo, adieu les rêves de finale... ! 
Mais incroyable, au lieu de tirer, Oleg Blokhine temporise par péché d'orgueil. À vouloir la jouer trop personnelle et briller par un ultime dribble, il se fait contrer in extremis par un Christian Lopez revenu à toute berzingue ! In-sen-sé ! Ah.... Les Russes devant leur poste de TV ont dû à cette même minute, s'arracher les cheveux de la tête !





Mais l'action continue, Lopez dégage en catastrophe, Oswaldo Piazza récupère le ballon au rond central, accélère dans l'axe, une-deux avec Patrick Revelli, et c'est son frangin Hervé qui reprend d'un tir foireux et marque ! Hallucinant ! En deux passes, les Stéphanois font basculer la rencontre...


Une minute de pure folie face à Kiev.






En commentant 40 ans plus tard le but, Christian Lopez pourra dire très justement : voilà, ce n'est pas compliqué le football.... !
Après le but, c'est du délire dans les tribunes ! Le stade en ébullition explose, les spectateurs exultent, quelle ambiance de folie ! Justement, les spectateurs, parlons-en, il y en avait partout ! Agglutinés jusque sur les poutres et le toit du stade ! Inouï !  Ce match-là marque le début de ma passion pour le football. Non, je n’oublierai jamais, j'avais huit ans, et je venais de vivre mes toutes premières grandes émotions.

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15 Mai 1982. Finale de Coupe de France. Match passionnant. Des buts et du suspense. Spectacle assuré. Je rappelle juste le contexte : en avril 82, l' affaire de la Caisse noire éclate au grand jour et plombe sérieusement l'ambiance chez les Verts. C'est la crise, et déjà se profile à grands pas la fin d'une époque. Platini joue son dernier match sous le maillot stéphanois avant de filer vers la Juventus, rejoindre Dino Zoff et ses potes. Les nostalgiques auront un petit pincement au cœur en revoyant ces images. Mitterrand et Chirac, côte à côte. On a droit à la très révérencieuse interview du Président à la mi-temps. Michel Drucker et Didier Roustan aux commentaires. L'incontournable Mr Vautrot en arbitre du soir. On trouvera des ralentis interminables au millième de seconde (!) et cette scène un peu surréaliste, où le journaliste sportif Georges Dominique, en espion venu du froid, micro tendu, s'échine à arracher à la mi-temps de la prolongation, les ultimes conseils du Sphinx à ses joueurs ! 
Maintenant, place au jeu. À vous Cognacq-Jay !




Bonus:




Coupe de France 1970. A.S Saint-Etienne-Nantes. Même le commentateur s'est laissé surprendre par le but de Robbie. Une somptueuse tête lobée !


Vidéos : 


- Saint-Etienne, l'épopée 1975-76 (HDTV -TS - 90mn)  : les plus belles heures de l'épopée Stéphanoise, revues par les acteurs de l'époque, quarante ans plus tard. Émotion assurée. 

- Saint-Etienne, une équipe modèle. (Vidéo INA - 13m - MP4) Une visite guidée dans les coulisses du club en 1974. C'est toute la structure administrative et sportive qui est ici passée au crible, de son Président Roger Rocher à… la blanchisseuse ! Toute occupée à laver et repasser les maillots des joueurs ! Vraiment une autre époque...

- 1976. Sept questions posées à Robert Herbin, l'entraîneur des Verts. (Vidéo INA - 11 mn - MP4) Longtemps décrit comme un Sphinx délivrant ses conseils au compte-goutte, Robert Herbin montre ici qu'il pouvait avoir le verbe facile et la parole aisée. 

- Robert Herbin et Jean-Michel Marqué sont interviewés à la veille de leur demi-finale contre le PSV Eindhoven, en 1976. (Vidéo INA - 4mn - MP4)
- Portrait d'Ivan Curkovic. (Vidéo INA - 5mn - MP4)
- Un match au sommet : Saint-Etienne -Marseille.18 octobre 1970. Une affiche alléchante du championnat français oppose Saint-Etienne à Marseille. Résumé du match, avec à clef, un joli but de Robbie d'un tir en pleine lucarne. (Vidéo INA - 15mn - MP4)

- Résumé de la finale de Coupe de France Lens-Saint-Etienne 1975  (Vidéo INA - 4mn - MP4)


Revue de presse : Hommages à Robbie. Portraits et témoignages.

- Le Monde du 29 avril 2020 (PDF-1p)
- L'Équipe du 29 avril 2020 (PDF-6p)
- Le Parisien 28 avril 2020 (PDF-1p)

et quelques articles d'époque :

- Le progrès du 15 et 16 mai 1985 (Jpg) et la Une de l'Équipe du 15 mai 1982 (Jpg) 



Kermite.


Liens :   


https://1fichier.com/?aiwvu8xct8ht7me6pob1
https://1fichier.com/?cc3t0mah7pw23qlyrva8
https://1fichier.com/?yzwkufie66jtkd9aq8q1
https://1fichier.com/?9uoqoanbzy1mw259ryss
https://1fichier.com/?3o67ynq85xtd8b5op3to





dimanche 12 juillet 2026

France-Croatie - Finale de la Coupe du monde de football 2018







Huit ans, déjà que la bande à Deschamps a ramené de Russie le plus beau des trophées. J’ai vraiment kiffé cette équipe de France 2018, ultra-défensive et d'une effarante efficacité. À rebours de beaucoup, peut-être, je la préfère à la France romantique et généreuse qui suivait, hélas, trop naïvement l'adage « dominer n'est pas gagner » et finissait, hélas, toujours au tapis. Cette équipe de France-là, je ne l'ai que trop bien connue. Elle cultivait « une certaine fatalité de la défaite », pour reprendre les mots justes de Didier Tronchet dans Les Fantômes de Séville.¹ J'en étais malade, tant la loose lui collait à la peau. Souvent maladroite ou malchanceuse, elle semblait incapable de porter l'estocade, de se hisser sur la plus haute marche du podium. Il lui manquait l'essentiel, la rage de vaincre. Alors, oui, nous étions les perdants magnifiques (la belle affaire !) qui, après avoir vaillamment bataillé, perdaient avec les honneurs, et nous nous consolions amèrement en prenant plaisir à glorifier la défaite. Il a fallu attendre 1984 et ce titre de champion d'Europe pour que cette chaîne de malédiction soit enfin rompue, que cette équipe de France humecte avec délice les arômes de la victoire. Et grâce à la première Coupe du monde fièrement acquise en 1998, nous pouvions enfin proclamer, sûrs de notre fait : « La victoire est en nous ! »  

