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dimanche 3 octobre 2021

Le Voyage cosmique - Vassili Jouravlev 1936 Muet St fr

 



Synopsis :  Nous sommes en 1946, à Moscou, quand un vieux savant, son assistante et un tout jeune passager intrépide, s'apprêtent à décoller à bord d'une fusée géante. Destination... Lune !





Réputé pour ses décors futuristes et sa vision plutôt réaliste pour l'époque des voyages spatiaux, le Voyage cosmique, réalisé en 1935 par Vassili Jouravlev avait de quoi satisfaire pleinement  l’amateur de SF et de Space Opera que je suis. Autant dire que j'avais hâte de voir l'un des fleurons du cinéma d’anticipation soviétique. Imaginez un peu ma déception quand je découvris que le film était flanqué d'une bande son franchement horripilante et détestable, qui m'a écœuré et coupé toute envie de le voir ! En fait, pour être tout à fait juste, j'ai trouvé trois bandes sonores... Toutes horribles ! 
Celle pour laquelle j'aurai peut-être le plus d'indulgence est la plus ancienne : un patchwork de musique classique, (Liszt, Beethoven) dont la sonorité, affreusement grésillante et crépitante, pourrait laisser croire qu'il provient d'un très vieux gramophone ! Les 78 tours ont leur charme, mais l’écoute est ici rédhibitoire ! 
À côté de cet enregistrement d'un autre âge, figure une musique résolument plus moderne, trop moderne, signée par un groupe de rock russe au nom peu ragoûtant de Mumiy Troll. Si le but était de satisfaire un large public, autant dire que l'objectif est raté, tant cette musique, composée de solos de guitare électrique insupportables, est une atrocité ! Je me demande vraiment comment ce film muet prestigieux a pu être affublé d'une musique aussi indigeste ? Quel gâchis ! Quel est l'intérêt d'éditer un film dans des conditions aussi médiocres ? Faire définitivement fuir un public déjà peu nombreux ? C'est réussi ! 
Pas au bout de mes surprises, j'ai découvert un troisième accompagnement musical, composé par Vetrophonia, et autant dire que celui-ci a fini par achever mon optimisme naturel… Ce duo musical, originaire de Saint-Pétersbourg, produit une musique avant-gardiste, expérimentale, ou rétro-futuriste, d'une abyssale monotonie et totalement inexpressive. Un gloubi-boulga électro-synthétique neurasthénique épouvantable ! Juste bon pour vous endormir !! 
Je m'étais donc résolu à jeter l'éponge, à me faire à l'idée que je ne verrai pas ce film, quand, à force de fouiner sur la Toile, un petit miracle s'est produit. Eureka ! J'ai fini par trouver la perle rare, car le film était aussi sorti dans la prestigieuse Edition Filmmuseum ! Cette édition m'avait jusque-là échappé ! Enfin une version qui fait mon bonheur !! La copie, pour ne rien gâcher, est de meilleure qualité, présentée, qui plus est, dans une version plus longue (1h19mn contre 1h05) et elle dispose, enfin, alléluia ! d'une bande son conforme à ce que l'on peut attendre d'un accompagnement musical pour film muet. C'est une partition orchestrale de Neil Brand, musicien spécialisé justement dans l'accompagnement musical des films muets. Une valeur sûre.
Je dois préciser que le DVD est en VO, c'est-à-dire avec des cartons en russe, sous-titrés en anglais et en allemand. Restait à trouver les sous-titres en français. Je les ai trouvés sur le site de muadidib-sc-fi, résolument tourné vers l'univers bariolé de la SF, et joyeusement animé par une armée de cinéphiles passionnés, partageant des films introuvables, jamais édités. Leur originalité tient dans leur volonté de créer eux-mêmes les sous-titres français, pour des films qui n'en disposent pour l'heure aucuns. (merci au passage à Bunkerghost pour les sous-titres !) Mais je n'étais pas au bout de mes peines, car, après moult essais infructueux, un constat malheureusement s'imposait : impossible de synchroniser les sous-titres ! Sans doute qu'ils étaient adaptés pour la version courte, et non pour la version longue. La poisse !
Je me suis donc imposé la synchronisation manuellement, guidé par ma patience. Sous-titre après sous-titre, j'ai réussi à en venir à bout, grâce notamment aux sous-titres anglais qui figuraient, eux, sur le DVD et sur lesquels je me suis calé. Ils m'ont heureusement facilité la tâche. Sinon, impossible de mener à bien le travail, étant donné ma connaissance de la langue russe... J’ai bien sûr opéré quelques modifications et un brin de toilettage : les coquilles ont été nettoyées et les imperfections gommées. (fâcheuse tendance à oublier les accents sur les e)
Résultat : un beau fichier de sous-titres flambant neuf, parfaitement synchronisé, qui m'a permis de regarder enfin ce film étonnant et naïf, dont la réussite repose en grande partie sur les compétences scientifiques, le savoir-faire et l'imaginaire de l'un des pères de l'astronautique et des fusées modernes : Constantin Edouardovitch Tsiolkovski.







