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mercredi 12 août 2026

France- Yougoslavie Euro 1984 - HDTV








Premier tour de l'Euro 1984, qui se tient pour la deuxième fois en France. Il oppose la France à la Yougoslavie, déjà éliminée, dans un stade Geoffroy-Guichard chaud bouillant. Une simple formalité, prévoyaient des journalistes un peu trop sûrs d'eux-mêmes, mais ce fut loin d'être le cas ! Ce match exhale les émotions de mon adolescence. À l'évocation de Safet Susic, Dragan Stojkovic, Jean Tigana, Maxime Bossis, Alain Giresse, Michel Platini, des souvenirs resurgissent à la pelle, comme les senteurs exotiques d'un paradis perdu. Car ces joueurs, figures emblématiques d'une époque désormais révolue, ont été mes idoles ; ils m'ont, passionnément, intensément, fait vibrer. Avec eux, j'ai aimé le football. 

Mais je reviens au match, où il s'est passé tellement de choses. À commencer par la présence incongrue et burlesque d'un coq sur l'aire de jeu, sans que cela ne dérange personne… Il se sentait tellement bien sur cette pelouse que le pauvre animal, virevoltant en pleine action de jeu, a bien failli se prendre le ballon en pleine poire ! L'arbitre du match, monsieur Daina, s'est tout de même résolu à faire sortir l'intrus manu militari, en ayant besoin de l'aide de quatre joueurs français pour le maîtriser ! Une image vraiment cocasse !

Beaucoup moins drôle, hélas :  aux abords du terrain, le docteur yougoslave Bojeda Milenovic, soignant un joueur blessé, fait un malaise cardiaque devant l'œil des caméras. Je vous laisse deviner le froid qui s'est soudain abattu sur le match, d'autant plus que le malheureux perdra la vie quelques heures plus tard. Quant au match lui-même, il fut très plaisant à regarder : une deuxième mi-temps de toute beauté et un Michel Platini au top de sa forme !


Kermite

HDTV - TS -104 mn 

Lien : https://1fichier.com/?3nv7p0urmpqmnq8mnm8m

mardi 11 août 2026

Finale Championnat d'Europe des Nation Euro 1984 France/Espagne (HDTV)


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Pour exorciser l'amertume d'une demi-finale de Coupe du monde perdue contre les Espagnols, pour apaiser l'immense déception chevillée au cœur des plus fidèles supporters, rien de tel que de raviver la flamme des jours heureux, de se replonger dans le souffle d'un passé glorieux. C'est ma thérapie. Oublier les peines et les bleus de l'âme en se réappropriant le frisson d'un triomphe mémorable. Car, ce 27 juin 1984 au Parc des Princes, contre ces mêmes Espagnols, l'histoire avait pris pour les Bleus de Michel Hidalgo un tournant autrement plus décisif, parachevant huit années de doutes mêlés d'espoirs, de luttes âpres et cruelles, avec pour ultime récompense l'éclosion d'un sacre si longtemps désiré. Pour la première fois de son histoire, l'équipe de France de football, emmenée par son capitaine, Michel Platini, réussissait à se hisser sur le toit de l'Europe. Un match pour l'Histoire. Même si ce France-Espagne n'a pas la saveur des matchs épiques, il a incontestablement forgé une existence à une équipe française habituée aux rendez-vous manqués. Avant la finale, le sélectionneur de l'équipe de France, Michel Hidalgo, avait prévenu ses joueurs : « Tant que nous n’avons rien gagné, nous ne sommes rien »¹. Après le traumatisme et les désillusions cruelles de Séville en 1982, c'est une revanche et le premier trophée international vaillamment acquis. Il fait enfin taire les sceptiques qui la voyaient uniquement comme une éternelle perdante. « On ne dira plus jamais des Bleus qu'ils sont les champions du monde des matchs amicaux », écrira Michel Hidalgo dans Les buts de ma vie. ² La France entre enfin dans le cercle des nations couronnées.

Pour le sélectionneur, ce match parachève en beauté sa carrière d'entraîneur commencée en 1976. Adepte du beau jeu, Michel Hidalgo a marqué de son empreinte l'histoire du football français en le sortant du marasme où il s'était englué pendant plus de deux décennies. Après cette finale en forme d'apothéose, il passe le flambeau à Henri Michel et, après une malheureuse expérience marseillaise, se retire prématurément de la scène médiatique à 58 ans. À la vue du match, la générosité et la solidarité animent cette belle équipe de France, dont témoigne l'incroyable geste chevaleresque de Patrick Battiston qui feint la blessure pour sortir et permettre à Manuel Amoros de disputer la finale. Pour l'anecdote, le journaliste Bruno Masure, interviewant à la mi-temps le président de la République François Mitterrand, se prend gentiment une sacrée volée de bois vert ! Les commentaires sont assurés par Michel Denisot et le regretté Didier Roustan, dont j'appréciais énormément la passion communicative du football.