Cette finale de Coupe du monde 2018, je l'ai vécue dans un bourg perdu en Touraine, où je passais mes vacances en famille dans un bungalow défraîchi. Je me souviens surtout de l’armada de moustiques, trop habitués à nous mitrailler dès qu’on osait mettre un pied dehors. Quand, ce dimanche 15 juillet, un peu avant 17 heures, j'allumai la télé, mon sang ne fit qu'un tour : je découvris, atterré, qu'elle ne diffusait aucune image !! Me faire un coup pareil le jour de la finale de la Coupe du monde ! Non, je ne rêvais pas, j'avais beau secouer le poste comme un possédé, espérant un miracle, les minutes s'égrenaient, et point de miracle. Rien que de la bonne vieille neige sur un écran obstinément muet. Voilà une panne de réseau qui ne pouvait pas plus mal tomber ! Comble de malchance, la réception du camping était fermée le dimanche. Désemparé, je jetai un œil dehors et découvris, stupéfait, que tous les bungalows croupissaient dans un no man's land inquiétant. Pas âme qui vive. Ils semblaient s’être étrangement vidés de tous leurs habitants. Je me rappelai avoir entrevu au village un café, situé à un petit quart d’heure de marche. Le dernier espoir de trouver un écran ! Je partis illico presto avec ma fille de 10 ans, encore plus déçue que moi. Quand nous entendîmes monter du village une immense clameur déchirer le silence de la campagne, nous comprîmes soudain que la France avait ouvert le bal des festivités ! Nous accélérâmes le pas, frustrés d'avoir manqué le premier but…

Arrivés sur place, nous trouvâmes le café bondé ! Et, bien sûr, plus aucune place de libre. Mais pour un père de famille accompagné de son rejeton, une place s'est gentiment libérée. L'écran paraissait ridiculement petit. À peine étions-nous installés que les Croates égalisaient dans une tension sidérante. Les invectives et les insultes pleuvaient. Des verres se brisaient. Une foule passablement éméchée vomissait sa colère. Je trouvais l'atmosphère électrique, tant nous étions malmenés dans le jeu. Brusquement, tout changea à la 38ᵉ minute. Un penalty, comme une faveur divine, nous fut offert. D'une frappe soyeuse qui prit le gardien à contre-pied, Grizou envoya la balle au fond des filets et fit chavirer la France. Une furia collective, comme un grondement tellurique, fit trembler le sol ! Avions-nous la faveur des dieux ? C'était un miracle que nous menions à la mi-temps. « Cet avantage relève de la magie noire », écrit très justement Olivier Guez dans Le Monde au lendemain de la finale.² Car ces diables de Croates nous avaient insolemment marché dessus. Étrangement, il semblait que des esprits malins eussent jeté sur eux un mauvais sort, que des incantations pernicieuses, sournoisement lancées contre eux, avaient finalement eu leur peau. 

Ma femme me téléphona pour m'annoncer que la télé avait miraculeusement ressuscité !  Retour sur-le-champ à la casa pour suivre, dans une ambiance plus feutrée et la quiétude du foyer familial, cette finale crispante jusqu’au bout. Je tremblais de voir ces diables de Croates revenir au score. Coup de sifflet final. Exténué, j'exulte en baignant dans une euphorie irréelle. La France est championne du monde. Dans une atmosphère crépusculaire et sous des trombes d'eau, la remise du trophée survient comme un rêve halluciné. Moi-même, les yeux embués par l'émotion, je vois une bande de gamins ivres de joie et de bonheur. L'orage a ramené la nuit, mais le stade de Loujniki, pour l'éternité, brille d'une pluie d'or.


En 2018, le style de l'équipe de France a souvent été décrié par nos experts journalistes. L'avalanche de critiques n'a épargné ni les joueurs, ni DD. Il faut écouter Pascal Praud vomir sa colère le lendemain de France-Australie et pester contre cette équipe moribonde qu'il juge ennuyeuse à en mourir. Des voix se sont élevées pour dénoncer ce style dégueulasse, cette absence d'inspiration et de jeu offensif qui font la marque des grandes équipes. Mais en quoi l'art de défendre, porté à son pinacle, serait-il moins valorisant qu'une équipe résolument portée sur l'attaque ? Défendre avec autant de hargne et d'intensité présuppose des qualités que j'estime tout aussi nobles.  Je pense à cette demi-finale gagnée contre les Belges, où l'équipe de France a collectivement fait preuve d'un acharnement défensif inouï. Ce fut, pour moi, le match le plus intense, qui avait tout d'un immense combat de boxe. Ce qui était perçu au début comme un aveu de faiblesse est devenu, au fil des matchs, sa marque de fabrique, sa force collective. 

Le football de possession m'horripile. La passe à dix dans la surface de réparation, comme la pratique Manchester City, non merci, très peu pour moi. Les amoureux du football clament haut et fort qu'ils veulent voir du beau jeu. Certes. Mais dans une finale, le beau geste, vous l'oubliez. Seule compte la victoire. Une finale n'est belle que si elle est gagnée ; le reste, c'est de la littérature. Posez donc la question aux entraîneurs qui ont inscrit leur nom au palmarès des vaincus. L'amertume de la défaite laisse, malgré le poids des années, des traces indélébiles qui ne cicatrisent jamais vraiment. Le panache, l'équipe de France l'avait en 1982. La belle affaire ! Qui a vécu Séville me comprendra. En 2018, le panache fut oublié, mais Dieu du ciel, quel réalisme ! Clinique et efficace dans son jeu, et souvent malmenée, elle arrivait toujours à bout de ses adversaires. Je trouve que cette équipe de France 2018 avait un petit air de Mannschaft, comme si ce qui faisait la force de l'équipe d'Allemagne, au plus fort de sa domination, était devenu la nôtre par une étrange alchimie. Un journaliste de la chaîne RTS commentant la finale comparait chaque but de l'équipe de France aux morsures d'un cobra. Je trouve la comparaison plutôt bien vue. Même après avoir été sacrée championne du monde, il y a encore eu des voix dissonantes pour toujours critiquer le style de l'équipe de France. Des éternels chouineurs ou autres rabat-joie de la première heure, manifestement incapables de savourer les effluves exaltantes de la victoire.