Né en 1857 d'un père issu de la noblesse polonaise et d'une mère d'origine Tatare, Constantin Tsiolkovski n'a pas eu une enfance facile. Conséquence de la scarlatine contractée à l'âge de neuf ans, il fut atteint d'une surdité partielle, à la suite de laquelle il changea radicalement de comportement. Son handicap l'amena à se considérer comme un paria de la société. Du fait de son asociabilité, il fut expulsé de l'école à 14 ans. Il commença alors une vie d'autodidacte et développa très tôt des aptitudes pour les inventions, parmi lesquelles le cornet acoustique occupe une place de choix. Il se fera même construire une soufflerie à ses frais, premier laboratoire d'aérodynamique de Russie. 
Il se mit à étudier des journées entières, comme un forcené, les mathématiques, dans une bibliothèque de Moscou, où il y fit une rencontre capitale, celle du philosophe Nikolaï Fiodorov, dont le cosmisme et les convictions religieuses eurent sur le savant russe une influence déterminante. 


Dans l'Exploration de l'espace cosmique au moyen d'engins à réaction, Tsiolkovski a formulé, au début du 20e siècle, les principes fondamentaux qui permettent d'envoyer correctement une fusée dans l'espace, grâce notamment à l'équation énonçant les lois du mouvement d'un astronef. C'est le fonctionnement même d'une fusée qui est  ainsi mathématiquement décrit. 
Ses travaux ne reçurent aucune reconnaissance, sous la Russie Tsariste, de la part de l'Académie impériale des sciences, mais trouvèrent rapidement un écho favorable auprès du régime bolchevique, une fois ce dernier mis en place. On comprend aisément à quel point les fusées pouvaient intéresser l'Armée Rouge... 
Il faut dire que l'œuvre de Tsiolkovski regorgent d'idées géniales qui ont permis de faire à la fuséologie des bonds de géant. Propulsion par réaction, utilisation d'oxygène liquide (au détriment de la poudre) du gouvernail gyroscopique, du train spatial... (1) Autant de trouvailles étonnantes, d'intuitions novatrices qui posèrent les bases scientifiques d'une astronautique moderne.
Mais au-delà de ses contributions scientifiques, Tsiolkovski était aussi un écrivain, dont la passion pour l'astrophysique s'exprima à travers des œuvres d'anticipation, partagées entre rêveries un peu folles et science mathématique. 
Car ce professeur de géométrie s'était passionné dès sa jeunesse pour les récits fantastiques et les voyages interplanétaires qui lui permettaient de mettre en scène ses idées. Il échafaudait des scénarios, des hypothèses, parfois fantaisistes et singulières qui, par une sorte de dialectique euphorisante, le stimulaient dans la conduite de ses travaux scientifiques, et l'amenaient à trouver des solutions mathématiques aux problèmes posés par son imagination. Il était intimement convaincu de l'utilité de faire découvrir ses idées au plus grand nombre, non par égoïsme ou narcissisme, mais parce qu'il était, au fond, persuadé que ses récits sur des futurs voyages cosmiques favoriseraient l'émulation intellectuelle et l'intérêt porté à cette nouvelle science qu'était l'astronautique. Et justement, le cinéma, à ce titre, pouvait grandement y contribuer !
Le 23 juillet 1935, dans la Komsomolskaïa Pravda, il écrivait : « Les récits fantastiques sur les vols interplanétaires portent les idées nouvelles dans les masses. Celui qui les écrit fait un travail utile; il aiguise l'intérêt, incite à une activité intellectuelle, gagne à ces grands desseins des partisans et des futurs réalisateurs ! »







Le Voyage cosmique est le fruit d'une collaboration difficile entre Vassili Jouravlev  et Tsiolkovski. En effet, en plus de présenter une surdité handicapante, le vieux savant, à près de 78 ans, était fortement diminué par un cancer de l'estomac, qui allait, hélas, l'emporter quelques semaines seulement avant la sortie du film sur les écrans.
Pour les besoins du scénario, Tsiolkovski expose en 1933 une ébauche de ses idées dans un carnet d'une trentaine de pages, qu'il nomme L'Album des voyages spatiaux. Ce cahier esquisse à grands traits ses idées sur les voyages interplanétaires. Par des croquis, des dessins, des annotations, il en vient à expliquer comment l'homme peut évoluer dans l'espace, et comment les effets de l'apesenteur doivent être pris en compte. La caution scientifique apportée par Tsiolkovski contribua grandement à la réussite de l'entreprise.

Il faut, bien sûr, souligner le travail fabuleux des peintres et décorateurs. Youri Shvet, Fiodor Krasne et Mïchael Tiunov ont réalisé de véritables prouesses, apportant un soin méticuleux au réalisme des décors. Je pense évidemment à la scène d'ouverture qui présente le complexe du lancement de tir, avec la ville de Moscou en arrière-plan. 

La rampe de lancement dans toute sa splendeur, avec sur la gauche le centre de recherche spatial, surmonté d'une représentation d'une fusée, et en arrière-plan, en forme de pyramide, le Palais des Soviets, construction pharaonique à la gloire de Lénine et du communisme. Les travaux avaient débuté en 1937, mais seront définitivement abandonnés après-guerre. C'est la cathédrale du Christ-Sauveur qui fut à sa place édifiée. On distingue, au fond, la ville de Moscou, en 1946.



Je pense aussi à la scène du hangar, où se trouve entreposée la fusée. Filmée dans un long travelling en stop motion, elle donne une incroyable impression de puissance et de force. 


Voilà une fusée qui en impose par son gigantisme, mais l'illusion de sa grandeur n'a été rendue possible que par la grâce et le génie des maquettistes. Car le mastodonte mesurait, en réalité, seulement 4 mètres de long... Et toutes les scènes ont été filmées en stop motion.




