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samedi 17 avril 2021

À Bertrand Tavernier

La nouvelle est tombée à la radio le 25 mars 2021, comme un couperet. Bertrand Tavernier nous a quittés. À 79 ans. J'ai ressenti, sur le coup, une peine immense et un vide insensé, comme si une partie de moi s'était brusquement arrachée. J'ai pensé combien je détestais cette formule lapidaire, banale, impropre. Non, mon cher Bertrand, vous ne nous avez pas quittés, vous avez disparu pour rejoindre cet espace mystérieux, inconnu, qui nous attend tous un jour. Vous ne nous avez pas quittés. Vous êtes et resterez présent avec nous, pour longtemps encore. Vous resterez toujours bien présent dans mon cœur, avec votre éternel sourire en coin, si charmant, si troublant. Pour les hommages, d'autres le feront mieux que moi. Je ne vous ai jamais rencontré, à mon grand regret. Pourtant, je ne saurais dire combien vous m'avez intellectuellement structuré, combien votre esprit critique a été pour moi un parangon de rigueur. Votre culture encyclopédique m'a ouvert des horizons insoupçonnés, et j'ai, grâce à vous, foulé des terres inconnues, découvrant des pans entiers de notre patrimoine cinématographique, des noms dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler : Jean Grémillon, André Cayatte, Edmond T. Gréville, Henri Calef et bien d'autres encore.

Bien sûr, comment ne pas évoquer « votre » voyage cinéphilique, introspection inédite, méditation intemporelle, traduisant tout l'amour que vous portiez pour une famille d'hommes et de femmes qui aura laissé son empreinte sur votre parcours, vos sentiments, votre vie. Un travail personnel de toute une vie, fait d'explications lumineuses et de réhabilitations étonnantes. Un travail d'explorateur de l'âme humaine qui jette un regard novateur sur notre patrimoine cinématographique. Ce regard, c'est le vôtre, et il est essentiel. 

Je parcourais régulièrement votre blog, sans participer toutefois aux débats joyeusement animés par des esprits érudits, toujours prompts à partager leur amour du cinéma. Jusqu'au jour où le désir impérieux s'est imposé à moi avec force pour vous écrire. Il fallait que je vous dise combien je vous appréciais, et ce besoin viscéral, d'une urgence extrême, répondait à une nécessité intérieure que je ne m'expliquais pas. Je crois juste qu'il est important de dire à ceux pour lesquels vous avez de l'estime et de l'admiration, combien vous aimez leur travail, ce qu'ils font, ce qu'ils sont. J'ai donc pris ma plume pour vous écrire, en jetant sur le papier, un peu maladroitement sans doute, tous les sentiments que vous m'inspirez. Cette missive, écrite avec les mots du cœur, vous l'avez publiée sur votre blog, et je n'oublierai jamais à quel point cet événement, anodin pour vous, m'a rempli d'une joie indicible, inoubliable.

Aussi étrange que cela paraisse, je suis venu vers vous, non pas grâce à vos films, que je découvrais plus tard, mais par l'acuité du regard que vous posiez sur les films des autres. Car, mon cher Bertrand, vous aviez l'œil affûté pour voir, déceler, décortiquer ce que nous, simples spectateurs, ne voyions pas. Il m'est ainsi arrivé de redécouvrir certains films grâce à votre œil avisé.

J'ai relu avec émotion votre dernière chronique, dont les mots prennent une saveur inhabituelle ; il est vraiment déchirant de vous entendre parler une dernière fois, mais vous êtes encore là, bien présent, mon cher Bertrand. Je tenais quand même à vous le dire une dernière fois, parce que je vous aime, tout simplement.

Kermite.



















Sur le site Dvdclassik : 

Hommage à Bertrand Tavernier









samedi 8 février 2020

Picture Snatcher - Lloyd Bacon 1933 VOSTFR




Aux États-Unis, au début des années 30, en pleine Dépression, les films de gangster ont vraiment la cote auprès du public. Scarface, Haute-Pègre, Little Caesar... Autant dire que le public en redemande, il faut dire que la crise économique est passée par là, le public a besoin d'émotions fortes pour oublier la misère et les privations.
En 1931, The Public Enemy, réalisé par William A. Wellman pour le compte de la Warner Bros, eut un succès retentissant et propulsa James Cagney, alors débutant, sous le feu des projecteurs. En 1933, sous la houlette de Lloyd Bacon, il se distingue dans Picture Snatcher par son affriolante débauche d'énergie. C'est vrai, il est ici dans son élément, heureux comme un poisson dans l'eau, tant le film semble taillé à sa mesure. Ses clins d'œil et autres gimmicks, loin de n'être que des artefacts, s'imposent d'une façon si naturelle et participent au bagou du personnage.
Bien sûr, l'image du truand, sur laquelle la Warner Bros a brodé son succès, est encore présente dans l'esprit des producteurs. J'en veux pour preuve le titre sous lequel le film est sorti en France en 1937 : Un danger public. Si James Cagney a perdu son statut d'ennemi public, il n'en reste pas moins encore un danger pour la société… L'allusion au film de William A. Wellman est claire. Sans doute, les intentions des Frères Warner étaient-elles de surfer sur le succès du film de Wellman, en lui accolant un titre aux résonances similaires. Tous les subterfuges sont bons pour attirer le spectateur et faire entrer les dollars dans les caisses des producteurs. 