PS : Pour info, le match provient d'un enregistrement dégoté sur la Toile. La finale a été retransmise sur la chaîne allemande ZDF. Excellente qualité d’image. Commentaires en allemand (2 pistes), anglais (BBC), russe, croate, auxquels j’ai personnellement ajouté ceux de beIN Sports (Christophe Josse et Daniel Bravo), TF1 (Bixente Lizarazu et Grégoire Margotton), France Inter (Jacques Vendroux et Alain Giresse), RMC (avec la dernière émouvante de Jean-Mimi) et RTS (David Lemos et Léonard Thurre). Le tout coupé avec Audacity et synchronisé par mes soins, ce qui ne fut pas une mince affaire… ! Attention, la piste France Info est un doublon de la piste France Inter.

Étonnante, la différence de ressenti entre chaque pays. Ainsi, les commentateurs allemands voyaient l'affaire pliée à 3-1 et la France s'envoler tranquillement vers son 2eme titre mondial. Les Suisses, je n’en parle même pas. Quant à moi, même à 4-1, j’étais loin d'être rassuré. Jusqu'à la dernière seconde, je redoutais de voir ces diables de Croates nous jouer un mauvais tour et revenir au score in extremis pour nous arracher des mains ce trophée si convoité…


1.Didier Tronchet : Les fantômes de Séville. Éditions La fosse aux ours, 2022. p 44.

2.Olivier Guez  : Magie noire, irrationnel et baraka. Le Monde, 16 juillet 2018.


Kermite. 





Bonus : 




- Vidéo :



- Les Bleus 2018 - Au cœur de l'épopée russe réalisé par Emmanuel Le Ber et Théo Schuster. (DVD Remux - 120 mn .)

Une immersion jouissive dans les coulisses de l'exploit !  


- La Véritable Histoire des Coupes du monde de Stéphane Benhamou. 

.1ere partie 1930/1974 - (HDTV - 55 mn - MKV.) 

.2eme partie 1978/2014 (Web dl - 58 mn - MP4) Captation du documentaire, diffusé sur Youtube, à partir de mon ordinateur. 

Ce doc en deux parties montre combien les Coupes du monde de football, avant d'être des événements purement sportifs, ont été tout au long de leur histoire une affaire avant tout politique. Et la conclusion est sans ambages : sport et politique ne font jamais bon ménage… 


- C'était écrit : La revanche des Bleus. Documentaire de Karim Rissouli et Dominique Rouch (2019 - HDTV - 90 mn.)

Plus qu'une revanche, c'est en fait, l'histoire d'une résilience. Comment DD et ses joueurs ont réussi à bâtir leur titre de Champion du monde sur les cendres de la finale perdue de l'Euro 2016. 



- Mbappé la diplomatie du ballon rond  de   Jean-Philippe Leclaire, Mikael Bozo et Manon Descoubès  (2026 - HDTV - 88 mn.) 


Plus qu'une icône sportive, Kylian Mbappé est devenu, depuis le sacre de 2018 en Russie, un véritable symbole national et un objet politique chaleureusement courtisé. Ambassadeur de la nation, le natif de Bondy se sert de ses performances sportives et de son aura pour prendre position politiquement et envoyer des messages à une jeunesse en manque de repères. Jean-Philippe Leclaire, Mikael Bozo et Manon Descoubès tentent de cerner le phénomène Mbappé en prenant soin d'insister sur l'envergure planétaire et la dimension  extra-sportive du joueur. Mbappé est un phénomène monstrueusement talentueux derrière lequel toute une nation se range pour espérer conquérir une troisième étoile à New York, le 19 juillet 2026...





- Radio :



So Foot : podcasts (21 X 24mn - FLAC)


Un regard ludique sur la coupe du monde proposée par la fine équipe de So foot et de son  envoyé spécial, Alexandre Doskov, parachuté seul dans la vaste Russie pour suivre les pérégrinations de l'équipe de France. 


1.Spécial Mondial  en  direct avec les Bleus, et que fout Robbie Williams en Russie.

2.Les Bleus à Kazan,  Mo Salah et le bide saoudien.

3.Les Bleus vus d'Australie, le bijou Espagne-Portugal, et le danois daltonien.

4.Les Bleus au ralenti, l'Allemagne démarre, et un gardien au festival de Cannes.

5.Neymar boit la tasse, l'Allemagne KO et Thauvin à terre.

6.L'Angleterre encore à la peine,  la diète de Fekir et des bagues japonaises.

7.Le blocus français, le blocus saoudien et l'Oedipe marocain.

8.France-Pérou terrain glissant, la fougue iranienne et le métro de moscou.

9.La France fait le boulot, le naufrage argentin et les votes WTT suisses.

10.La France gagne 11-0, le miracle suisse et notre interview de Thomas Meunier.

11.Le feu d'artifice belge, les Bleus s'ennuient et les scandales anglais.

12.La Russie accusée de dopage, l'Angleterre déroule et la révolution chez les Bleus.

13.L'Argentine joue sa survie, le Danois et la secte et les Bleus jouent la pole.

14.Des Français soporifiques, des Argentins miraculés et des Allemands mi-content, mi-colère.

15.L'Allemagne rentre à la maison, le Brésil facile et la France a marqué des buts.

16 France Argentine vu depuis la France, l'Argentine et la Russie.

17.Le roi Mbappé, ciao Messi et le sous-marin d'Iniesta.

18.Russie et Croatie qualifiés, un long dimanche de huitième de finale.

19.Le miracle belge le calme brésilien et l'infirmerie française au complet.

20.Deschamps appelle la police, que savoir de l'Uruguay.

21.Griezmann-Hazard, le réveil des héros et bye-bye Neymar.

22.Thierry Henry le traître, l'arrogance française vue de Belgique.

23.Mbappé épouse-nous, Varane président et les Anglais sont devenus fous.

24.Français ou Belges, le match des râleurs, les adieux des Bleus et la battle Angleterre-Belgique. 

25.Mbappé va rouler sur les Croates, des enfants racontent le Mondial et la revanche Belge.

26.Mbappé merci Lloris oups Deschamps président.


Sur Europe 1 : podcasts


- Bons-baisers-du-Mondial-Lionel-Rosso-14-07-18  (2h34mn - MP3.)

- Bons-baisers-du-Mondial-Lionel-Rosso-16-07-18 (3h19mn - MP3.)