La fantaisie s'invite parfois à brûle-pourpoint et donne lieu à des situations délicieusement décalées. J'ai en tête cette scène un peu cocasse du vieux professeur Sedykh, s'empressant de faire sa valise (!) in extremis, juste avant de décoller pour la lune, en y jetant pêle-mêle, vêtements et vieux livres, et qui, dans la précipitation, en oublie l'essentiel : ses fameuses bottes de feutre, protection indispensable pour affronter les glaçantes -270° Celsius des nuits lunaires...! 


L'équipage, composé donc du vieux savant Sedykh, (on pense évidemment à Constantin Tsiolkovski), de son assistante, et d'un tout jeune passager intrépide, réussira l'exploit de poser la fusée sur la face cachée de la Lune ! 
Munis de leur scaphandre, et une fois délestés de leurs semelles de plomb présentes pour pallier la faible gravité lunaire, nos vaillants astronautes pourront partir gaillardement s'aventurer et découvrir le paysage rocailleux de la Lune en s'adonnant à d'irrésistibles sauts de batracien...! (2)


Les premiers pas de l'homme sur la Lune se feront avec des semelles de plomb dignes d'un équipement de scaphandrier ! La faible gravité lunaire pouvait laisser craindre que les astronautes ne s'envolent !  



Trois astronautes prêts à planter un drapeau sur la Lune, tiens, ça ne vous rappelle rien ?







Malgré son succès populaire, le film n'a pas été épargné par les critiques de l'époque, qui lui reprochaient notamment son manque de dramaturgie, le peu de psychologie, de caractères des personnages, et surtout, ce qui ne manque pas de toupet, son absence de souffle visionnaire ! Il me paraît incroyable de reprocher au film son manque d'ambition, alors que tout l'enjeu du film n'est rien de moins que l'accomplissement du plus vieux rêve de l'humanité ! Mettre en scène le premier vol sur la Lune est à mon sens la marque de la plus audacieuse ambition, et on pourra répondre à ces critiques, pour moi injustifiées, que le Voyage cosmique est justement un film précurseur dans la manière d'appréhender la conquête spatiale, dans l'idée de faire envoyer, de la façon la plus réaliste possible, des astronautes sur la Lune, mais peut-être encore davantage, dans la façon dont a été imaginé et conçu ce périlleux voyage. 


Décollage nocturne réussi pour la fusée.


Après une folle envolée, le deuxième étage de la fusée se sépare et file inexorablement  vers la Lune.


Retour du vaisseau sur Terre...en parachute,
 pile à l'endroit où la fusée décolla !
Quel timing !
 



La résolution des défis techniques a permis de poser les bases de l'astronautique, nouvelle science naissante, et les choix opérés par Tsiolkovski ont été d'une clairvoyance prémonitoire ! Ainsi, le retour sur Terre en parachute du vaisseau ou l'invention du train spatial, (1) montrent à l'évidence que Tsiolkovski maîtrisait intuitivement la conception des vols spatiaux. Je rappellerai tout de même que, à la même époque aux États-Unis, on en était resté aux aventures de Flash Gordon et Buck Rogers et qu'il a fallu attendre les années 50 pour voir fleurir des films d'anticipation aux idées particulièrement fécondes. 

Pour le réalisme socialiste, la portée symbolique d'un tel vol ne présente aucun intérêt. Aller sur la Lune sans rien y faire apparaît comme une hérésie, un non-sens politique. Il aurait fallu considérer cette entreprise hors-norme, comme l'expression d'une volonté politique, en lui attribuant des buts et des objectifs précis, prévoir de magnifiques plans quinquennaux, avec l'espoir de voir prospérer sur la Lune des industries métallurgiques, fleurir des usines de charbon. On aurait, ainsi, pu faire l'éloge de la révolution en marche, en louant, comme il se doit, les exploits stakhanovistes des astronautes ! 




Évidemment, comme il s'agit d'un film de commande réalisé en pleine ère stalinienne, les éléments idéologiques propres au communisme ne manquent pas. Les astronautes sont des "camarades" et la première fusée en route vers la Lune s'appelle Joseph Staline. La deuxième a pour nom Klim Vorochilov, décoré premier Maréchal de l'Union Soviétique par Joseph Staline. Le décor est planté...
Si la route vers les cosmos est encore longue, elle est désormais ouverte (les cosmos, dans la mesure où ce sont bien des mondes inconnus que l'homme est amené à découvrir par les voyages interplanétaires) et mise au service de l'utopie communiste.
Comment expliquer le fait surprenant, troublant, que le film sorti en 1936 soit muet ? Peut-être faut-il y voir un besoin de toucher  le plus large public possible. Sans doute, faut-il y voir aussi la volonté de faire enraciner dans l'esprit du peuple les bienfaits du progrès scientifique, de montrer que, finalement, ces escapades spatiales sont loin d'être inaccessibles, et qu'elles sont même à portée de main, puisque possiblement réalisables en 1946...  
Il s'agit donc d'exposer clairement aux masses laborieuses, la suprématie intrinsèque du socialisme. 