S'il ne fallait retenir qu'une image de cette finale, je retiendrais celle de Michel Hidalgo porté en triomphe par ses joueurs dans la liesse générale.


1. Cité par Vincent Duluc dans le Dictionnaire amoureux de la Coupe du monde. Éditions Plon, 2022.
2. Michel Hidalgo : les buts de ma vie. Éditions Robert Laffont, 1986.

Bonus :

Vidéo:

- La Merveilleuse Aventure du football français réalisé par Adolphe Drhey, 1984. (Web Rip - 91 mn - MP4.)

- Une équipe de rêve, les Bleus, l'épopée de 1984 réalisé par Adolphe Drhey, 2004. (Web Rip - 84 mn - MKV.)

Oui, ces Bleus ont été pour moi des héros, et cette équipe m'a sacrément fait rêver. La bande à Platini, chère à mon cœur, est en cette année 1984 au summum de son art. Adolphe Drhey s'est immiscé, tel un caméléon, parmi les joueurs pour les suivre au plus près, de l'intérieur. Le documentaire trouve toute sa force dans ce rapprochement inédit, cette intimité qui en fait un gage d'authenticité. Lors du stage à Font-Romeu, on découvre ainsi des joueurs sachant à peine skier, dévalant les pentes maladroitement, mais heureux de partager des moments de franche rigolade. L'important, pour Michel Hidalgo, n'est pas d'apprendre à ses ouailles les rudiments techniques des sports de glisse, mais d'assurer une cohésion sociale au groupe, de tisser et de resserrer des liens, de promouvoir le vivre-ensemble dans un esprit de franche camaraderie. Adolphe Drhey saisit la bonne entente entre les joueurs et révèle une indéniable osmose, toujours bénéfique avant d'entamer une compétition. Mais c'est l'atmosphère des vestiaires que la caméra capte sans doute le mieux. La concentration pour évacuer les tensions, les ultimes consignes du coach, tout ce qui ne se voit pas et qu'on devine avant que les joueurs ne foulent la pelouse. Pendant le match amical France-Angleterre, la caméra continue de suivre les joueurs français sur le terrain en saisissant un dribble sur le vif ou une accélération au vol. Elle semble les apprivoiser pour mieux les approcher. Filmés en gros plan et au ralenti, les joueurs sont animés d'une présence ineffable, pourvus d'une grâce majestueuse. À travers cette séquence, c'est toute l'âme des Bleus qui envahit l'écran. Et me submerge. Au fond, les documentaires d'Adolphe Drhey n'en finissent pas de raviver des émotions perdues. Ils agissent sur moi comme un charme et ressuscitent le petit garçon ivre de foot que j'ai été. L'univers du ballon rond n'est pas l'apanage des adultes, tant s'en faut : la passion du football puise aux racines de l'enfance.


- Jubilé Michel Platini réalisé par Adolphe Drhey et Jérôme Revon (Web Rip - 126 mn - MP4.)

Un peu brouillon au début, le documentaire trouve assez rapidement ses marques et distille une émotion qui monte crescendo. Dans le vieux stade Marcel-Picot à Nancy, Platoche a réussi à rassembler le plus beau panel de joueurs qu'on puisse imaginer. Jugez plutôt : Platini enlaçant, pour une photo de rêve, Maradona et Pelé ! Voilà le prix de la reconnaissance pour un joueur qui a marqué l'histoire du football. Une pléiade de footballeurs prestigieux ont fait le voyage pour honorer celui qui fut Ballon d'Or trois années consécutives, de 1984 à 1986, et qui met un terme à sa fabuleuse carrière. Des noms nimbés d'une aura légendaire : Zico, Lothar Matthäus, Boniek, autant d'anciennes gloires du foot qui ont jadis fait briller l'éclat de leur talent. Plusieurs matchs de gala sont organisés, mais celui qui oppose l'équipe de France de l'époque, emmenée par Henri Michel, à une sélection composée du reste du monde, offre le plus beau des spectacles. Quel plaisir de revoir cette équipe de France jouer ! Les Tigana, Giresse, Genghini recomposent le fameux carré magique des plus beaux jours, et les retrouver me procure un pincement au cœur, comme si le temps s'était suspendu. Les pitreries du gardien belge Pfaff, muni de ses gants de géant, font mouche presque à chaque fois. Dans un stade entièrement acquis à Michel, Monsieur Vautrot, toujours lui, arbitre ce match un peu particulier. Michel Denisot et Charles Bietry distillent avec intelligence et ferveur leurs précieux commentaires.