- Europe-midi-Edition-spéciale-13-07-18 (1h40mn - MP3.)

- Europe-midi-le-journal-15-07-18 (28mn - MP3.)

-Europe-Soir-Edition-spéciale-Les-Bleus-sont-de-retour-François-Clauss-16-07-18 (3 h 36mn - MP3.)

- Nikos Aliagas raconte ce moment suspendu où la France était le centre du monde  (2mn - MP3.)

- Foot. Assistance vidéo (16mn - FLAC.)


-Histoires de la Coupe du Monde : podcasts (20 X 11mn - FLAC.)


1.Allemagne-Hongrie 1954 le miracle de Berne.

2.Angleterre-Cameroun 1990 le monde entier derrière les Lions indomptables.

3.Angleterre-France 1966, les Bleus éliminés à Wembley.

4.Angleterre-USA 1950, la référence absolue en termes de surprise.

5.Argentine-France 1978, la défaite fondatrice de la génération Platini.

6.Argentine-Nigeria 1994, le dernier match de Maradona avec l'Albiceleste.

7.Argentine-Yougoslavie 1990, la fin des Brésiliens de l'Europe.

8.Brésil - Pays-Bas 1994  tout ce que le football peut montrer de mieux.

9.Brésil-Pologne 1938 le premier match du siècle.

10.Corée du Nord-Italie 1966, tremblement de terre sur la planète football.

11.France-Autriche 1982, Genghini délivre les Bleus.

12.France-Paraguay 1958, premier coup d'éclat des Bleus en Coupe du monde.

13.France-Sénégal 2002, la chute du tenant du titre.

14.Hongrie-Uruguay 1954, une finale avant la lettre.

15.Italie-RFA 1970, la plus folle prolongation de l'histoire.

16.Maroc-Portugal 1986 les héros marocains de Guadalajara.

17.Pologne-URSS 1982, un match hautement symbolique à l'intérêt limité.

18.Portugal-URSS 1966,un match pour la troisième place qui valait plus que cela.

19.URSS-Belgique 1986  les Diables Rouges évitent l'enfer.

20.URSS-Colombie 1962, le cauchemar de Lev Yachine.


Sur RTS : (podcasts)


- Une Histoire du football russe en 4 épisodes (4 X 9mn - MP3)

- Finale France-Croatie Radio Télévision Suisse (3h56mn - MP3)


Pascal Praud : 


-La France est- elle un pays de football ? (51mn - FLAC.)

-France- Australie, la colère de Pascal Praud. (1h03mn - FLAC.)

-Enfin de l'émotion. (1h16mn - FLAC.)

-France Belgique pronostic.(49mn - FLAC.)

-France Belgique après match. (47mn - FLAC.)

-16 juillet 2018. (2h17mn - FLAC.)




 Sur RMC : 




-Afterfoot France-Australie. (1h15mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Pérou. (1h33mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Argentine. (1h13mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Uruguay. (1h07mn - FLAC.)

-Afterfoot France-Belgique. (47mn - FLAC.)

-Jour J Avant la Finale. (3h 29mn - FLAC.)

-After Foot Finale 1.  (2h32mn - FLAC.)

-Afterfoot Finale 2.  (55mn - FLAC.)



-France-Australie. (2h02mn - FLAC.)

-France-Pérou. (1h55mn - FLAC.)

-France-Argentine. (1h55mn - FLAC.)

-France-Uruguay. (1h58mn - FLAC.)

-France-Belgique. (2h08mn - FLAC.) 

-France-Croatie. (2h14mn - FLAC.)





Sur France Inter  : 


- Olivier Petit : "Raconter, en BD, les petites histoires oubliées du foot". (7 mn - FLAC.)

- Finale de la Coupe du Monde de football. (1h54mn - FLAC.)

- 1996-2016  deux décennies de l’histoire de l’équipe de France de Football. (41 mn - FLAC.)

- J-4 avant la Coupe du Monde de football. (24mn - FLAC)

- J’aime le foot et alors?. (37mn - FLAC.)

- La grande histoire de la Coupe du Monde de Football. (38mn - FLAC.)

- Coupe du Monde de football : le Prix Renaudot part en Russie. (41mn - FLAC.)

- Les Bleus, la victoire, la France... et maintenant? (45mn - FLAC.)

- Olivier Guez et Vincent Duluc. (22mn - FLAC.)

- Stéphane Beaud et Nicolas Kssis-Martov. (21mn - FLAC.)

- Spéciale Coupe du Monde en Russie "Du terrain de football à la Comédie Française". (38mn - FLAC.)





Sur France Culture : 


- Comment la France se rêve-t-elle à travers le football (43mn - FLAC.)

- Coupe du monde de football  et s’il fallait mal jouer pour l’emporter ? (7mn - FLAC.)

- Football, amour et désamour. (52 mn - FLAC.)

- Le foot, une passion médiatique ? (19 mn - FLAC.)

- Liberté Égalité Mbappé la France sur le divan. (20 mn - FLAC.)


Sur Radio France : 


- Allez les Bleus, une histoire française. (8 X 30 mn - FLAC.)


.Épisode 1 : le groupe vit bien.

.Épisode 2 : banc, bourdes et bistouri.

.Épisode 3 : défaites et vieilles gloires.

.Épisode 4 : rêver un impossible rêve.

.Épisode 5 : une certaine idée de la France.

.Épisode 6 : Blacks, blancs, beurs.

.Épisode 7 : le Bleu est un footballeur comme les autres.

.Épisode 8 : trous de mémoire.



Sur Cnews : 


- Pascal Pro. ( 2h20 mn - FLAC.)

- Mi-temps finale. ( 38mn - FLAC.)




Revue de Presse : 


Passionné de football, Olivier Guez a suivi cette Coupe du monde en Russie en écrivant régulièrement, dans le journal Le Monde, des chroniques dont le ton et l'originalité m'ont fortement séduit. Toutes ses chroniques ont été regroupées dans son livre Une passion absurde et dévorante - Écrits sur le football, sorti aux éditions de L'Observatoire en 2021.


Chroniques d’Olivier Guez parues dans Le Monde :


- Une passion absurde et dévorante. (14/06/2018.)

- Pourquoi l'Uruguay va remporter la Coupe du Monde.(16/06/2018.)

- A bord du Transsibérien. (21/06/2018.)

