samedi 25 avril 2026

Slow West - 2015, John Maclean





Synopsis :  En 1870, Jay Cavendish, jeune adolescent aristocrate tente de retrouver celle qui fait battre son cœur à travers l'Ouest américain...


J'ai eu un coup de cœur pour ce western savoureux et personnel du jeune réalisateur écossais John Maclean. On pourrait même parler de cinéma d'auteur tant la vision qu'il propose s'éloigne ostensiblement des canons du western classique. Un style personnel qui s'affirme dès le début, quand le jeune héros s'engouffre dans une forêt qui, peu à peu, semble étrangement changer d'apparence. Une scène anodine qui distille une atmosphère irréelle et onirique, et laisse entrevoir les prémices d'un conte moderne sortant résolument des sentiers balisés.

Les risques pris par John Maclean pour avoir osé faire de son jeune héros la figure archétypale du romantique, telle qu'elle apparaissait au 19e siècle, ont fini par payer. Car Jay Cavendish est un véritable pied de nez à cette Amérique sauvage et violente. Ce jeune aristocrate, au cœur noble et au romantisme fou, est la force motrice par laquelle le film prend tout son sens. C'est justement de la confrontation de son idéal, de son inexpérience avec la réalité souvent brutale et âpre, comme autant d'épreuves initiatiques, que naît la trame de ce singulier périple.

Mais pour apprécier cette balade langoureuse à cheval à travers l'Ouest américain, une balade inévitablement parsemée d'éclairs de violence, il faut se laisser aller à son rythme volontairement lent, goûter pleinement à ses élans contemplatifs ; il faut, aussi, s'imprégner d'une nature imprévisible et accepter l'hostilité inhérente au genre humain. La violence y est crue, tranchante, sans fard, explose quand on s'y attend le moins. Les cadavres jalonnent les routes de cet Ouest sauvage, dominé par des chasseurs de primes sans pitié, assoiffés de sang et de meurtres, prêts à tuer père, mère et enfants, pour quelques malheureux dollars. John Maclean sait parfaitement user des codes du western traditionnel pour montrer crûment cette violence, mais loin d'en faire l'apologie, il en dénonce au contraire l'absurdité.
Et voilà qu'au terme de cette chevauchée initiatique à travers l'Ouest américain surgit un optimisme salvateur, inespéré, où la survie laisse enfin la place à la vie elle-même, comme l'avènement soudain d'une quiétude providentielle. La promesse d'un avenir meilleur.

Kermite.

Liens :  https://1fichier.com/?41kgwx3hue7qqi0n7g13

Deux versions proposées : 

-Blu-ray Remux (VOSTFR)

-HDTV (VF+VO)