Livres :


- Extraits du Dictionnaire amoureux de la Coupe du monde de Vincent Duluc sorti en 2022 aux éditions Plon. Le coup d'œil affûté de Vincent Duluc pour brosser dans ses grand traits la carrière de Michel Hidalgo et de Michel Platini. (PDF - 10 p.)


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Scannés par mes soins :


- Michel Hidalgo, Karl Olive : Les Carnets secrets de Michel Hidalgo. Éditions Ugo Sport, 2012. (Extraits - PDF - 4 p.)


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- Alain Giresse : Né pour jouer. Éditions Robert Laffont, 2021. (Extraits - PDF - 7 p.)


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-
Michel Hidalgo, Patrice Burchkalter : Le Temps des Bleus. Mémoires. Éditions Jacob-Duvernet, 2007. (Extraits - PDF - 7 p.)

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- Michel Platini : Ma Vie comme un match. Éditions Robert Laffont, 1987. (Extraits - PDF - 6 p.)


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Kermite.


Lien :

https://1fichier.com/?tb2579tjgd7ktcgi7lfd

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Bonus Vidéo :

https://1fichier.com/?b4v5fnvljtbcnytdvt7n


lundi 1 juin 2026

Finale de Coupe de France de football, 11 juin 1983 - PSG-Nantes


Dominique Bathenay et Maxime Bossis, la poignée des deux capitaines avant la bataille…




En cette année 1983, Coco Suaudeau vient de remporter avec Nantes son premier titre de champion de France. Le PSG termine troisième, juste derrière les Bordelais d'Aimé Jacquet. Autant dire que ce PSG-Nantes s'annonce comme une affiche prometteuse. Et le match tient franchement toutes ses promesses ! Cette finale est somptueuse, enlevée, indécise jusqu'au bout. Un match engagé et spectaculaire, arrosé d'une pluie d'occasions et de buts. 1983 restera une excellente cuvée. Cette époque fait resurgir d'anciennes gloires du football : Safet Sušić, Dominique Rocheteau, Vahid Halilhodzic, Dominique Baratelli, Maxime Bossis, Dominique Bathenay,  autant de noms qui évoqueront pour les plus anciens de bouillonnants souvenirs. Dans la tribune présidentielle, François Mitterrand et Jacques Chirac forment avant l'heure un couple atypique. À la mi-temps, le Président joue à merveille les experts footballistiques, en livrant ses impressions devant une palanquée de micros. L'emblématique président du PSG, Francis Borelli, continue de faire parler sa fougue. Quant à l'indétrônable Monsieur Vautrot, il arbitre déjà sa troisième finale de Coupe de France !

Ah, j'oubliais l'essentiel : on trouvera aux commentaires les  inséparables  Thierry Roland et Jean-Mimi !

Toute une époque… 



Kermite.

Lien : https://1fichier.com/?0lx95srksjbbnevyc8gj



- HDTV, VF, 103mn, 3,76 Go (Diffusé sur la chaîne l'Équipe )

samedi 8 novembre 2025

Un monsieur bien rangé - Minisérie Agnès Delarive 1973




Cette minisérie en quatre épisodes réalisée par Agnès Delarive en 1973 a plutôt bien vieilli et se laisse aisément regarder. Évidemment, elle n’a rien à voir avec les séries d’aujourd’hui qui prônent l’action à tout-va. 

Un monsieur bien rangé se distingue par une distribution minimaliste et une mise en scène théâtrale, que l'austérité des décors rend encore plus prégnante. Gérard Depardieu incarne un jeune loubard, Jenk, accusé d’avoir tué un vieillard à coups de marteau. Il encourt la peine capitale. Mais le témoignage de Paul Mallard, brillamment interprété par André Gille, risque de faire basculer l'issue du procès. Ce monsieur bien rangé, c'est bien lui, Paul Mallard, préparateur en pharmacie, dont la vie casanière est réglée comme une horloge suisse. Rien ne semble vouloir mettre à mal la quiétude de sa paisible, triste et morne existence. Mais à l'issue du procès, elle va subitement et brutalement voler en éclats. 


L'accusé Jenk risque gros : la guillotine.  



Paul Mallard, un témoin surprise inespéré. 