- Pendant ce temps-là, l'Italie boude, seule dans son coin.(23/06/2018.)

- Lionel Messi et l'ombre éternelle de Diego Maradona.(27/06/2018.)

- Relâche au musée. (3/07/2018.)

- Diego Godin, El Coronel. (5/07/2018.)

- Le sportif, ce héros soviétique. (05/07/2018)

- La comète de Kylian. (9/07/2018.)

- Falcon express. (11/07/2018.)

- J'étais au stade avec Emmanuel Macron, Guy Roux et Mick Jagger. (11/07/2018.)

- Épargnez-nous la rengaine du black-blanc-beur. (12/07/2018.)

- Magie noire, irrationnel et baraka. (16/07/2018.)

- #YouToo, chronique parue dans Le Figaro  Madame. (2/06/2018.)





Du 14 Juin  au 17 Juillet, revue de presse concernant l’équipe de France : 

- France-Argentine 1978 : un si coupable silence. (Étienne Labrunie.) 

- Pavard et Hernandez, deux valeurs montantes chez les Bleus. (Rémi Dupré.)


L'Équipe : 


- France-Australie - 17 Juin 2018. ( PDF - 8 p.)

- France-Pérou - 22 Juin 2018.  ( PDF - 12 p.)

- France-Danemark - 27 Juin 2018.  ( PDF- 8 p.)

- France-Argentine - 1er Juillet 2018.  ( PDF - 17 p.)


- France-Uruguay - 7 Juillet 2018.   ( PDF - 10 p.)

- France- Belgique 11 Juillet 2018.   ( PDF - 19 p.)

- France-Croatie - 16 Juillet 2018 . ( PDF - 44 p.)

- 17 Juillet 2018. ( PDF - 21 p.)

- 18 Juillet 2018. ( PDF - 11 p.)

- 19 Juillet 2018. ( PDF - 6 p.)

- L'Equipe Magazine 21 Juillet 2018. ( PDF - 38 p.)



Petite revue de presse au lendemain de la victoire : 


- Figaro, 2018-07-16.  ( PDF - 40 p.)

- L'Express, 18.07.2018.  ( PDF - 18 p.)

- L'Obs,  19.07.2018. ( PDF - 28 p.)

- La Provence, 17 Juillet 2018. ( PDF - 11 p.)

- Le Figaro, 17 Juillet 2018. ( PDF - 8 p.)

- Aujourd’hui en France  16 Juillet 2018.  ( PDF - 52 p.)

- La Croix,16 Juillet 2018. ( PDF - 24 p.)

- L’Humanité,  16 Juillet 2018. ( PDF - 20 p.)

- Le Parisien, 16 Juillet 2018. ( PDF - 29 p.)

- Le Parisien, 17 Juillet 2018. ( PDF - 13 p.)

- Le Parisien, 18 Juillet 2018. ( PDF -7 p.) 

- Libération, 12 Juillet 2018. ( PDF - 5p.)

- Libération, 16 Juillet  2018. ( PDF - 40 p.)

-Libération, 17 Juillet 2018. ( PDF - 9 p.)

-Nice Matin, 17 Juillet 2018. ( PDF - 15 p.)

-Midi Olympique, 16 Juillet 2018. ( PDF - 26 p.)

-La Provence, 16 Juillet 2018. ( PDF - 46 p.)

-Paris Match, 18.07.2018. ( PDF - 74 p.)

-Les champions du monde vus par Adil Rami. ( PDF - 10 p.)




- Didier Deschamps : La victoire et rien d'autre de Bertrand Pascuito. Éditions du Rocher, 2022. (Extraits - PDF - 8 p.)







Voilà un livre que je n'ai pas du tout aimé. Avec son titre tellement réducteur et déjà biaisé, j'aurais dû me douter de sa teneur… Pour preuve, le traitement accordé au plus haut fait de DD (le titre de champion du monde acquis en 2018) est expédié en une quinzaine de pages seulement… Pas question pour le journaliste de glorifier le sélectionneur champion du monde, puisque son propos est de nous asséner, chapitre après chapitre, que Didier Deschamps n'a rien à proposer sur le plan sportif et technique depuis qu'il a été promu sélectionneur de l'équipe de France. Aucune inspiration dans le jeu, rien que la victoire comme but ultime.  

C'est déjà un drôle d'objet au format hybride. Pas vraiment une biographie, mais plutôt un mélange hétéroclite d'interviews (dont certaines sont des règlements de comptes en bonne et due forme) et de réflexions personnelles, le plus souvent à charge contre DD. Visiblement, l'auteur ne le porte pas dans son cœur, non seulement en tant que sélectionneur (ce sont toutes les polémiques sur le jeu moche de l'équipe de France qui refont ici surface), mais en tant qu'homme (jugé hypocrite, égoïste, et j'en passe). Cette animosité obsessionnelle est tellement présente et pesante qu'elle plombe le livre et en rend la lecture vraiment désagréable. Toutes ces piques lancées contre DD laissent à penser que le succès de 2018, loin de griser et de rassembler, suscite encore et toujours des montagnes de jalousie. 
Si l'on a pour habitude de juger un entraîneur à l'aune de ses résultats, rappelons à Bernard Pascuito que DD détient, jusqu'à aujourd'hui, le plus beau des palmarès des sélectionneurs français. C'est un peu l'argument massue envoyé à l'encontre de tous ses détracteurs qui, par jalousie, mauvaise foi ou rancœur, n'ont jamais cessé de le critiquer, quoi qu'il fasse. Je n'ose imaginer la tâche incommensurable qui attendra Zizou, son successeur …
Malgré les talents de cette équipe de France, malgré la personnalité légendaire de Zizou, prétendre égaler un tel palmarès tiendrait du miracle.


- Mbappé - Le phénomène d'Arnaud Hermant. Éditions l'Archipel, 2019. (Extraits - PDF - 6 p.)





Kylian Mbappé, le nouveau Pelé ?  Dans l'un des chapitres, l'auteur évoque l'étonnant rapprochement survenu pendant la Coupe du monde en Russie, via les réseaux sociaux, entre Sa Majesté le roi Pelé et le prodige français de 19 ans, qui lui a rappelé ses débuts tonitruants en Coupe du monde en 1958. Le plus jeune buteur d'une finale de Coupe du monde (après Pelé) a tapé dans l'œil du maître… Il y a de l'affection dans cette relation nouée à travers les réseaux sociaux, comme si le roi Pelé avait voulu faire de Mbappé son fils adoptif. Aux yeux du Brésilien, le natif de Bondy est sans conteste son plus digne héritier.