Pourtant, en 1936, étant donné l'état des connaissances techniques et scientifiques, il y avait peu de chances de susciter l'engouement du public pour les voyages spatiaux. Les Soviétiques avaient à l'époque d'autres priorités que de vouloir aller poser le pied sur la Lune...
Mais Tsiolkovski avait à cœur de sensibiliser le public à la conquête spatiale, de susciter le désir d'exploration, de découverte, amenant peu à peu la certitude que l'espèce humaine pourra quitter un jour la bonne vieille Terre, pour s'aventurer dans l'étendue infinie des horizons cosmiques. 
Les voyages interplanétaires sont ainsi perçus comme une finalité inéluctable et une ouverture vers une réalité inconnue. 
Justement, l'ossature et la structure du film sont bel et bien construites à partir des idées philosophiques du mathématicien et ingénieur Russe. Il s'agit de montrer comment l'humanité, par l'exploration et la conquête spatiale, peut dépasser son stade d'évolution et s'élever au-delà de sa condition. « La Terre, écrivait Konstantin Tsiolkovski il y a un siècle, est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau. » 

En définitive, le Voyage cosmique est un savoureux mélange de poésie, de naïveté et de rigueur scientifique, un mariage peu orthodoxe, de fantaisie et de pragmatisme scientifique, qui fait tout le charme de ce film d'anticipation, injustement tombé en disgrâce sous le régime soviétique, et qui mérite, à mes yeux, d'être impérativement réhabilité ! 





 Bonus : 




- Pour qui veut s'immiscer avec passion et abnégation dans les coulisses et la genèse du film de Vassili Jouravlev, je conseille vivement le site internet d'un passionné, qui lui a consacré un travail d'une ampleur impressionnante. Comment dire ? La somme d'informations est d'une richesse inouïe, avec extraits de lettres, photos, croquis, interviews, affiches, c'est monstrueusement détaillé, et d'une précision quasi-chirurgicale dans l'évocation des évènements qui ont conduit à la réalisation du film. Un fabuleux travail d'investigation qui m'a réellement impressionné. Je me suis évidemment servi, en partie, de ses précieuses informations.

Le Voyage cosmique




 - Constantin Tsiolkovski : Le chemin des étoiles. Editions en langues étrangères.1963. (PDF-508 p)
Un recueil des nouvelles fantastiques, parmi lesquelles on trouvera En Dehors de la Terre, dont le Voyage cosmique s'inspire.
La nouvelle de Tsiolkovski va bien au-delà de ce que le film propose. Car la finalité des voyages interplanétaires est bien la colonisation de l'espace, et sur ce plan, ce que propose l'ouvrage s'avère plus audacieux et visionnaire. Il envisage la mise en place d'une station orbitale autour de la Terre, capable d'utiliser l'énergie solaire. Il imagine un moyen astucieux fait de rideaux amovibles, recouverts d'une peinture blanc et noir, pour réguler la température à bord de la station. De même, pour subvenir aux besoins élémentaires des astronautes, il préconise la création d'une immense serre, où fruits et légumes poussent à profusion. Cette station spatiale sert de point d'ancrage pour l'exploration future des planètes lointaines, où l'exploitation des métaux rares susciterait l'implantation d'une véritable industrie. Parfois, ses prédictions s'avèrent un poil fantaisiste, comme ces montagnes de diamants et de rubis qu'il espérait secrètement trouver sur la Lune ! On peut toujours rêver..!.
Mais ce qui m'a peut-être le plus impressionné est la façon dont il imagine la vie des astronautes en apesenteur dans leur vaisseau spatial. Elle est d'une incroyable modernité, tant la description qu'il en donne correspond, en fait, à ce que vivent les astronautes à bord de l'ISS !  Les sorties extravéhiculaires en scaphandre, avec sas de décompression, sont décrites avec un réalisme bluffant, les astronautes étant attachés à un long câble de 1 km qui les reliait au vaisseau spatial et leur permettait de se déplacer à leur aise dans l'espace sidéral. Pour plus de sécurité, si jamais la corde cédait, leur combinaison était pourvue d'un dispositif leur permettant de se propulser et de rejoindre sans encombre le vaisseau spatial. Et dans le cas extrême où les astronautes se seraient tellement éloignés de leur vaisseau spatial qu'ils ne le verraient plus (!), il leur conseillait de prendre avec eux une...longue-vue ! Comme souvent, chez Tsiolkovski les idées scientifiques les plus sérieuses s'acoquinent sans mal avec un humour farfelu... !

-La pensée de Constantin Tsiolkovski (1857-1935). Du Cosmisme à la conquête spatiale, itinéraires d'une philosophie récupérée, de Kevin Limonier. (PDF-24p) Comment la pensée et la figure de Constantin Tsiolkovski ont été perçues depuis l'époque de la Russie Tsariste jusqu’à l’ère post-stalinienne. 

-Sur la route des étoiles, par Pierre Poix. Revue des deux mondes. Avril 2000. (PDF-8p) Un petit texte bien écrit reprend ici le thème de l'ascenseur spatial, cher à Constantin Tsiolkovski.
 
- Constantin Tsiolkovski et la conquête spatiale (PDF - 11p)



- Une critique pleine de pertinence du film, écrite par Jean-Luc Algisi : 

Critique du film par Jean-Luc Agisi



- Une liste des inventions de Tsiolkovski : 

5 inventions de Tsiolkovski
 




(1) Le train spatial est appelé ainsi pour désigner la technique permettant à une fusée de décoller, en lui imprimant l'accélération nécessaire pour s'arracher à l'attraction terrestre. La fusée est assemblée, à la façon d'un train, de plusieurs étages accolés les uns aux autres, et disposant chacun d'une chambre à combustion autonome. Après avoir brûlé tout leur carburant, ils se détachent les uns après les autres, et à mesure que la fusée s'élève, l'entraînent vers une accélération progressive, jusqu'à atteindre la vitesse de libération lui permettant de s'arracher à l'attraction terrestre.
La fusée Saturn V, qui s'envola vers la lune le 16 juillet 1969, suivait ce principe.