Pourtant, si le film baigne encore dans les effluves sanglantes du gangstérisme qui ont marqué les années 30, avec une haletante course en voiture, et un tonitruant 
gunfight final, il s'en démarque néanmoins par le sujet traité. James Cagney n'est plus ce truand patenté et sans pitié qu’il affectionne tant, et qui trouvera son apothéose dans le sublime White Heat de Raoul Walsh. Dans Picture Snatcher, c'est un malfrat en manque de rédemption qui, après avoir purgé une peine de prison, veut définitivement tourner la page et rentrer dans le droit chemin. Au grand dam de ses acolytes qui, eux, vont tout faire pour le faire replonger…. 







Sans expérience, mais avec un courage qui frise l'inconscience, il s'engage alors dans une carrière de pigiste en tant que photographe, pour un journal people. Armé de son seul appareil photo et d'une obsession infaillible : arracher des photos que nul n'a jamais prises, s'aventurer là où personne n'ose s'aventurer, en s'affranchissant de toute morale.




Mine de rien, sous ses allures de comédie, le film dresse une satire féroce, impitoyable, du monde du journalisme, tout du moins d'une certaine forme de journalisme. Une critique toujours d'actualité et qui semble traverser les époques sans perdre de sa vigueur. Regardez le traitement journalistique de certaines affaires criminelles... (Voyez par exemple, comment dans l'affaire du petit
Grégory, l'hystérie médiatique alimentée par une meute de journalistes en furie, se sentant investis d'une mission vindicative, a jeté Christine Villemin au pilori et comment certains journalistes ont dicté l'opinion publique pendant des années. Comment l'affaire a d'abord été jugée sur la place publique, dans les médias, avant d'être portée devant les tribunaux.)

La course effrénée au scoop, le goût pour les images choc, le penchant pour les sujets sordides, on peut dire que cette forme de journalisme n'a vraiment pas bonne presse. À juste titre d'ailleurs. L'effraction dans l'intime a ceci d'inquiétant, qu'elle s'accompagne le plus souvent d'un parfum de scandale, et qu'elle peut  broyer, briser des vies humaines. (voir le personnage du suicidaire dans le film) La quasi-absence d'éthique pour arracher ces clichés aux goûts douteux peut nous amener à nous interroger sur ce qui motive le développement d'une telle presse. Elle est là pour étancher notre inextinguible soif de voyeurisme et satisfaire l'insatiable curiosité d'un public en quête de sensationnel.

Mais si le film insiste sur les méfaits d'une certaine pratique du journalisme, il relativise aussi la portée de la presse écrite, en admettant,
in fine, que la principale utilité d'un journal n'est pas celle que l'on croit. Ainsi, à ce jeune étudiant journaliste aux idées un peu trop naïves venu visiter les rotatives pour se confronter aux réalités du métier, James Cagney a l'élégance de la formule pour briser l'idéalisme de cette jeune recrue, qui se fait une idée un peu trop noble du journalisme... À quoi servent les journaux ? «Vous ne le savez pas ?, dit-il d'un air étonné. On l'utilise pour envelopper le hareng !»



Bonus personnels :
- Critique du film parue dans Cinémonde, n°454 du 1er juillet 1937.
- Critique du film parue dans Pour Vous, n°450 du 1er juillet 1937.


-Extrait de, La Warner Bros, par Jean-Pierre Coursodon. La "Warner Touch" Histoire d'un studio. (PDF  - 48p)



L'auteur évoque l'histoire de la Warner Bros. Depuis le début des années 20 et le lancement en 1925 du vitaphone, procédé technique permettant d'enregistrer le son sur des disques et de faire ainsi des films sonores, jusqu'à l'absorption du Studio en juillet 1967 par la Seven Arts Ltd, Jean-Pierre Coursodon brosse une histoire de l'un des plus célèbres Studio américain, en définissant ce qui a fait son style, son esthétisme et son évolution au fil des décennies.


Il est vrai que les productions de la Warner au début des années 30 se distinguent notamment par un style concis, précis, sans fioritures, ce qui donne lieu à des films courts, élaborés dans un souci évident d'économie budgétaire, construits sur un rythme décoiffant. C'est bien simple, tout ce qui ne concourt pas directement au développement de l'action est systématiquement éliminé… ! Difficile de faire plus efficace...
Pour les frères Warner, en matière de scénario, la brièveté est un impératif absolu. L'empreinte du jeune Darryl F. Zanuck a été aussi pour beaucoup dans l'évolution de la Warner au début des années 30, et dans l'émergence d'un style très réaliste, avec une prédilection pour les films sociaux. Picture Snatcher en est le parfait exemple.