Voilà, les enjeux sont posés et la peine de mort, d’une actualité brûlante à l'époque (procès Buffet-Bontemps en 1972), y occupe une place centrale. Le scénario joue sur l’antagonisme des personnages et leur inévitable confrontation. À la fougue et l'audace du jeune Depardieu, André Gille oppose toute son impassibilité trompeuse. C’est un beau duel d’acteurs qui prend corps au fil de l'intrigue. Depardieu est un fauve, imprévisible dans ses excès de violence. Il carbure à l'instinct. Aux antipodes d’André Gille, sobre, élégant, discret, tout en retenue. Il fait preuve d’une maîtrise pointilleuse, méticuleuse, qui semble cacher bien des mystères. On a quelquefois du mal à saisir le fond de ses motivations.



Les prémices d'un duel prometteur.


Outre le plaisir de (re)découvrir Depardieu à ses débuts, cette série révèle l'ossature sociologique de toute une époque, avec ses codes, ses travers et parfois même ses tics de langage (« c'est bath ! », aujourd'hui tombé en désuétude). Une époque finalement pas si lointaine, mais au fond, tellement différente de la nôtre !


P.-S. -  Attention, images et couleurs d'époque !  Captation réalisée à partir de mon ordinateur, via le site madelen.ina.


Kermite

Lien : https://1fichier.com/?vg7n7mdipw5pvbydliev

dimanche 4 octobre 2020

La tête d'un homme - Julien Duvivier 1933 HDTV


Synopsis : Le commissaire Maigret essaye d'innocenter du crime d'un autre Joseph Heurtin, un simple d'esprit que tout accuse.


Julien Duvivier pouvait écrire dans la revue Cinémonde du 9 février 1933 : « Le film policier, tel qu'on l'entend le plus souvent, ne m'intéresse pas (...)»  Et d'expliquer, que ce qui compte à ses yeux, ce ne sont pas les coups de théâtre, les fausses pistes, qui conduisent inéluctablement à la surprise finale, à laquelle, forcément, le spectateur ne s'attend pas, mais l'étude psychologique des personnages. Voilà  pourquoi la tête d'un homme débute d'emblée par l'exposition du meurtre, et la résolution de l'énigme ne constitue pas l'ossature du scénario. Ce film policier n'en est pas vraiment un. Bien que s'appuyant sur un roman de Georges Simenon, le film de Julien Duvivier s'en écarte quelque peu. Il s'en explique lui-même :  c'est que la thématique du roman de Georges Simenon  ne se prête pas à un traitement cinématographique. Faire évader un condamné à mort aurait suscité les foudres de la censure. Pire, Julien Duvivier n'aurait tout simplement pas obtenu de visa d'exploitation. L'histoire a donc été remodelée, retravaillée, en collaboration avec Georges Simenon, pour donner lieu à une étude de caractères parfaitement bien huilée. 

Avec quelques très beaux plans en hommage à l'expressionnisme allemand, la tête d'un homme est d'un réalisme qui a fait dire à certaines critiques de l'époque qu'il jouait avec les nerfs des spectateurs. Radek le criminel est le type même de personnage qu'on pourrait croire tout droit sorti d'un roman de Dostoïevski Insidieux, mystérieux, aimant le goût du risque et du jeu, il offre un contrepoint parfait à la puissance de Harry BaurAlexandre Rignault étonne par sa présence animale. Alors que la chanteuse Damia, par sa complainte en forme de lamentodonne encore plus d'épaisseur à l'atmosphère pesante du film. 

Le film se distingue par son évocation des cafés de Montparnasse, dans lesquels baigne une faune hétéroclite. Ce Paris des années 30 est parfaitement restitué. Au final, une grande réussite qui conforte toute mon affection que j'éprouve pour Julien Duvivier.


Bonus :




Premier plan. Julien Duvivier, par Raymond Chirat. (PDF - 83p) Une brillante étude de l'œuvre de Julien Duvivier par l'un des plus éminents historiens du cinéma français.  


Anthologie du cinéma. Julien Duvivier par Pierre Leprohon. (PDF - 24p) 

Cinémagazine. Mars 1933. (PDF- 1p)

- Pour Vous.1931. Les confidences de Monsieur Julien  Duvivier. (jpg)

Pour Vous.1932. Inkijinoff et son ami Simenon travaillent... (jpg) Inkijinoff livre à Aline Bourgoin ses impressions sur Simenon et nous donne quelques indications sur le scénario du film. (jpg)

Pour Vous.1931. Les confidences de Valère Inkijinoff. (PDF - 9p) 

Ces confidences me font penser au récit autobiographique écrit par Fédor Chaliapine dans Ma vie. On y trouve cette même prose, ces mêmes élans lyriques. Inkijinoff est un poète. J'ai été frappé par ses indéniables qualités d'écriture. Ces confidences exhalent un parfum et une poésie dont la simplicité et la candeur me touchent énormément. 