(2) Première nouvelle publiée par Constantin Tsiolkovski en 1893, Sur la Lune évoque déjà, sous la forme d'un rêve éveillé, les effets et les sensations qu'un homme éprouverait en marchant sur la Lune. Tsiolkovski  envisage ainsi une démarche légèrement planante qui s'explique par la faible gravité et qu'il assimile, dans son imagination, au saut du grillon ou de la grenouille...! (p14)



Bibliographie sélective : 


- Mécaniques du ciel de Tom Bullough.

- Constantin Tsiolkovski : sa vie, son œuvre, par Arkadi Kosmodemianski, Editions en langues étrangères (1957).

- Constantin E. Tsiolkovski, précurseurs des vaisseaux interplanétaires, par Philippe Bailhache, Pont Royal (1961)

Kermite.
  

Liens :  https://1fichier.com/?fb7hdaeb7rzdnbi62593

Remux DVD (720x576 - MKV, Muet, Cartons en russe, St fr, anglais, allemand) Les St fr sont à part.

Puisqu'entre-temps le Blu-ray est sorti (en Vo avec sous-titres en anglais),  je mets à disposition le Remux Bluray avec ajout et synchro des sous-titres en Fr : 

Lien : https://1fichier.com/?5phhszrjkt1zuj6kvicm

samedi 20 août 2022

Le Baron de Crac - Karel Zeman, 1961 - VOSTFR






Bien avant que l'homme ne mette effectivement les pieds sur la Lune un certain 21 juillet 1969, bien avant même qu'il ne conçoive des machines volantes ou autres vaisseaux futuristes capables d'un tel exploit, des poètes, écrivains ou philosophes ont célébré par l'imagination la réussite d'un aussi périlleux voyage. Il y a presque deux mille ans, le satiriste et écrivain grec, Lucien de Samosate imagine dans Icaroménippe un envol vers la lune à la seule force des bras. Ménippe, héros de ce savoureux dialogue philosophique, explique à son ami comment il réussit à dépasser le rêve d'Icare (1) et à voler au-dessus des nuages. L'idée est d'une simplicité naturelle. Grâce à un système de courroie, il attache une aile d'aigle sur son épaule gauche, une aile de vautour sur son épaule droite, et peut ainsi s'affranchir facilement de la pesanteur en battant des ailes !

Sous ses allures de fable poétique, Icaroménippe brosse une critique féroce des philosophies de l'Antiquité, de leur dogmatisme, et de leur prétention à vouloir donner une explication du monde.

En s'élevant vers la Lune, Ménippe ambitionne de mieux comprendre la nature des astres et d'appréhender le mystère des choses. La distance qui le sépare de la Terre lui permet de saisir le  théâtre de la vie dans toute son étendue, de poursuivre un voyage intérieur en s'adonnant à la  contemplation. Un voyage céleste qui s'inscrit dans une quête de la connaissance, et s'affirme d'emblée comme une voie vers la sagesse.

Au XVIIe siècle, l'évêque anglais Francis Godwin poursuit et perpétue la tradition des voyages imaginaires en écrivant l'Homme sur la Lune. Ce sémillant roman picaresque, publié après la mort de l'auteur en 1638, relate les fabuleuses aventures de Domingo Gonzales, aristocrate espagnol et infatigable voyageur. Après moult péripéties rocambolesques, il construit une drôle de machine volante tirée par des oies qu'il a lui-même dressées, prend son envol vers la Lune et s'y échoue.



Domingo Gonzales à bord de sa drôle de machine volante tractée par des oies. Un bien étrange ballet en route pour la Lune...



Il y fait la connaissance de ses habitants, les lunaires, géants de 20 pieds, dont l'espérance de vie est proportionnelle à leur taille, et qui s'assoupissent à la lumière du soleil  ! La Lune telle que l'imagine Francis Godwin est le reflet d'un monde utopique. On y trouve des pierres précieuses à profusion et une société idéale et rêvée, d'où les vices et crimes sont exclus. La Lune paraît nimbée d’une nuée de fantasmes. Pourtant, le roman de Francis Godwin est traversé par le souffle d'une certaine modernité scientifique et porte déjà l'Esprit de la Renaissance. Il pose pour principe acquis l'héliocentrisme du chanoine Copernic, et développe une certaine idée de l'attraction terrestre, qui trouvera chez Isaac Newton son expression mathématique dans la loi de la gravitation. (2)

Contemporain de Francis Godwin, l'écrivain français Savinien de Cyrano de Bergerac poursuit avec panache la longue tradition des voyages imaginaires, en écrivant Les États et Empires de la Lune. (3) Publiée par son ami Henry Le Bret, deux ans après sa mort en 1657, cette œuvre inclassable se démarque par l'originalité de son ton et la hardiesse de ses discours philosophiques. Le narrateur embarque dans une machine portée par des fusées à poudre, qu'il finit par quitter en cours de route, et se laissera choir sur la lune grâce à la moelle de bœuf dont il s'était au préalable induit le corps, et que la lune aspire à sucer dans son inévitable attraction.


Une cabine propulsée par des gros pétards pour conquérir la Lune. 



La lune est le lieu privilégié où s'exerce une liberté d'imagination et de penser qui n'existe pas sur Terre. Les États et Empires de la Lune est un conte philosophique où science et fiction se mêlent intrinsèquement pour célébrer le pouvoir et les puissances de l'imagination. Il met en scène une pléiade de personnages, tous animés d'une insatiable curiosité intellectuelle, discourant librement sur à peu près tous les savoirs de l'époque. 

