Synopsis : Au lendemain de la fin de la Prohibition, Bugs, gangster au faîte de sa gloire, décide de se ranger définitivement, et de faire une incursion dans le monde de la haute société en dépensant son argent sans compter....
C'est chez Mack Sennett, en tant que gagman, que Roy
Del Ruth débute
sa longue carrière de cinéaste. Il réalise par la suite quelques courts-métrages muets, puis en 1928,
signe The
Terror,
le premier film parlant de la Warner
Bros.
Aux débuts des années 30, il réussit quelques films d'excellente
facture avec James
Cagney,
un acteur dont le talent et l'éclat s'affirment alors au grand
jour. Blonde
Crazy, Taxi ! ou
encore Lady
Killer pour citer les plus célèbres. En 1933, il réalise avec un autre acteur emblématique
de cette époque, Edward
G. Robinson, un
film peu connu mais réellement attachant, The
Little Giant. Évidemment,
ce petit géant a déjà tout d'un grand...
Comme l'indique, avec
humour, la pochette du DVD qui fait la promotion de l'acteur, Little
Caesar, incarné
par le même Edward
G. Robinson, deux
ans plus tôt dans le film de Mervyn
LeRoy, devient The
Little Giant ! Une transformation réussie grâce au brio du comédien, qui réussit
avec bonheur à concilier, par son interprétation, deux registres
totalement différents : film de gangster et comédie. Le film possède, bien sûr, toutes les caractéristiques
des productions Warner de
l'époque, à savoir, concision, rapidité et rythme ! Tout ce
que j'aime dans le style des films de la Warner du
début des années 30 ! Franchement, il est impossible de
s'ennuyer, le film dure à peine plus d'une heure !
The
Little Giant est entièrement dominé par la classe d'Edward
G. Robinson et la sensuelle sérénité de Mary
Astor. Nous sommes à la fin de la Prohibition,
dont le gouvernement vient de lever l'interdiction. Gangster de renom, Bugs décide de se ranger, et de dilapider par la même occasion sa
fortune bâtie sur la vente d'alcools. Désormais, il ne règle plus ses comptes à l'ancienne, et délaisse le colt au profit d'une vie rangée, estimée et honorable. Son
souhait le plus vif : entrer dans la haute société. Voire du beau
monde. Tout un programme, tout un art, dont la mise en application
s'avère plus ardue qu'il n'y paraît. On ne s'improvise pas aussi
facilement Gentleman. Mais notre ancien gangster trouve
en la personne de Mary Astor une partenaire idéale,
une alliée précieuse, experte dans les us et coutumes de l'élite
aristocratique. C'est elle qui va l'informer, l'aider, et par ses
connaissances, lui ouvrir les portes de ce milieu très autarcique.
Mais pour briller en société, encore faut-il en connaître les
codes, le langage et les habitudes, savoir déchiffrer, sous le
clinquant et l'hypocrisie des intentions, la sincérité des
sentiments...
Voilà l'immense tâche qui attend Edward G. Robinson, en prise avec une société où les chercheuses d'or en quête d'un mari fortuné pullulent. C'est ce qui fait tout le sel de ce film placé brillamment sous le sceau de la comédie. Roy Del Ruth excelle à mettre en valeur la gaucherie du personnage, peu à l'aise dans un milieu qu'il ne connaît pas, et qu'il a toutes les peines du monde à maîtriser. Sa maladresse détonne dans un milieu ostensiblement soumis à l'ostracisme et aux immuables règles de savoir-vivre.
Et ce, d'autant plus qu'on est habitué à voir dans Edward G. Robinson la figure même du gangster viril et intraitable. Je trouve cette idée lumineuse, diriger Edward G. Robinson dans un rôle à contre-emploi. Il est vrai que la réussite sourit souvent aux audacieux. Ce qui aurait pu échouer avec un autre, passe naturellement avec Edward G.Robinson, autant à l'aise et crédible dans la figure emblématique du gangster, que dans celle du petit-bourgeois, maladroit, évoluant d'un pas mal assuré, et incapable de déclarer sa flamme à celle qu'il convoite. Assister à cette métamorphose, jusque dans l'intonation de sa voix, est un spectacle des plus réjouissants.
Du film, je retiendrai
cette scène absolument savoureuse, où ne sachant comment faire
pour déclarer sa flamme à cette femme distinguée dont il s'est
entiché, et qu'il idéalise, il s'entraîne avec Mary
Astor, inlassablement, confusément, pour donner corps à ses
sentiments, et faire sortir de sa bouche cette déclaration
d'amour qu'il travaille en parfait écolier ! Magnifique moment de
comédie !
Bonus
:
- Extrait de, 50 ans de Cinéma Américain. (Éditions Nathan 1995) de Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier. (PDF - 2p) «Le nom de Roy Del Ruth ne dit sans doute plus grand-chose aujourd'hui, même aux cinéphiles, mais il était, à la fin des années 30, un des réalisateurs les plus en vue de Hollywood.»
- Extrait de, 50 ans de Cinéma Américain. (Éditions Nathan 1995) de Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier. (PDF - 2p) «Le nom de Roy Del Ruth ne dit sans doute plus grand-chose aujourd'hui, même aux cinéphiles, mais il était, à la fin des années 30, un des réalisateurs les plus en vue de Hollywood.»
Roy Del Ruth tourne ses films les plus percutants entre 1931 et 1933, à quelques exceptions près. Une
filmographie riche en comédies musicales.
-
Actualités de l'époque, marquées par la prise de pouvoir
de Franklin Delano Roosevelt, fraîchement élu..
(VO Anglais - 3mn -MKV)
- Use your imagination. (1933 - 18 mn - MKV - VO anglais) Court métrage réalisé par Roy Mack, l'histoire est totalement niaise, mais les numéros musicaux sont splendides, et le tout jeune Hal Le Roy qui a pour partenaire Mitzi Mayfair, tire bien son épingle du jeu. Sa démarche cartoonesque, et son jeu de jambes incroyablement fluide, en fait un danseur de claquettes animé d'une grâce et d'une légèreté qui font plaisir à voir.
Autre numéro étonnant :The Four Eton Boys, un quatuor vocal au swing époustouflant !
- Un petit hommage à James Cagney comme savaient le faire les studios de l'époque, pour mettre en avant les qualités du comédien. (3mn - VO anglais - MKV)
PS : le Blu-Ray est sorti Outre-Atlantique, uniquement en VO bien sûr.
- Use your imagination. (1933 - 18 mn - MKV - VO anglais) Court métrage réalisé par Roy Mack, l'histoire est totalement niaise, mais les numéros musicaux sont splendides, et le tout jeune Hal Le Roy qui a pour partenaire Mitzi Mayfair, tire bien son épingle du jeu. Sa démarche cartoonesque, et son jeu de jambes incroyablement fluide, en fait un danseur de claquettes animé d'une grâce et d'une légèreté qui font plaisir à voir.
Autre numéro étonnant :The Four Eton Boys, un quatuor vocal au swing époustouflant !
- Un petit hommage à James Cagney comme savaient le faire les studios de l'époque, pour mettre en avant les qualités du comédien. (3mn - VO anglais - MKV)
PS : le Blu-Ray est sorti Outre-Atlantique, uniquement en VO bien sûr.
Kermite.
Remux DVD (720x480)
Liens :
https://1fichier.com/?sh61pp81z8qpoj688vpu
Merci.
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