Valère Inkijinoff est né sur les rives du lac Baïkal, près d'Irkoutsk, d'un père Mongol et d'une mère russe.  Rien ne le prédestinait au métier d'acteur. Après des études au Lycée de Saint-Pétersbourg, Inkijinoff se décide pour des études d'économie politique afin de devenir directeur de banque. Mais comme souvent, les circonstances de la vie en décidèrent autrement.  «Elles m'avaient pris par la main, je me laissais conduire comme un enfant, tout en me croyant le plus libre des hommes.» écrit-il. C'est une rencontre avec le metteur en scène russe Meyerhold qui va le propulser non seulement en tant qu'acteur, mais aussi derrière la caméra, en tant qu'assistant-réalisateur. Ces confidences, écrites pour la revue Pour Vous montrent combien les épreuves auxquelles il a été confronté, ne réussirent finalement pas à briser l'envie de s'affirmer dans le domaine artistique. Une belle leçon de persévérance et d'abnégation. 

Pour Vous.1933.03.16 (jpg) Janine Auscher  revient sur le rôle de Damia, qui est loin d'être anecdotique. Sa présence, sa gouaille, son sens de la dramaturgie s'incorporent admirablement dans la tessiture du film.

Pour Vous.1933.02.23. Critique du film par René Bizet. (jpg)

- Pour Vous. 23.03.1933.Pierre Causse raconte la tête d'un homme.(jpg)

- Cinémonde.09.02.1933.

https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002119309/1933/n225/v0008.simple.selectedTab=thumbnail


Kermite.



 














Liens : 


https://1fichier.com/?p0po1uuo6y9w1f4tg94c




lundi 16 décembre 2019

A Fuller Life - VOSTFR





J'ai découvert Samuel Fuller avec The Naked Kiss, et à l'aune de son incroyable scène d'ouverture, je l'ai reçu comme un uppercut en pleine face. J'ai découvert un style et un univers d'une âpreté et d'une noirceur qui m'ont stupéfait. Car l'Amérique dépeinte par Samuel Fuller brille par son indéfectible pessimisme. Prostitution, flic véreux, pédophilie... Pas la moindre once de lumière, ni d'espoir dans cette Amérique engluée dans le ciment de l'hypocrisie. De quoi vous foutre le bourdon à coup sûr. Mais si le film est d'un pessimisme effrayant, l'homme qui l'a réalisé est porté par un optimisme à toute épreuve. J'ai découvert un homme combatif, qui ne baisse jamais les bras. Voilà ce que j'aime justement chez Samuel Fuller, c'est sa force de caractère, sa faculté de ne compter que sur sa propre volonté pour surmonter les obstacles et ses échecs. Il a tracé ses propres sillons dans le terreau du cinéma hollywoodien et s'est forgé une carrière à la force de son indépendance d'esprit, qu'il ne cessera jamais de cultiver toute sa vie. Une abnégation qui lui fait honneur, tant les producteurs aux États-Unis décident de tout, et surtout du Final Cut. Il s'est toujours battu pour imposer ses idées et faire respecter ses choix, en ne cédant pratiquement jamais à la facilité. C'est certainement une des raisons pour lesquelles il est tant apprécié, reconnu et aimé en France.


A Fuller life est assurément le documentaire le plus complet jamais réalisé sur Samuel Fuller. Et pour cause, c'est son unique fille, Samantha Fuller, qui en a eu l'idée. Pour commémorer le centenaire de son père qui aurait eu 100 ans en 2012, elle lui a concocté ce cadeau un peu spécial en forme d'hommage. 
A Fuller life résonne comme la déclaration d'amour d'une fille à son père. Au fil de ce voyage intime, et en se penchant sur son passé, elle a certainement appris à mieux connaître son père, car Samuel Fuller, faut-il le rappeler, a eu sa fille tardivement, à l'âge de 63 ans. Peut-être a-t-elle essayé, en manifestant le désir de mieux connaître l'homme qu'il était, de se réapproprier le temps qu'elle n'a pas pu passer avec lui. 
Ce qui est sûr, c'est que le documentaire est une façon de faire revivre sa mémoire, exprime le besoin de faire porter au public ses films, résolument modernes par leur style et leur audace thématique. Je crois qu'en marchant sur les traces de son père, elle définit inconsciemment les contours d'une quête spirituelle et personnelle, celle que justement décrit Samuel Fuller dans son livre, sous le terme de troisième visage, et qui englobe la part de mystère et d'inconnu qui est en chacun d'entre nous. 