- Kylian Mbappé, rendez-vous avec l'éternité de Martin Leprince. Éditions Mareuil, 2019. (Extraits - PDF - 9p.)








- Au cœur des Bleus de Vincent Duluc. Éditions Stock, 2016. (Extraits - PDF - 7 p.) 




- Héros oubliés de la Coupe du Monde, écrit par la rédaction de So Foot. (Extraits - PDF - 26 p.) 




Joao Saldanha 1970 

Le Mirage de Berne. (La victoire Allemande en 1954.) 

Matthias Sindelar 1938. 

USA 1950. (Joe Gaetjens.) 

 


Kermite.


Liens : 



Match :  https://1fichier.com/?8f64znwtdoenin47zksl






Bonus : https://1fichier.com/?uvjhodefjjh9p2wpvs1b


Rajout : https://1fichier.com/?p9tzr1pxe226rl6e3qe0


jeudi 9 février 2023

Dans le secret des Bleus - Remux DVD - 81mn








Les documentaires d'Adolphe Drhey possèdent l'étrange beauté des vieilles demeures, construites par des mains calleuses, que le prix de l'effort n'effraie pas. C'est un travail de longue haleine, pareil au labeur du tailleur de pierre sculptant dans le marbre et la roche, de mystérieuses arabesques architecturales. L'ouvrage ainsi obtenu, semble gagner au fil des années un pouvoir de séduction ennobli par la patine du temps.

Je sais, au fond, ce qui m’attire dans les documentaires au charme délicieusement suranné d'Adolphe Drhey. Un parfum irrésistible qui trouve en moi une résonance particulière et me ramène immanquablement à mon enfance. Parce qu'ils réussissent à faire  revivre une histoire, ressuscitent une époque et éveillent en moi des souvenirs lointains, des émotions perdues, miraculeusement retrouvées. C'est un sentiment indéfinissable qui me gagne à chaque fois que ressurgit du passé la saveur de mes premiers émois. Dans le secret des Bleus, possède ce pouvoir magnétique qui agit sur moi comme un charme.

Sans doute que ma passion pour le football me renvoie à ces premiers tremblements de l'enfance dont je garde la nostalgie. Je repense à ce qu'a écrit Olivier Guez dans Une passion absurde et dévorante. Écrits sur le Football . En amoureux du football, il y affirme justement que «[l]'amateur de football est un être nostalgique (...). Le football lui rappelle son enfance, les parties disputées dans la cour de récréation avec une balle de tennis, comme les gamins des favelas (...), les matchs sur les terrains de handball en béton du lycée entre deux cours. Il le renvoie à l'innocence de ses premières années, lorsqu'il vénérait pieusement ses idoles (Platini, Zico, Rocheteau; les gardiens Dropsy et Zoff; Maradonna, Maradonna au Mondial 1982 en Espagne) et ne ricanait pas encore ni ne doutait de la pureté des Dieux du stade. L'aficionado se souvient du choc de sa première Coupe du monde, pour toujours la plus belle de sa vie. Pendant un mois, il a gardé les yeux rivés sur le téléviseur familial, hypnotisé par les stades et les pelouses chamarrées, par ce ballon qui aimante soudain et les médias et les discussions autour de lui, ce ballon que se disputent les nations comme si c'était le plus précieux diamant du monde.» (1)


Oui, je garde la nostalgie de cette époque, parce que le foot a rythmé et embelli mon enfance. Je collectionnais les vignettes Panini avec autant de dévotion et d'amour qu'un enfant de chœur ses premières images de communion. Elles me racontaient des histoires, dont les héros avaient pour nom Platini, Giresse, Rocheteau, Dropsy, Lacombe et tant d'autres... Je me créais, grâce à elles, des matchs imaginaires en faisant vivre à mes vaillants guerriers du ballon rond, des exploits sportifs dignes des jeux du cirque.


Je tenais à cette époque un grand cahier que je chérissais amoureusement et dans lequel je prenais soin de coller des coupures de journaux marqués par l'actualité footballistique aussi bien régionale que nationale. Fruit d'une passion naissante, il possédait à mes yeux autant de valeur qu'une relique sacrée. C'était un mélange surprenant, parfois surréaliste, de photos et d'articles auxquels je joignais scrupuleusement, presque religieusement, mes impressions et sentiments personnels. Je n'avais aucune sensibilité artistique particulière, contrairement à la plupart de mes camarades, qui dessinaient, peignaient, ou écrivaient avec un talent que je leur enviais secrètement. Seul le foot me passionnait et ce journal intime, ignoré de tous, faisait toute ma fierté. Je suivais le Championnat de France et le parcours des Tricolores avec une assiduité que mes professeurs auraient plutôt aimé me voir afficher dans ma scolarité...

Cette équipe de France, qui sortait d'une longue période d'hibernation à l'orée des années 80, me faisait bougrement rêver. Les Platini, Giresse et Tigana ont été, bien avant Michel Strogoff et Goldorak, mes vrais héros, de chair et d'os, auxquels je m'identifiais avec passion.


Inscrit dès l'âge de 10 ans dans un club de foot, j'ai joué dans une équipe de District, perdue obstinément dans les abysses du classement. Chaque année, nous descendions toujours plus bas. De vrais nullards. J'allais à l'entraînement comme un mort de faim me défoncer, et revenais chez moi rincé, épuisé, laminé, les cuisses en feu. Le dimanche, jour du Seigneur, je délaissais les bancs de l'église pour mettre en pratique les enseignements du coach. Autant dire que la leçon était dure à avaler, tellement on se prenait régulièrement de sacrées déculottées. Des scores fleuves qui nous filaient le bourdon.

Notre déroute sportive jetait sur nous un sentiment de honte. Unis dans l'adversité, nous ravalions notre fierté, et quand il nous arrivait de mettre, enfin, un but, nous tenions-là notre exploit, et fêtions l'événement comme si nous revenions vainqueur de la Coupe de France, trophée sous les bras, portant au pinacle notre valeureux buteur ! Pourtant, sur le terrain, on ne manquait pas d'enthousiasme. Quelle énergie ! On cavalait, courait, sautait, galopait comme des lapins endiablés... Surtout après le ballon !