À travers leur voix, Cyrano de Bergerac n'hésite pas à remettre en question l'autorité religieuse et les fondements métaphysiques d'une cosmologie qui peine à évoluer depuis deux millénaires.  La portée scientifique de l'œuvre y est d'autant plus vive qu'elle s'inscrit dans une époque où la Révolution Copernicienne est déjà en marche. Les Cieux sont loin d'être aussi incorruptibles que l'Église l'affirme. La Terre, (et l'Homme en conséquence), n'est plus le centre d'un Univers harmonieux, fini et bien ordonné. Johannes Kepler et Galilée vont porter le coup de grâce à l’ordre cosmique traditionnel. C'est désormais toute l'étendue des mondes infinis qui s'impose aux esprits.

En lisant certains passages des États et Empires de la Lune,  j’ai été frappé d'y trouver une vision de notre univers d'une étonnante modernité. Le narrateur y affirme ainsi  « que les planètes sont des mondes autour du Soleil, et que les étoiles fixes sont aussi des Soleils qui ont des planètes autour d'eux, c'est-à-dire, des mondes que nous ne voyons pas d'ici à cause de leur petitesse, et parce que leur lumière empruntée ne saurait venir jusqu'à nous.» (4)
Et un peu plus loin, sur la probabilité qu'il existe réellement une kyrielle de mondes que nous ne pouvons voir   : «Il faut donc croire que, comme nous voyons d'ici Saturne et Jupiter, si nous étions dans l'un ou dans l'autre, nous découvririons beaucoup de mondes que nous n'apercevons pas, et que l'univers est à l'infini construit de cette sorte.» (4)


Au final, la clef de cette œuvre, aussi originale que fantaisiste, réside peut-être dans l'affirmation que tout homme est libre d'imaginer ce qu'il voudra. Cyrano de Bergerac s'y affirme comme un authentique libre-penseur en combattant toute forme de dogmatisme. Mais il ne cherche pas à supplanter la doxa officielle par ses propres théories, érigées comme des vérités intangibles. Ce qu'il nous propose est un questionnement sans fin, prompt à remettre en cause toutes nos certitudes et à nourrir et raviver inlassablement notre esprit critique.

                                                           &           &

                                                                   &                                                    


Si écrivains et philosophes ont perpétré, par leur imagination, la tradition des voyages lunaires, elle a aussi fasciné et inspiré les cinéastes qui en ont fait leur sujet de prédilection. Parmi eux, Karel Zeman tient dans mon cœur une place de choix, parce qu'il est probablement celui qui rend le plus bel et juste hommage à tous ces rêveurs de l'espace qui ont déployé tant de fantaisie, d'humour et de poésie pour concevoir et imaginer un voyage vers la Lune. Quoi de plus naturel alors que de convoquer Cyrano de Bergerac et le Baron de Münchhausen, qui en sont les plus dignes représentants, et de les réunir dans un film qui fait la part belle à l'imagination et à la rêverie ? C'est ce à quoi s’est dévoué Karel Zeman dans Baron Prášil, sorti en France sous le titre Le Baron de Crac. (5)

Le Baron de Crac est en effet une adaptation pleine de fantaisie du roman de Gottfried August Bürger. Karel Zeman s'en est donné à cœur joie avec un personnage aussi pittoresque et bigarré. Il y a mis toute sa verve, son inspiration et son savoir-faire, rendant la panoplie de ses savoureux trucages encore plus inventive et originale. Tout est bon pour faire illusion et entraîner le spectateur dans de délicieux trompe-l'œil.

Il faut dire que Karel Zeman est alors au sommet de son art quand il réalise en 1961 Baron Prášil . Celui qui fut le plus célèbre représentant de l'école tchèque d'animation fait preuve ici d'une imagination et d'une maîtrise formelle stupéfiantes. L'univers bariolé du cinéaste atteint un degré de perfection qu'il ne retrouvera jamais plus par la suite. Dans Le Baron de Crac, l'art du trucage est mis au service d'un traitement expérimental de la couleur. La variété et le velouté des tons utilisés, tels des épices, donnent toute la saveur au film et sont comme un clin d'œil au cinéma de Georges Méliès et à l'époque pionnière des effets spéciaux, où l’on prenait le temps de colorier la pellicule à la main, image par image. Toute la flamboyance du cinéma dans son essence même. 


Rencontre insolite et surréaliste sur la Lune. Un tableau pittoresque en forme de clin d'œil à Jules Verne et son roman, De la Terre à la Lune. 



Mais ce qui est admirable chez Karel Zeman, ce sont les émotions qu'il est capable de provoquer avec ses trucages. Car l'émotion ne naît pas de la profondeur psychologique des personnages, mais de l'image elle-même tout entière et des richesses esthétiques employées afin de créer des tableaux picturaux d'une étrange et féérique beauté.

La magie de Karel Zeman suit le postulat que la fantaisie d'une histoire, d'un scénario, exige un traitement cinématographique tout aussi fantaisiste. « La fantaisie de l'histoire exige aussi la fantaisie de l'image. » (6) Toute la prouesse de Karel Zeman sera de faire évoluer de vrais acteurs dans un univers irréel et insolite, et de faire astucieusement accepter au spectateur l'invraisemblable : si tout est irréel, alors tout est possible.

Karel Zeman convie Jules Verne, Cyrano de Bergerac et le Baron de Münchhausen dans un récit haut en couleurs, riche en péripéties. L'utilisation d'une voix off ne doit pas masquer le fait que la structure du film renvoie aux premiers âges du cinéma muet. Très peu de dialogues. Les acteurs, fleurons de la scène théâtrale tchèque, trouvent un terrain de jeu proche de la pantomime et du ballet. 