Quoi qu'il en soit, à travers son dévouement, Samantha Fuller porte sans complexe et avec un certain panache, le flambeau de son héritage familial. Et la tâche s'avère  loin d'être aisée, car le cinéaste a laissé derrière lui une incroyable somme d'archives personnelles. Son bureau, véritable bric-à-brac indescriptible, fait office de caverne d'Ali Baba, où s'entasse pêle-mêle une montagne de notes, lettres,  scénarios, films personnels... Soit autant de documents qui mériteraient un jour d'être exploités et publiés. D'ailleurs, un projet de documentaire est déjà en cours, axé sur la guerre, et composé de ses films qu'il a lui-même tournés pendant la guerre, avec en toile de fond, des extraits des lettres qu'il a écrites sur le front et lus par les derniers vétérans...  Un projet alléchant qui ne manquera pas de piquer ma curiosité le moment venu.



Mais pour l’heure, c'est de sa monumentale autobiographie, Un troisième visage, livre d'une densité extrême, à l'écriture aussi mordante que ses films, que le documentaire s'inspire directement. Traduit de l'anglais par Hélène Zylberait, ce diamant brut de décoffrage est un joyau sublime et se présente comme son ultime chef-d'œuvre. Lisez ce livre absolument ! C'est tout le 20e siècle qui est passé en revue ! Samuel Fuller réussit le tour de force de l'appréhender dans une époustouflante introspection. Ce n'est pas seulement le regard lucide que porte Samuel Fuller sur son œuvre qui rend ce livre si fascinant, c’est sa vie proprement dite, d'une folle richesse, aventureuse, mouvementée, qui donne à penser que l’on tient entre les mains un témoignage exceptionnel, où la petite histoire s’imbrique naturellement dans la grande. Car Samuel Fuller participa activement aux événements majeurs qui auront marqué son siècle : de la Grande Dépression, pendant laquelle il fit ses premiers pas de journaliste, jusqu'à son engagement dans l'infanterie pendant la Seconde Guerre mondiale, et à l'impensable découverte du camp de concentration de Falkenau, en Tchécoslovaquie, il a été aux premières loges de l'Histoire, a vécu de plein fouet les tourments et les horreurs de ce siècle de folie.


Mais par-delà sa vie rocambolesque, Samuel Fuller a le don pour vous choper par les couilles, de vous happer dès la première ligne par son style, sa gouaille, et son inébranlable optimisme. Quel conteur extraordinaire il est ! Il n'a pas son pareil pour écrire, inventer et raconter de bonnes histoires !  Pour Fuller, l'art de faire du cinéma repose sur l'aptitude à savoir créer une bonne histoire. Tous ses films suivront cet adage. Mais sa vie, tout compte fait, est certainement la plus passionnante de toutes ses histoires. Je reste fasciné par cet homme qui a réussi à marquer le siècle de son empreinte. Son livre illustre à merveille ce que Nietzsche formule par cette exigence lapidaire dans Ainsi parlait Zarathoustra : écrire avec son sang.

L'originalité du documentaire tient au fait que des comédiens et réalisateurs l'ayant côtoyé durant sa vie, lisent des extraits de son autobiographie pour donner corps aux moments décisifs qui ont jalonné son existence. 
Répartis sur 12 chapitres, une quinzaine d'intervenants donnent de leur voix pour retracer le roman de sa vie et bon Dieu, quelle vie !! On peut dire que le cinéaste porte merveilleusement son nom, tellement sa vie fut remplie. 

Parmi les acteurs  et actrices qui se prêtent à cet exercice de lecture : Mark HAMILL, Robert CARRADINE, Kelly WARD, Jennifer BEALS, Bill DUKE, James TOBACK , Tim ROTH, Buck HENRY, James FRANCO et Constance TOWERS. Parmi les réalisateurs :  Perry LANG, Joe DANTE, Wim WENDERS, Monte HELLMAN et William FRIEDKIN.

L'hallucinante prestation de Bill Duke m'a estomaqué et foutu une sacrée dose de frissons. L'avoir choisi, lui, acteur noir, pour parler du Ku Klux Klan, est diablement osé. Le poids des mots prend dans sa bouche une tournure abyssale. Ku Klux Klan. À leur énoncé, ces mots chargés de haine et d'une funeste histoire résonnent dans la bouche de Bill Duke comme une plainte ténébreuse. KKK, trois lettres maudites, qui figent l'expression de son visage dans la haine et la douleur. Et la torture que s'inflige son corps renvoie douloureusement à un passé pourtant si lointain, mais terriblement présent. Merci Monsieur Bill Duke pour ce moment d'une folle intensité.