- Extraits de 50 ans de cinéma américain, de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon. (PDF- 14p)





Comment parler de la Warner Bros sans évoquer Bertrand Tavernier, grand amoureux du cinéma américain, et de sa monumentale encyclopédie du cinéma américain, coécrite avec Jean-Pierre Coursodon ? Bien que les auteurs en récusent le terme, c'est à une véritable encyclopédie que l'on a affaire, née de la volonté de présenter et faire connaître le cinéma américain par-delà les querelles de chapelle. C'est un projet fou, fruit de toute une vie, résultat d'un travail titanesque, acharné, passionnant, orchestré par deux grandes figures du Cinéma, deux pontes de la critique cinématographique, qui ont forgé leur jugement et leur opinion à l'épreuve du temps. Cet objet de pure cinéphilie taillé dans la démesure ne dresse pourtant pas une liste exhaustive de tous les films américains depuis 1940. C'est une histoire partielle et partiale du cinéma américain, dictée par des choix personnels. (C'est d'ailleurs suivant ces mêmes principes et cette même philosophie, que Bertrand Tavernier entreprendra par la suite son Voyage à travers le Cinéma français, privilégiant notamment les choix affectifs aux dépens d'une approche purement objective, neutre et sans saveur)

Depuis que le projet est né, au début des années 1960, alors qu'il n'était question, au départ, que d'une publication dans un numéro spécial de Cinéma 60, revue dirigée par Jean-Pierre Coursodon, le livre n'a cessé d'être annoté, revu, corrigé et continuellement mis à jour, au point de s'étoffer au fil des éditions, et de présenter, 50 ans après, un vivier d'informations et d'analyses critiques qui dénotent, à mon sens, qu'on est ici en présence d'une véritable Bible de cinéphile, indispensable à tout passionné de cinéma.

Justement à propos de cinéma, B.Tavernier et J.P. Coursodon ne sont pas très tendres envers Lloyd Bacon. Il est jugé médiocre et présenté comme un tâcheron prolifique, dont les qualités artistiques ont été le plus souvent surestimées. Critique sévère certes, quand on pense que le Lloyd Bacon a tout de même livré quelques comédies musicales des plus inspirées. Je pense notamment à Gold Divers of 1933, Footlight Parade, 42nd Street, mais le souci, c'est qu'elles ont toutes été le fruit d'une collaboration, et qu'elles ne sont pas le fait du seul réalisateur. Et autant dire que, dans ces films cités, les apports du talentueux Busby Berkeley y ont une part déterminante, pour ne pas dire  essentielle. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder d'autres comédies musicales réalisées plus tard par Lloyd Bacon, sans la participation de Busby Berkeley, pour se rendre compte à quel point elles paraissent bien ternes à côté…
Pour en conclure avec Lloyd bacon, Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon auront ces mots cruels : «On en vient à se demander pourquoi Bacon est toujours classé parmi les bons artisans, les solides techniciens, ce qui est déjà un grand honneur. Il a toujours servi tout ce qu'on lui demandait : gags, violence, chansons, mais tiède, voire froid et sans sel. Il est à Michael Curtiz ce que la cuisine de cantine est à un restaurant une étoile.» 

- La censure à Hollywood : Thomas Doherty et Creg Detweiler nous expliquent la naissance de la Censure aux États-Unis, en nous livrant une histoire détaillée du Code Hays, le tout raconté avec un esprit pédagogique des plus plaisants. (HDTV - 52mn - TS)

PS : je tiens à préciser que j'ai découvert Picture Snatcher grâce à Bertrand Tavernier qui en a fait une critique élogieuse dans son blog. (http://www.tavernier.blog.sacd.fr/en-attendant-lumiere/)

Les extraits du  livre 50 ans de cinéma américain sont issus de l'édition de 1995. J'ai scanné l'introduction qui présente bien la genèse du projet, quelques pages sur l'histoire du Studio Warner. (succincte, mais fabuleusement instructive dans ses grandes lignes)
Il y sera aussi question de l'organisation hiérarchique du Studio aux États-Unis, de la mise en place du "Code de la Production" (le fameux Code Hays), du fonctionnement des censures locales, le tout agrémenté d'un aperçu critique de l'œuvre de Lloyd Bacon. Voilà, peut-être, de quoi vous mettre en appétit, et bien mettre en perspective l'époque où a été tourné Picture Snatcher.


Film (Remux DVD - MKV- 720x480)


Liens : https://1fichier.com/?z6a8a2d16b8it6bn3wkw


Kermite.



dimanche 10 janvier 2021

Une vie dans le cinéma - Michael Powell

 





Je ne dirai jamais assez tout le plaisir que j'ai pris à lire cette autobiographie monumentale, incroyablement dense. C'est un livre absolument sublime. Michael Powell montre qu'il est à l'évidence aussi doué pour l'écriture que pour le cinéma, et que derrière son statut de cinéaste chevronné, se profile l'âme d'un véritable écrivain. Sa passion pour la littérature transpire à chaque ligne et son amour des Lettres transparaît à travers une culture prodigieuse. Voilà une plume concise et inspirée, guidée par un esprit délicieusement flegmatique. Une plume magnifiquement embellie par le plus raffiné sens de l'humour qui soit. 