L'humour cartoonesque dans sa désopilante expression. 


Pour accentuer la dimension comique propre au Baron de Münchhausen, les gags abondent, l'humour le dispute au dérisoire, et parfois le ton se fait plus satirique. Le film prend alors l'allure d'un pamphlet antimilitariste.

Le Baron de Crac concrétise le style de Karel ZEMAN dans toute sa splendeur. C'est une œuvre maîtresse qui échafaude un nouveau langage cinématographique et se présente, dans sa magnificence, comme l'incarnation d'un rêve éveillé.



Édité chez Criterion, le film bénéficie d'une nouvelle et superbe restauration 4K. La meilleure. L'image est exceptionnelle, incroyablement nette, limpide et détaillée, et les couleurs sont justes splendides.

Source : Blu-ray US - Édition 2020 Édition Criterion

Les sous-titres en français sont issus du DVD le Baron de Crac édité chez Malavida Films.

(1) Le mythe d'Icare rapporté par Ovide, peut-être vu comme le premier mythe de la conquête du ciel. Dédale et son fils Icare sont prisonniers du roi de Crète, Minos. En s'appuyant sur l'observation des oiseaux, Dédale confectionne des ailes en cire avec lesquelles ils vont s'évader. Mais grisé par le vol et se rapprochant toujours plus du soleil, Icare verra ses ailes fondre, et chutera mortellement dans la mer qui prendra son nom.


(2) On imagine mal aujourd'hui les efforts déployés par Nicolas Copernic pour mettre un terme à deux millénaires de tradition géocentrique. Il est évident que l’héliocentrisme n’allait nullement de soi au 16e siècle. Ce à quoi s’oppose Copernic, c’est avant tout au bon sens avec lequel on acceptait l’évidence de l’immobilité de la Terre et du mouvement des Cieux. L’expérience commune nous apprenait sans conteste que la Terre ne bougeait pas, puisque physiquement, nous ne ressentions pas l’impression d’être en mouvement. Ce sens commun sur lequel se fonde toute la physique aristotélicienne est accrédité et corroboré par les Écritures Saintes, où il est dit que Dieu, pour favoriser la victoire de Josué, retint un jour entier le soleil au milieu du ciel. Remettre en cause le géocentrisme revenait à remettre en question tout un ensemble de traditions qui dépassaient de très loin le strict cadre de l’astronomie. Avec Copernic, c’est tout un monde qui s’écroule, avec toutes les implications religieuses, morales et cosmologiques qu’un tel changement de paradigme implique. L’immutabilité des Cieux et la perfection supraterrestre des astres disparaissent et cèdent leur place à un monde décentralisé et déroutant, où le « bas » et le « haut » ne sont plus absolus, où la Terre, subitement projetée dans les Cieux, obtient le même statut que celui des autres planètes. Les conséquences religieuses de l'héliocentrisme bouleversent entièrement la hiérarchie des Cieux du cosmos médiéval et antique : la région “supra-céleste” domaine de Dieu, n’existe plus, de même que l'Enfer, et avec lui, ses royaumes infernaux et ses cortèges de Damnés. Copernic a bel et bien, sapé l'ordre cosmique traditionnel dans ses fondations et lui a substitué une nouvelle structure hiérarchique dans laquelle le Soleil occupe une place centrale. Curieusement, si l’Univers de Copernic est héliocentrique, son astronomie ne l’est aucunement. Les mouvements planétaires ne se rapportant pas au Soleil, mais au centre de l’orbe terrestre. C’est à l’astronome Johannes Kepler, auteur des lois des mouvements planétaires, que reviendra la tâche de faire de l'héliocentrisme copernicien, non plus un simple principe d'ordre, mais un principe explicatif et physique.

Pour ceux que la Révolution copernicienne intéresserait, je conseille les travaux monumentaux d'Alexandre Koyré qui se consacra, en archéologue, à l'évolution de la pensée scientifique. Un livre indispensable, pointu, mais très accessible : Du monde clos à l'univers infini. Édition Gallimard. 1988.



(3) La publication des États et Empires de la Lune constitue un véritable casse-tête pour les critiques littéraires et historiens, du fait qu'il en existe actuellement quatre versions, dont trois manuscrites et une imprimée datant de 1657, laissant apparaître des différences et variantes qui interpellent. Ainsi, l'édition posthume de 1657 présente des modifications qui laissent penser qu'elle a été vraisemblablement modifiée et censurée par son ami Henry Le Bret qui, en tant qu'éditeur, ne voulait pas d'une œuvre trop compromettante, et l'a expurgée de certains passages jugés trop audacieux. Ce premier roman sera suivi d'une suite, (considérée par beaucoup comme telle) restée inachevée et parue sous le titre, Les États et Empires du Soleil. Les deux romans sont d'ailleurs souvent publiés ensemble, sous le titre de L'Autre Monde ou Histoire Comique des États et Empires de la Lune et du Soleil.

Pour les débats liés autour de la publication des États et Empires de la Lune, voir la controverse qui oppose Madeleine Alcover à Jacques Prévot.

https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/5079#ftn5

(4)Les États et Empires de la Lune. Les Éditions de Londres.2014. Page 23.