Cet épisode est crucial et déterminant dans la vie de Samuel Fuller, alors simple pigiste en 1934. En assistant à une réunion du Ku Klux Klan à Little Rock, en Arkansas, afin d'en écrire un article pour l'American Weekly, il s'est en effet rendu compte qu'une photo, une image pouvait alors avoir plus de force émotionnelle, plus d'impact, que de simples mots. Les rites haineux de cet étrange cérémonial avaient profondément marqué le jeune Fuller, éduqué dans le levain des idéaux démocratiques. Autour d'une croix enflammée, une trentaine de membres en robe blanche vocifèrent un discours haineux et raciste, en faisant l'apologie du lynchage. Mais le spectacle d'une mère, la tête cachée sous une taie d'oreiller, robe retroussée donnant le sein à son enfant, avait de quoi laisser le jeune Fuller perplexe. Le contraste était saisissant entre la douceur maternelle d'une mère nourrissante et des paroles racistes, hargneuses, baignant dans une violence exacerbée. 


Samuel Fuller écrivit son article et l'envoya au rédacteur en chef de l'American Weekly, qui refusa de croire à la vision de cette femme allaitant son enfant, parce qu'elle sonnait faux. Ce qui fit comprendre à Fuller qu'une simple photographie aurait pu persuader son rédacteur en chef qu'il disait vrai. L'enseignement de cette histoire lui a ouvert les yeux sur la nécessité de ne pas s'en tenir aux seuls mots, mais de les associer aux images dans le but de mieux faire resurgir l'émotion brute. Cette démarche décida en grande partie de la suite de sa  carrière, et trouva  naturellement son expression la plus aboutie dans l'écriture scénaristique, à laquelle il se consacra après s'être essayé au journalisme, puis dans la réalisation de films où il donna toute la mesure de son talent.



Bien évidemment, figurent dans le documentaire des extraits de ses films, ainsi que des images inédites tournées en plein conflit mondial, grâce à sa caméra portative 16 mm, Bell & Howell, que sa mère lui avait envoyée.

La Seconde Guerre mondiale restera pour lui l'expérience la plus traumatisante de sa vie. Engagé volontaire dans l'infanterie, il participe à toutes les étapes du conflit. Débarquement en Afrique du Nord, puis en Sicile. Débarquement en Normandie sur la plage d'Omaha Beach. Bataille des Ardennes et poursuite des combats sur le sol allemand... Un périple qui s'achèvera en apothéose funèbre dans la découverte et la libération du camp de concentration de Falkenau, en Tchécoslovaquie. Soit autant de souvenirs douloureux qui le hanteront toute sa vie, et le poursuivront jusqu'à sa mort. Une expérience qui servira directement de matière première pour l'élaboration de ses films. Voilà pourquoi l'obsession de la guerre reste omniprésente dans son œuvre.



En définitive, Samuel Fuller aura consacré sa vie à ce qu'il savait faire de mieux : écrire de bonnes histoires, sincères et vraies. Dans les années 30, pendant la Grande Dépression, il avait choisi d'explorer l'Amérique comme un vagabond, en stop et en train, dans des wagons de marchandises, pour se confronter aux réalités du pays. Sa Royale ficelée sur son dos, dormant avec les clochards, il écrivit une série d'articles pour le journal Américain Weekly, avec en point d'orgue de cette odyssée journalistique et humaine, les émeutes de San Francisco en 1934 qui l'auront profondément marqué. Au terme de son périple, il a eu ces précieux conseils pour la nouvelle et jeune génération, des paroles qui résument parfaitement sa philosophie de la vie  :
«Jeunes gens, si vous voulez comprendre l'Amérique, bougez votre cul et allez l'explorer !  C'est un endroit immense et époustouflant !»



Bonus Bu-Ray  : 



- Dogface  : pilote pour une série réalisée par Samuel Fuller et mettant en scène une escouade américaine en Afrique du Nord en prise avec l'Afrikakorps. Objet de toutes les attentions, un simple berger allemand est le centre névralgique d'une opération stratégique et guerrière...(1959- 26mn -HD)

- Extraites de Samuel Fuller. Jusqu'à l'épuisement, de Frank Lafond,  ces quelques pages reviennent sur les conflits qui ont émaillé la sortie de J'ai vécu l'enfer de Corée, dans les milieux de l'Armée et de la presse américaines. (PDF - 8p)



 Bonus personnels :



Radio : 