À notre décharge, il nous arrivait souvent de jouer les matchs à seulement 8 ou 9 joueurs, parce que nous avions toutes les peines du monde à former une équipe au complet. Certains préféraient flemmarder au plumard, bien au chaud sous la couette, plutôt que de braver le froid, la pluie, et se coltiner des terrains transformés en piscine olympique. Le coach n'appréciait vraiment pas ce repos dominical improvisé. Il le faisait savoir aux intéressés l'entraînement suivant les matchs, et la sanction, implacable, impitoyable, s'abattait comme un couperet pour les fautifs : une intense et rébarbative séance d'abdos et de courses pour expier dans la douleur cette fâcheuse oisiveté.


Je n'ai jamais eu l'âme d'un buteur, je me souviens, malgré tout, de la jubilation après mon premier but. Un tir foireux à trois mètres seulement de la ligne de but finissant, je ne sais comment, miraculeusement, entre les jambes du gardien. Un chef-d'œuvre baroque d'une inspiration surréaliste, qui avait toute sa place à vidéo gag, et résumait à lui seul l'incongruité de mon talent. Pas étonnant avec ça que ma carrière de footballeur n'ait pas eu l'envol escompté...

J'ai pourtant goûté fugitivement à la gloriole du footballeur, celle qui inspire tant la gent féminine. Je n'étais pas du genre à parader et à exhiber le fruit de mes conquêtes féminines, puisqu'il n'y en avait aucune. J'étais aussi maladroit avec les filles que devant les cages pour marquer un but, mais je me suis rendu compte, presque étonné, qu'envisager une carrière de footballeur pouvait bien aider à conquérir le cœur des demoiselles.

J'avais repiqué ma 5e et j'étais, à mon corps défendant, auréolé du prestige de l'ancien taulard devant purger sa peine. Car j'assimilais le collège au bagne pour la rigueur du travail exigé, et l'absence d'intérêt que je portais aux matières intellectuelles, avait fait naître en moi un vague sentiment d'inutilité. Voilà pourquoi je décidai, cette année-là, de passer le concours de Sport-étude, prenant mon avenir à bras-le-corps. Je me fixais un cap, un objectif, afin de réaliser mon rêve inavoué : devenir footballeur professionnel.

Dans ma classe, une fille s'est subitement entichée de moi : elle s'appelait Naëlle, une douceur dans la voix et de longs cheveux noirs filaient langoureusement sur ses épaules. Un jour, elle m'a demandé, de but en blanc, si je voulais sortir avec elle. Si je voulais sortir avec elle ? J'en suis resté tout penaud, les bras ballants. Dans ma grande naïveté, je ne savais même pas ce que cette interrogation laissait concrètement entendre. N'ayant jamais eu la moindre expérience avec les filles, je n'en menais pas large, j'étais comme paralysé, écrasé par une timidité maladive. Je débarquais de ma campagne avec, pour seul bagage, une éducation religieuse plutôt stricte. Autant vous dire que j'ai reçu de plein fouet cette invitation tombée du Ciel.

Elle s'était prise d'admiration pour le futur footballeur que j'envisageais de devenir, et voulait m'encourager, me supporter, assister à tous mes matchs. Elle était prête à me suivre, coûte que coûte, comme si sa vie en dépendait. Et moi, j'avais honte bien sûr, je ne voulais surtout pas qu'elle assiste aux naufrages répétés de mon équipe, qu'elle me voit folâtrer comme une âme en peine sur la pelouse, et qu'elle constate de visu dans quelle drôle de galère je voguais chaque dimanche. Mais sa détermination à vouloir me suivre m'avait stupéfait. J'osais à peine croire une telle idylle autour d'un ballon rond possible.

Ma bluette d'adolescent est restée lettre morte. Ma timidité, l'inexpérience, la maladresse, m'ont fait manquer l'occasion de vivre mes premiers émois sentimentaux.  

Et mon aspiration à devenir footballeur professionnel a fait pschitt, j'ai lamentablement échoué aux épreuves de sélection, mesurant avec lucidité la distance qui me séparait des meilleurs joueurs. Mais j'ai gardé au fond de moi cet inextinguible amour du football, cette foi irrationnelle dont tous les aficionados sont animés.


Voilà pourquoi j'apprécie tellement Adolphe Drhey. Il a le don de faire aimer le football, parce qu'il sait en extraire toute son humanité, et qu'il s'attache aux hommes qui le font, à leurs faiblesses, leurs doutes, leurs espoirs et leurs rêves. Les documentaires qu'il consacre à l'histoire du football français sont un peu les temples de notre mémoire collective. Une merveilleuse histoire qui raconte comment la France est devenue, au fil du temps, une véritable nation de football. Son premier fait d'armes commence en 1958, en Suède, pendant la Coupe du monde, où elle réussit à se hisser jusqu'en demi-finale.

Le talent de Raymond Kopa et de Just Fontaine ne pourra malheureusement rien contre la fougue du Brésil et les dribbles endiablés du jeune Pelé. Mais elle signe sa meilleure performance et termine à la troisième place en battant la RFA dans la petite finale. Dans Vingt ans après : 1958-1978 Adolphe Drhey montre comment les héros de Suède ont inspiré et guidé la nouvelle génération emmenée par Michel Platini. Quand les deux générations se rencontrent, la filiation prend corps naturellement dans un respect mutuel. Le destin de cette équipe de France se forge dans la continuité d'une tradition et le respect de ses valeurs. Ainsi, mieux armée pour se projeter dans l'avenir, elle peut aborder le Mondial 78, en Argentine, dans les meilleures conditions.


Le cinéaste s'intéresse bien plus longuement à la magnifique équipe de France des années 80, qui s'est brillamment illustrée au cours du Mondial 82 et 86, et qui est devenue championne d'Europe en 1984.(3)

À mon sens, Adolphe Drhey inaugure ici une tradition qui se poursuivra, des années plus tard, avec Les Yeux dans les Bleus (1998) et Les Bleus 2018 : au cœur de l'épopée russe (2018 ), deux documentaires dont les auteurs, Stéphane Meunier, pour le premier, Emmanuel Le Ber et Théo Schuster pour le second, retracent à vingt ans d'intervalles, la marche euphorique et victorieuse de l'équipe de France de football en Coupe du monde.




En 1986, il réalise Dans le secret des Bleus, qui retrace le parcours exceptionnel de l'équipe de France au Mondial 86, en mettant soigneusement en avant les coulisses de cette formidable aventure.