(5) Le Baron de Crac, issu des traditions gasconnes, est une déclinaison française des aventures du Baron De Münchhausen. Les célèbres exploits allemands du Baron de Münchhausen, qui furent traduits au XVIIIe siècle en France par Saint Hilaire le Gai, se heurtèrent bien vite aux traditions des Gasconnades. Au théâtre, celles-ci mettaient en scène des personnages comiques, hâbleurs et vantards à souhait, contant leurs exploits imaginaires avec la gouaille qu'on leur connaît. Ainsi, le Baron de Münchhausen fut rapidement mis à la sauce gasconne et prit le titre de Baron de Crac. Le nom lui-même est une gasconnade (dans le Sud-Ouest de la France, beaucoup de noms se terminent en -ac) et la principale activité de ce Baron joyeusement fanfaron est de raconter des cracks. Le Baron de Crac éclipsa le Baron de Münchhausen et s'imposa en France jusqu'à la moitié du XXe siècle.


(6) Revue Image et Son, n°194. Mai 1966.



Bonus : 

Dommage que les bonus figurant dans le DVD édité chez Malavida Films soient aussi courts, car ils sont passionnants. On y trouvera pêle-mêle des témoignages de Karel Zeman et de sa fille, ainsi qu'une apparition furtive de l'acteur tchèque, Milos Kopecky.



Vidéos : 


- Film Adventurer Karel Zeman est un documentaire sur Karel Zeman en VO uniquement. (Tchèque sous-titré en anglais)  (Remux Blu-Ray - Mkv - 102 mn)

- Pourquoi Karel Zeman a-t-il tourné ce film ? (Remux DVD - Mkv - VOSTFR - 4mn)

- Les acteurs. (Remux DVD - Mkv - VOSTFR - 3mn)

- Effets Spéciaux (Remux Blu-Ray - Mkv - 4mn)

- Karel Zeman la légende continue. (Remux DVD - Mkv - VOSTFR - 3mn) 

- Echoes of colors (Remux DVD - Mkv -  5mn) Un petit montage réalisé à partir d'images du film sur une musique du quatuor de clarinettes tchèque, Clarinet factory.



Audio : 


-Karel Zeman, le Méliès Tchèque. Extrait de Radio Prague International. (MP3 - 12mn)

-Retour sur l'œuvre de Cyrano de Bergerac.(France Culture - Flac - 29mn)


Revues  : 



-Cinéma 66, n°106.Mai 1966. Le Baron de Crac. Critique de Pierre Philippe. (PDF - 2p)





-Image et Son, n°194.Mai 1966. Karel Zeman s'explique (trop) brièvement sur  l'esthétisme de ses films. (PDF - Extraits - 6p)




-Midi Minuit Fantastique n°15-16. Décembre 1966. Les entretiens avec Karel Zeman ne sont pas légion, et c'est un plaisir de pouvoir lire cette interview dans laquelle il parle de lui et de son travail de cinéaste. Il nous explique, ici, sa façon de faire des films, en dévoilant, au passage, quelques-uns de ses trucages, et nous expose, plus généralement, sa conception artisanale du cinéma. C'est une interview donnée en 1966 à Bruxelles, au bar de l'Arenberg, dans une ambiance chaleureuse, bousculée par la présence d'un inopportun qui s'invite à la discussion au culot ! (PDF - Extraits - 8p)









- Positif. 77-78. Juillet 1966. (PDF - Extraits - 2p)







- L'Écran Fantastique n°281. Novembre 2007. Karel Zeman magicien de l'image. (PDF - Extraits - 3p) 




- Positif n°647. Janvier 2015.





- Jeune Cinéma n°3-4. Décembre 1964. (PDF - Extraits - 4p)



- Le Baron de Crac par Jean-Gaspard Palenicek (PDF -6p)



Sur Cyrano de Bergerac, quelques articles riches en enseignements. 

-Cyrano de Bergerac, entre science et fiction, par Claudine Nédelec. Extrait de L'Information Littéraire.2005.Vol 57. (PDF - 9p)

-Cyrano de Bergerac, ou l'homme qui avait la tête dans les étoiles, par Jacques Prévot. Extrait de la revue  Littératures classiques.1991.(PDF - 18p)

-Raison et invention dans Les États et Empires de la Lune et  du Soleil : du discours scientifique au discours littéraire, par Maria Susana Seguin. Extrait de la revue  Littératures classiques.2004. Supple.53. (PDF -14p)

-Machines volantes, machines du monde et machination romanesque dans  Les États et Empires de la Lune et  du Soleil, par Sylvie Requemora. Extrait de la revue  Littératures classiques.2004. Supple.53. (PDF -17p)




Livres : 


- Lucien de Samosate. Icaroménippe, ou le voyage au-dessus des nuages. Extrait des œuvres complètes. Tome 2. Éditions Hachette.1912. Annoté et traduit par Eugène Talbot. (PDF - 18p) Pour faire mieux connaissance avec Lucien de Samosate, j'ai rajouté l'introduction écrite par Eugène Talbot et extraite du Tome 1. (PDF - 22p)


- Francis Godwin : l'Homme dans la Lune. Traduction de Jean Baudoin,1604. Les Éditions de Londres.2014.  (PDF - 70p)

- Les États et Empires de la Lune, de Cyrano de Bergerac. Les Éditions de Londres.2014. (PDF - 112p)

-Les États et Empires du Soleil, de Cyrano de Bergerac. Les Éditions de Londres.20.  (PDF - 88p)




Liens : 



Film : 

https://1fichier.com/?lvhvvpqmgm52xav4g6mf

(Remux Blu-Ray - MKV - Vostfr + St anglais -21,8 Go)

Bonus : 

https://1fichier.com/?s2l82hzp5cm5rhhibx63


Kermite.