Une vie dans le cinéma est une œuvre profondément attachante, où Michael Powell s'illustre brillamment par ses merveilleuses qualités de conteur. J'ai pour l'homme et son œuvre une immense admiration. Jusqu'au bout, Michael Powell est resté cet artiste infatigable, passionnément alerte, en éveil perpétuel. Porté par un enthousiasme juvénile et l'expérience de ses 80 printemps,  celui qui se définissait avant tout comme un artisan nous livre ici le premier volet de l'histoire de sa vie. 


Qui mieux que Bertrand Tavernier pour nous présenter et faire apprécier Michael Powell, cinéaste anglais atypique, férocement indépendant, et dont l'œuvre, prolifique (une cinquantaine de films tout de même !) couvre presque un siècle ? La préface qu'il a écrite pour lui rendre hommage résonne comme une merveilleuse déclaration d'amour. Et il est vrai que Michael Powell, bien trop méconnu et complètement oublié, tient une place particulière dans le cinéma britannique, outrageusement dominé par les figures d'Alfred Hitchcock et de Charlie Chaplin. Sa carrière a été littéralement brisée après la sortie de son film, Peeping Tom, en 1960, descendu par les critiques. Il a été très justement réhabilité par Martin Scorsese et Bertrand Tavernier. 

Une vie dans le cinéma, de Michael Powell, est le premier volet d'une autobiographie passionnante, foisonnante, haute en couleur. Elle nous offre le récit d'une vie exaltante, entièrement dévouée au 7ème Art. Michael Powell était un enfant du cinéma, comme il se plaisait à se qualifier lui-même, et le cinéma était tout pour lui : sa vie, son art, sa maîtresse, sa religion.

C'est en voyant Intolerance, de David Wark Griffith, que se forge chez lui la conviction intime, inébranlable, qu'il sera un jour metteur en scène. Sa vocation est désormais scellée. Un premier essai, infructueux, dans les studios de Joinville, en compagnie du réalisateur français, Léonce Perret, ne l'empêche pas d'avoir saisi et senti l'extraordinaire pouvoir attractif du monde du cinéma. « Je ressentis immédiatement l'étrange fascination d'un studio de cinéma : le mélange d'art et d'artifice ; de technique et d'humeur, qui caractérise une usine de rêves. Je me sentais chez moi. » (1)

C'est dans les studios de la Victorine, à Nice, qu'il fit ses premières armes, en 1925. Dans l'équipe de Rex Ingram, immense réalisateur de films muets, qui est venu en France pour tourner Mare Nostrum. D'abord simple machino (balayeur !) il va très vite s'intégrer et apprendre tous les rouages de la production d'un film. Il travaille à la table de montage, se familiarise avec la pellicule, participe à la création des intertitres, s'immerge passionnément dans cette merveilleuse usine à rêves. En devenant l'assistant de Rex Ingram, Michael Powell assimile en peu de temps le langage cinématographique et le savoir-faire nécessaires à la fabrication d'un film, s'appropriant les bases techniques de la profession de cinéaste. Avec Rex Ingram, qu'il considère comme son maître (au même titre que Luis Buñuel) il va apprendre comment tourner un film, diriger une équipe, avoir sous son aile une petite armée d'artisans et de techniciens, capables d'exprimer et de mettre sur pied, les desiderata du metteur en scène.

Il travaille ensuite pour Alfred Hitchcock, en tant que chef du département photo, et collabore, en tant que scénariste, sur le film Chantage, considéré comme le premier film parlant britannique. Sa rencontre avec Sir Alfred donne lieu à de savoureuses anecdotes. 

Au cours des années 30, il commence à voler de ses propres ailes en réalisant de petits films de séries B, appelés aussi « Quotas-Quickies », dans lesquels il fait son apprentissage de metteur en scène et affûte peu à peu son expérience. (2) « Ces films n'étaient pas la raison pour laquelle je faisais du cinéma. J'étais un apprenti sorcier, décidé à mettre en pratique coûte que coûte l'enseignement de son maître. Je n'étais pas poussé par un désir de gloire mais par l'amour de l'art que je servais. »  (1)
À partir de 1937, il donne la pleine mesure de son talent. Ses films se font plus personnels et témoignent d'une profonde originalité, par leur sujet et leur style. 
Le style de Powell ? Un cinéma aventureux, imaginatif, ouvert aux expérimentations (sur la couleur, le son, la vitesse de tournage...), mettant en exergue une invention et une ingéniosité visuelles au service d'un cinéma de l'image aux pouvoirs immensément magiques. Comme l'écrit somptueusement Bertrand Tavernier dans sa préface, les œuvres de Michael Powell « sont secouées par des cataclysmes, transpercées d'éclairs, de plans de nature fulgurants, mystérieux. » Et se présentent comme autant de « paris visuels », propres à fasciner, à émerveiller le spectateur. 