-Samuel Fuller, la caméra au poing : autour de Samantha Fuller, Frank Lafond, et d’Hélène Zylberait,  Voilà une émission comme on aimerait en écouter plus souvent. On ne s'y ennuie pas une seconde, et chacun y va de sa petite touche pour évoquer l'univers de Samuel Fuller, marqué par la guerre, et en brosser un portrait  tout en nuances. Avec cerise sur le gâteau, des extraits d'interviews accordées par Samuel Fuller sur le tard.   (47mn - FLAC- RFi)



-Dans le film, émission présentée par Murielle Joudet : Samuel Fuller par Jean Narboni. (MP3 -81mn)



Vidéo : 



- Auteur de Samuel Fuller.Jusqu’à l’épuisement, Frank Lafond est ici en compagnie de Samantha Fuller, on le sent un poil impressionné, peut-être ému, par celle qui, toujours très à l'aise à l'évocation de son père, en défend le mieux la mémoire.  (18mn - WebHD - MP4) :






Revues et Livres : 



-Conversation avec Samantha Fuller, qui est interviewée par Alexis Hyaumet et Marc Moquin à propos de la sortie du documentaire, A Fuller life






-Samuel Fuller, histoires de la violence, par Marcos Uzal, paru dans Libération, le 5 janvier 2018 : 




-Cahiers du Cinéma n°93 (Mars 1959) : Sur les brisées de Marlowe par Luc Moullet (PDF-9p). Luc Moullet qui fera partie de ceux que Samuel Fuller rencontra après son arrivée en France, en 1965, au même titre que Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol et bien d'autres...




- Samuel Fuller est ici interviewé par Luc Moullet, Noël Burch et André S. Labarthe pour les Cahiers du cinéma en 1967. (Cahiers du Cinéma septembre 1967, n°193)
Il y parle de tout, de la guerre, du communisme, de sa vie, de cinéma… Il expose notamment ses méthodes de travail, sa préférence pour le plan-séquence laissant ses intervieweurs dubitatifs et incrédules… ! (5p-PDF)



-Cahiers du Cinéma n°169 (août 1965) : Samuel Fuller "Cinéaste de notre temps" par Claude-Jean- Philippe.  (PDF-1p)




-Présence du Cinéma : (n°19 - décembre 1963/janvier 1964)
Toutes les interviews de Samuel Fuller sont captivantes parce qu'elles fourmillent d'idées et montrent combien son esprit vif et affûté était perpétuellement sur le fil du rasoir. Elles sont pour moi une source intarissable d'étonnement. Elles permettent de mieux saisir la complexité du personnage puisqu'elles mettent au grand jour sa façon de travailler, ses relations avec les Studios, sa façon de choisir les acteurs jusque dans les moindres détails physiques. Plus généralement, c'est toute sa vision du cinéma qui se trouve expliquée, détaillée. Je crois qu'on ne trouvera pas mieux que lui pour parler de ses films, les exposer, en faire ressortir les grandes lignes, les enjeux, et les expliquer à la lumière de ses motivations personnelles. Il s'entretient ici  avec Jean-Louis Noames. (PDF-20p)
La suite de l’interview se trouve dans le numéro 20 de la revue. Malheureusement, elle est introuvable sur la Toile, je n'ai donc pas réussi à mettre la main dessus.



-Extrait de la revue Positif (n°244/245.Juillet/Août1981) ; un entretien savoureux avec Samuel Fuller qui évoque, entre autres, ses rapports pour le moins compliqués et tumultueux avec  l’État-major américain dans la réalisation de ses films de guerre….(PDF-10p)



-Samuel Fuller. Un homme à fable, par Jean Narboni. (PDF-111p)




- Image et Son.La revue du cinéma (n°352 - juillet 1980) : Marcel Martin et Jacques Valot brossent un portrait du cinéaste où transparaissent en filigrane les travers et partis pris de certains critiques d'époque, qui voyaient en Fuller un apôtre de la violence et du fascisme ! C'est vrai que beaucoup d'idioties ont été écrites sur son compte, et que certains n'ont vraiment rien compris à ses films et aux intentions de leur auteur….(PDF - 4p)




- Image et son.La revue du cinéma (n°360 - avril 1981) : 
Samuel Fuller, anarchiste, moraliste et américain. Une approche intelligente et percutante du cinéma de Samuel Fuller par Noël Simsolo.
Fuller au crible : une réjouissante table ronde, embellie par les interventions de Bertrand Tavernier, Noël Simsolo, Marcel Martin, Daniel Serceau et Jacques Zimmer.  (PDF-20p)




Kermite.

Remux Blu-Ray :




https://1fichier.com/?5ozib6cyxb3ngkrkzpe4


Bonus Personnels :


https://1fichier.com/?jutz1qn03pse1ze2jovu