Nous sommes donc en 1986, et cette année-là, la Coupe du monde a élu domicile au Mexique, au son des mariachis et sous une chaleur accablante. C'est une équipe de France sereine et expérimentée, forte de son titre de championne d'Europe, qui débarque en terre mexicaine. Conscient d'être un privilégié, Adolphe Drhey qui a déjà vécu à leurs côtés pendant l’Euro 84, (2) accompagne les joueurs au Mexique, et se glisse comme il le dit lui-même, telle une petite souris, dans leur intimité, pour finalement ne plus les lâcher d'une semelle, et devenir leur confident et complice. Que ce soit sur le terrain, dans les vestiaires, aux entraînements, ou pendant les matchs, la caméra suit, pas à pas, le cheminement conquérant de la bande à Platini, et nous fait découvrir une chaleureuse équipe de France, festive, ouverte et confiante. Sur le terrain et sous la houlette de son entraîneur, Henri Michel, elle réussit à déployer un jeu collectif impressionnant. En revoyant certaines séquences de jeu, j'ai été surpris par les qualités techniques et la créativité de jeu, offertes par cette équipe de France, adepte du beau jeu cher à Michel Hidalgo. Point culminant de l'épopée mexicaine : ce quart de finale épique contre le Brésil, qui restera pour moi, avec le cauchemardesque France-RFA de 82, le plus beau match que l'équipe de France ait jamais réalisé.


Plus qu'une chronique sportive, c'est une aventure humaine et collective qui se dessine progressivement. C'est aussi une rencontre avec un pays et ses traditions. Par sa curiosité, Adolphe Drhey fait office d'éternel voyageur, nous faisant découvrir cette terre mexicaine aux saveurs exotiques, accompagnant les joueurs à la rencontre de ses habitants pour les initier à l'exubérance de leur culture. Aujourd'hui, on imagine assez mal notre DD national, en guide touristique pendant la coupe du monde en Russie, emmener ses ouailles visiter la basilique Sainte-Sophie ...!

Cette équipe fait preuve de beaucoup de sérieux et de professionnalisme. Il faut voir comment Alain Giresse bichonne sa panoplie de chaussures soigneusement rangées les unes à côté des autres, afin de choisir la bonne paire, le jour J, celle avec les bons crampons. C'est une Coupe du monde éprouvante physiquement, où la chaleur et l'altitude obligent les joueurs à recourir fréquemment à l'oxygène.

L'idée originale d'Adolphe Drhey est d'avoir fait visionner son documentaire réalisé pendant la Coupe du monde au Mexique en 1986, aux joueurs de l'équipe de France 98, pratiquement la veille de leur finale du 12 juillet 1998 contre le Brésil, pour en recueillir les réactions à vif, et mettre à nu les émotions et les souvenirs de chacun. Comme un effet miroir, le regard porté par la génération des Zidane, Djorkaeff, Guivarc'h, permet de multiplier les angles de vue, et de mesurer l'impact que cette ancienne équipe de France a pu avoir sur leur carrière de footballeur. On peut dire qu' Adolphe Drhey a eu le nez fin sur ce coup-là ! Car, à la veille de leur finale, ce travail d'introspection leur a sans doute permis de se recentrer sur eux-mêmes, de mieux apprendre de certaines erreurs du passé, pour finalement réussir là où leurs aînés ont échoué.

Sur le toit du monde.


(1)Une passion absurde et dévorante. Écrits sur le Football, de Olivier Guez. Editions de l'Observatoire.2021.

(2)Une équipe de rêve : les bleus, l'épopée de 1984 de Adolphe Drhey.

(3) Avec notamment, la Merveilleuse aventure du football français.1984




Bonus :


- Vingt ans après : 1958-1978. Adolphe Drhey.1978.( Web - MKV - 42mn - 1920X1080 - INA)


Réalisé pour les Dossiers de l'écran, consacrés au football, ce documentaire d'Adolphe Drhey ravivera de (très) vieux souvenirs, c'est certain. C'est qu'on y voit l'équipe de France de football du temps de sa gloire et de sa splendeur ; je veux bien évidemment parler de celle qui s'est brillamment illustrée pendant la Coupe du monde 1958, ne perdant qu'en demi-finale face à l'ogre brésilien, où un certain Pelé s'est majestueusement révélé du haut de ses 17 ans…
C'est la rencontre entre ces deux équipes de France, celle qui s'apprête à partir pour l'Argentine en 1978 et celle de leurs glorieux aînés, qui est ici évoquée. Quand la nouvelle génération, emmenée par son vaillant capitaine Michel Platini, retrouve l'ancienne, la jonction entre ces deux époques donne lieu à des retrouvailles émouvantes. Les images d'archives nous replongent, avec bonheur, dans cette époque aujourd'hui si lointaine. Comme cette séance photo organisée pour l'équipe de France en Angleterre en 1966, pendant la Coupe du monde. On y reconnaîtra aisément un certain Robert Herbin dans la fleur de l'âge. On se délectera aussi de quelques-uns des plus beaux buts de l'équipe de France pendant la Coupe du monde 1958. Galvanisée par son buteur fétiche, Just Fontaine, elle pourra se targuer d'avoir marqué pas moins de 23 buts pendant la compétition !
Le documentaire réussit à capter des moments pris sur le vif, comme cette séance d'entraînement où l'on voit l'entraîneur Michel Hidalgo parler tactique et demander l'avis de ses attaquants pour leur prochain match officiel : lesquels auraient envie de débuter ?! Autre époque, autres mœurs...
On retrouve encore Michel Hidalgo haranguant ses troupes aux vestiaires, à la mi-temps d'un France-Brésil amical, et sermonnant fermement Didier Six, en lui intimant l'ordre de s'asseoir pour se reposer, arguant qu'il aura tout le loisir de se dépenser pendant la deuxième mi-temps…

Bienveillant et affectueux envers ses joueurs, Michel Hidalgo savait aussi, quand il le fallait, faire preuve d'une autorité naturelle !


Kermite.



Dans le secret des Bleus - Remux DVD - 81mn

Lien : https://1fichier.com/?xen2t0hv9wtciu6h5o9i



Vingt ans après : 1958-1978 - WebRip 1080p - 42mn
Lien : https://1fichier.com/?h5z4ivce9z8z42pd5i14