Le cinéma de Michael Powell doit beaucoup au cinéma muet, parce que ses films s'appuient sur la puissance et le pouvoir des images. Sa conception du cinéma est solidement ancrée dans l'idée qu'il a de vouloir faire de cette incroyable extravagance qu'est le 7ème Art, un spectacle, un divertissement visuel où les images sont reines.

Cosmopolite, il aimait s'entourer d'artistes de tout horizon, de toute nationalité, les meilleurs, chacun dans leur domaine, et préférait travailler avec des étrangers, plutôt qu'avec des Anglais, affirmant sans ambages ne pas être intéressé par le cinéma anglais, seulement par le cinéma... (3)

Sa rencontre avec Emeric Pressburger en 1937, en vue du tournage de l'Espion noir, déboucha sur l'un des plus singuliers et originaux duos que l'histoire du cinéma ait jamais connus. Une véritable osmose créative unira les deux hommes, qui créeront par la suite leur propre maison de production, The Archers. Désormais, on pouvait lire au générique de chacun de leur film :  « Écrit, produit et dirigé par Michael Powell et Emeric Pressburger. » Leur collaboration se maintint pendant près de quinze ans. 

Aux débuts des années 40, Michael Powell refusera de céder aux sirènes de Hollywood, afin de pouvoir réaliser ses propres films, dans un souci d'indépendance, évitant ainsi d'être sous l'égide d'un producteur qui aurait eu un droit de regard sur son travail, et le pouvoir de soumettre la production de ses films à une implacable censure. 

Chronologiquement, le livre s'arrête à la sortie de The Red Shoes en 1948. Inutile de préciser que ce pavé de 800 pages que vous ne pourrez plus lâcher des mains une fois commencé, n'est que la première partie de son autobiographie !!  

Je tenais aussi à rendre hommage à Jean-Pierre Coursodon, qui vient de rejoindre la longue cohorte d'artistes du cinéma, hélas disparus. Claude Brasseur, Robert Hossein, Suzy Delair, Michel Piccoli... Je ne vais pas tous les énumérer, parce qu'il y en a eu beaucoup trop en cette année 2020. Hommage donc à Jean-Pierre Coursodon, sans qui cette édition n'aurait tout simplement pas pu se faire. On oublie, trop souvent à mon goût, au profit des auteurs, le travail des traducteurs, qui jettent pourtant des passerelles indispensables entre cultures différentes. Jean-Pierre Coursodon fut non seulement un grand amoureux et brillant historien du cinéma, mais aussi un indispensable et bien précieux traducteur.







- (1) Une vie dans le cinéma par Michael Powell, une autobiographie traduite de l'anglais par Jean-Pierre Coursodon.  (Institut Lumière/Acte Sud 1997)

- (2) Les « Quotas-Quickies », films de courte durée, à budget famélique (à raison d'une livre par pied de pellicule, dit Michael Powell dans son autobiographie...) étaient introduits en Angleterre, à la fin des années 20, pour permettre à la production britannique de faire face à l'écrasante concurrence des films étrangers, et notamment à l'invasion des films hollywoodiens. Désormais, la loi stipulait en Angleterre que près de 20 % de la production cinématographique devait être réservée aux productions locales et nationales. Une production qui se distingue davantage par sa quantité que par sa qualité... 

- (3) Interviewé par Bertrand Tavernier pour la revue Midi-Minuit Fantastique n°20 (octobre 1968), voilà ce que disait Michael Powell  : « Depuis le début j'ai toujours travaillé avec des Européens, non avec des Anglais : Pressburger, Korda, Ingram et les techniciens français et italiens que nous employions à l'époque. D'ailleurs je ne suis pas intéressé par le cinéma anglais, seulement par le cinéma. »

Kermite.

samedi 23 septembre 2023

Les Garçons de Rollin. Un Lycée sous l'Occupation -

de






Et moi, qu'aurais-je fait ? C'est par cette interrogation que Claude Ventura clôt magistralement son documentaire, et cette question-là, je me la suis posée, je ne sais combien de fois. Elle revient comme un leitmotiv lancinant, toujours prête à saper mes certitudes les plus tenaces. Je me suis toujours demandé ce que j'aurais fait, moi, au cours de cette période sombre de notre histoire, et évidemment, je n'ai pas de réponse. C'est aussi la raison pour laquelle je reste fasciné par ces années de guerre que je n'ai pas vécues, parce qu'elles nous forcent à nous interroger sur le sens de nos engagements, à comprendre nos motivations, et à bien y penser, la trajectoire d'un destin tient parfois à si peu de choses...


Tenez, le destin de ces jeunes lycéens donne finalement une image assez exacte de ce que fut la France à cette époque, en 1940. Collabos, résistants, miliciens, pétainistes, tous ont choisi leur voie. Claude Ventura  fait le portrait d'une jeunesse emportée par le souffle de l'Histoire et s'y confrontant tragiquement. Une jeunesse combative et engagée politiquement. Une jeunesse si loin de nous et pourtant si proche. Claude Ventura réussit à distiller une émotion particulièrement vivace en exhumant de vieux souvenirs et en faisant parler lettres, journaux intimes et photos d'époque. Les photos de classe sont là pour nous faire revivre le trouble de cette époque, et nous raconter, derrière chaque visage, l'histoire d'un combat, d'un engagement, d'une vie. C'est émouvant et poignant, témoin, cette annotation cinglante, figurant dans un des bulletins scolaires d'un jeune lycéen : on peut y lire, juste à côté des notes et des moyennes correspondant aux différentes matières, dans une petite case réservée aux observations, cette remarque, laconique et glaçante, de l'un de ses professeurs : fusillé par les Allemands.


Ainsi va la vie à cette époque, et curieusement, le destin prend souvent une tournure tragique. Comme celui de Karl Schönhaar, fils d'un député allemand assassiné en 1934 par la Gestapo. Ce jeune Allemand, fuyant son pays, s'engage dans la Résistance française, et sera fusillé à 17 ans, le 17 avril 1942, au Mont Valérien, pour avoir tenté de poser une bombe à la salle Wagram à Paris, où se tenait une exposition antibolchévique.


Et puis, il y a cette amitié improbable, presque impensable, entre Pierre Vignolet, résistant chez les Partisans (FTP) et Jacques Frantz, enrôlé dans la Waffen SS pour combattre le Bolchevisme, et qui finit dans la Division Charlemagne, arpentant les ruines de Berlin en avril 1945, n'ayant plus d'autre choix que de défendre un bunker aux abois. 


Deux combats que tout oppose pour une amitié indéfectible. 

Non, décidément, rien n'était vraiment simple à cette époque. 



Bonus : 



- Les garçons de Rollin : un lycée sous l'Occupation. (Mémoires vives - Flac - 24mn) La Fondation pour la Mémoire de la Shoah.


- Claude Ventura, un cinéaste à la télévision. Portrait du cinéaste en 5 parties. Sa vie, son œuvre. (France Culture- Flac - 2h 23mn) 


- Claude Ventura. (France Culture - Flac - 17 mn)


- Les garçons de Rollin. Fiche technique.  (PDF - 7p)


- Préface de Vercors et préambule de Pierre Favre, extraits de Jacques Decour, l'oublié des Lettres françaises (1910-1942) de Pierre Favre. Éditions Léo Scheer. 2002.  (PDF- 7p)






- Postface de Pierre Favre ( les combats d'un germaniste éclairé), extrait de La Faune de la collaboration (Articles 1932-1942). Édition La Thébaïde. 2012. Textes réunis et présentés par Pierre Favre et Emmanuel Bluteau. (PDF - 3p)







-  Publié dans la Revue Italienne d'Études Françaises : Jacques Decour, le visage oublié de la Résistance, de Gracia Tamburini. ( PDF - 11 pages) 



- Le réalisateur et documentariste Claude Ventura. (France Inter- Flac - 52mn) C'est l'occasion de découvrir un peu mieux Claude Ventura, cinéaste et auteur de nombreux documentaires. Il nous parle ici de la façon dont il a conçu les Garçons de Rollin, un documentaire à l'origine duquel on trouve le livre écrit par le journaliste Bertrand Marot, la Guerre des cancres. Un lycée au cœur de la Résistance. (1) Cet ouvrage, écrit par un ancien surveillant du lycée, grâce à un immense travail d'archives, restitue l'histoire tumultueuse du Lycée Jean Rollin dans le Paris occupé. En tombant par hasard, dans les combles du lycée, sur une pile de vieux cartons rempli d'archives et de vieux cahiers,  Bertrand Matot fait surgir du passé l'enchevêtrement des destins, brisés par la guerre et l'Occupation, et montre comment le Lycée Jean Rollin fut le siège d'une émulation politique et intellectuelle, le carrefour sur lequel s'est cristallisée pendant l'Occupation, une électrique et bouillonnante activité politique.

C'est aussi, et surtout, un hommage aux héros oubliés de la Résistance, qui ont fait la renommée du Lycée Jean Rollin, véritable école de la Résistance. Le lycée fut rebaptisé Jacques Decour, à la Libération, en 1944, en hommage à l'écrivain et résistant, Daniel  Decourdemanche, fusillé par les Nazis le 30 mai 1942 au Mont Valérien.

Cet illustre professeur d'allemand, qui publiait sous le pseudo de Jacques Decour, en hommage à ami trop tôt disparu, (2) fut un éternel amoureux et un ardent défenseur de la culture allemande. Il n'aura de cesse d'en louer la richesse et la grandeur. Il est vrai qu'à cette époque, être patriote et aimer l'Allemagne, avaient de quoi en rebuter certains. À cet égard, Louis Aragon avait trouvé les mots justes en affirmant avec conviction, à propos de Jacques Decour, que "peu de Français connaissaient mieux que lui l'Allemagne ; aucun Français n'aimait mieux que lui la France." (3)

Envoyé pour six mois en Allemagne en 1931, en tant que "professeur d'échange", il met à profit son séjour pour écrire Philisterburg. Une sorte de journal intime, fait d'observations et de réflexions personnelles, qui l'amènent à constater comment une part de plus en plus importante de la société allemande est séduite par l'idéologie nazie. Il y dresse le tableau d'une jeunesse allemande entièrement sous le charme de Hitler et de son idéologie nationale-socialiste. En observateur de la vie, il affûte son regard, dénonce la peste du nationalisme et l'évolution d'une société de plus en plus séduite par l'obsession sécuritaire et l'avènement d'un chef à poigne. Avec lucidité, il dénonce la bête nazie tapie dans la personnalité de Hitler, et décortique, pour mieux les cerner, les mécanismes politiques qui ont conduit au succès de ses idées.  "Hitler ?(...) C'est le monstre, la brute, l'histrion génial. La Terreur. Quand voudra-t-on le comprendre ? Hitler est le fils du Traité de Versailles." (4)


Très tôt, Jacques Decour s'interroge et pose la question de l'engagement de l'écrivain : "un écrivain a-t-il le droit de rester indifférent aux problèmes de l'époque ? (5) À l'évidence non. 


"Je suis de ceux qui croient que les opinions engagent" écrit-il encore dans Philisterburg. (6) 

J. Decour, en Allemagne en 1931.
La question de l'engagement politique et intellectuel de    l'écrivain dessine le cœur de ses  exigences. 
Écrire ou vivre, tel est le  dilemme auquel le plus jeune agrégé de France se trouve  confronté. Mais très vite,  Jacques Decour fait son choix, et après avoir signé deux romans, Le Sage et le Caporal (1930) et les Pères (1936), ainsi que quelques nouvelles, il met prématurément un terme à ses ambitions littéraires, en prenant le parti de la vie, plutôt que celui de l'écriture. Enfant de la bourgeoisie, Jacques Decour cède à l'appel révolutionnaire en 1936 et devient militant communiste, juste après l'avènement du Front populaire. Dans la revue Europe, il signe un plaidoyer naïf, mais sincère, pour le communisme et ses valeurs. Il y affirme sa foi dans une société communiste, régie dans ses fondements par le progrès social, une société qui intègre et permet l'épanouissement et l'émancipation de l'individu. 

"L'homme nouveau ne doit pas agir de telle façon parce que c'est bien, ou bien parce que c'est bien vu, mais parce qu'en agissant de la sorte il marche vers la réalisation de lui-même, tout en travaillant pour les autres hommes, ses frères, ses camarades."  (7)


En novembre 1936, il intègre une cellule communiste dans la ville de Tours. Son statut d'intellectuel tranche singulièrement avec les ouvriers et les cheminots qu'il côtoie. Il écrit dans le journal La Voix du peuple de Touraine une série d'articles à la fois littéraire et politique, où se profile la nécessité d'une nouvelle société, fruit de tous ses espoirs. ll prend ses fonctions de professeur d'allemand au Lycée Rollin en 1937. 

Sans doute en 1936,  après la publication de 
son roman Les Pères.

En novembre 1938, il devient rédacteur en chef de Commune, revue à la fois militante et culturelle, dans laquelle Jacques Decour n'hésite pas à rendre hommage à la tradition humaniste allemande, ouvertement bafouée par les persécutions antisémites, remplacée par le mythe de la pureté de la race aryenne. Il fait l'éloge de l'humanisme allemand, fer de lance de la civilisation européenne, et pose cette question insoluble : comment imaginer cette civilisation sans l'Allemagne ? À la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans le numéro de juin 1939 de Commune, Jacques Decour, en germaniste convaincu, fait l'éloge du poète allemand Heinrich Heine.

Heinrich Heine, dont le nom fut banni par les nazis parce qu'il était juif, écrivait de façon prémonitoire en 1820 :"Là où on brûle les livres, on finit par brûler des hommes." (8) 


Pendant la guerre, Jacques Decour entre en résistance par la publication de revues clandestines. L'Université libre, qu'il crée en novembre 1940 avec le physicien Jacques Solomon et le philosophe Georges Politzer, se veut le porte-parole du corps enseignant parisien qui refuse de se plier au diktat de l'Occupant et s'élève dans le même temps, contre les mesures vichyssoises antijuives. Elle prône une université libre et indépendante, dénonce l'asservissement du gouvernement de Vichy aux ordres de l'Occupant, et s'indigne contre la mise au pas de la culture française.


La Pensée Libre naît, elle, le 1er février 1941. Emmenée par le même trio, elle s'impose d'emblée comme un organe de combat contre l'idéologie vichyssoise et hitlérienne. Leurs auteurs font acte de patriotisme en célébrant la culture française et en dénonçant, en étrillant, les intellectuels coupables de servir les intérêts de l'Occupant et de chanter les louanges de la Révolution nationale. La faune de la collaboration et les écrivains en chemise brune, pour reprendre justement l'un des titres des articles écrits par Jacques Decour, y sont implacablement et ouvertement dénoncés. (9) Les mots deviennent ainsi des armes de combat, affûtés comme des lames tranchantes, et sont autant de flèches assassines décochées contre les partisans de la collaboration. 




Avec Jean Paulhan, son ami éditeur et confident, Jacques Decour fonde, à la fin de l'année 1941, les Lettres Françaises dans lesquelles figure le texte fondateur du Comité national des écrivains, le "Manifeste du Front national des écrivains". Manifeste politique qui vise, par le combat et la lutte, à sauver l'honneur des Lettres Françaises. Malheureusement, Jacques Decour ne verra jamais sortir le premier numéro de son vivant, car le 17 février 1942, il est arrêté par des agents des Brigades spéciales, chargées de débusquer et d'arrêter toute organisation opposée au régime de Vichy. Il reste près de 70 jours dans la Prison de la Santé, entre les mains de la Gestapo, avant de connaître son sort et d'être condamné à mort par le Tribunal militaire du général commandant du Grand Paris.


Mort pour la France et la liberté, Daniel Decourdemanche écrit le 30 mai 1942 une dernière lettre émouvante à ses parents, au matin de son exécution. Les lettres d'adieu des fusillés possèdent une force poignante qui me bouleverse. Les derniers instants d'une vie prennent corps dans un ultime cri du cœur. Pierre Favre a infiniment raison d'écrire que ces lettres "gardent la marque d'une signature indélébile, unique expression d'un corps souvent supplicié, d'une âme écorchée vif. Œuvres épistolaires, elles ont la brièveté et le dépouillement de la nouvelle. Terrible nouvelle d'ailleurs que celle qu'elles apportent. Mots communs pour exprimer les émotions les plus fortes, phrases simples pour affirmer les plus fermes résolutions, elles disent tout : l'essentiel comme le dérisoire, la vérité ou le secret. Et le dernier petit moment de vie." (10)


En février 1942, juste avant
son arrestation.

Quand je lis cette dernière lettre écrite par Jacques Decour à ses parents, je suis touché par sa modestie et son courage. Elle révèle les qualités d'un homme qui affronte son destin avec le sens du devoir accompli et la conviction de n'être pas mort pour rien. Cette lettre a des élans panthéistes vertigineux, magnifiés par cette phrase bouleversante, qui me laisse sans voix :

"je me considère un peu comme une feuille qui tombe de l'arbre pour faire du terreau."(11)





Quelle sérénité face à la mort qui l'attend. 


"Je ne pense pas que ma mort soit une catastrophe ; songez qu'en ce moment des milliers de soldats de tous les pays meurent chaque jour, entraînés dans un grand vent qui m'emporte aussi. " (12)


Une mort anonyme comme il y en a eu tant d'autres dans cette guerre effroyable. Une banale exécution, tant il est vrai que Jacques Decour n'a été, comme l'a si bien écrit Pierre Favre, " qu'un mort parmi d'autres, exécuté un matin de mai dans une trop longue suite d'aubes sanglantes." (13) 



Kermite.












Notes : 

- (1) Bertrand Matot : La Guerre des cancres. Un lycée au cœur de la Résistance. Éditions Perrin. 2010. Un livre que je recommande chaudement et qui révèle au grand jour, comme l'écrit si bien Patrick Modiano dans sa préface, "l'atmosphère trouble du Paris de l'Occupation."
- (2) En hommage à Jacques Prévotière, mort très jeune et ami d'adolescence avec lequel Jacques Decour partagea une intense correspondance et une passion pour la littérature. 
- (3) Cité par Pierre Favre dans Jacques Decour, l'oublié des Lettres françaises (1910-1942) de Pierre Favre. Éditions Léo Scheer. 2002. P. 74.  Un livre d'une exubérante érudition, richement documenté, où Pierre Favre s'emploie à réhabiliter Jacques Decour, trop longtemps oublié, et à lui restituer la place qu'il mérite dans la grande constellation des Lettres Françaises. 
- (4) Philisterburg. Les Éditeurs Français Réunis.1974. Page 150.
- (5) Ibid., p. 144.
- (6) Ibid., p. 146.
- (7) La petite maison de campagne. Publié dans la revue Europe le 15 décembre 1936. 
- (8) Cité par Pierre Favre, op. cit., p. 147.
- (9) La Faune de la collaboration (Articles 1932-1942) de Jacques Decour. Édition La Thébaïde. 2012. Textes réunis et présentés par Pierre Favre et Emmanuel Bluteau. Page 131. On trouvera notamment les articles que Jacques Decour a écrit dans le journal La voix du peuple de Touraine, ainsi que dans les revues Europe, Commune, l'Université libre, la Pensée Libre et les Lettres Françaises. Y figurent aussi quelques textes sur son séjour en Allemagne en 1931, dont Philisterburg, mais pas dans son intégralité. Le tout assorti des précieuses annotations de Pierre Favre et Emmanuel Bluteau.
- (10) Pierre Favre, op. cit., p.251
- (11) Ibid., p. 321. 
- (12) Ibid.
- (13) Pierre Favre, op. cit., p. 247.





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