samedi 17 avril 2021

À Bertrand Tavernier

La nouvelle est tombée à la radio le 25 mars 2021, comme un couperet. Bertrand Tavernier nous a quittés. À 79 ans. J'ai ressenti, sur le coup, une peine immense et un vide insensé, comme si une partie de moi s'était brusquement arrachée. J'ai pensé combien je détestais cette formule lapidaire, banale, impropre. Non, mon cher Bertrand, vous ne nous avez pas quittés, vous avez disparu pour rejoindre cet espace mystérieux, inconnu, qui nous attend tous un jour. Vous ne nous avez pas quittés. Vous êtes et resterez présent avec nous, pour longtemps encore. Vous resterez toujours bien présent dans mon cœur, avec votre éternel sourire en coin, si charmant, si troublant. Pour les hommages, d'autres le feront mieux que moi. Je ne vous ai jamais rencontré, à mon grand regret. Pourtant, je ne saurais dire combien vous m'avez intellectuellement structuré, combien votre esprit critique a été pour moi un parangon de rigueur. Votre culture encyclopédique m'a ouvert des horizons insoupçonnés, et j'ai, grâce à vous, foulé des terres inconnues, découvrant des pans entiers de notre patrimoine cinématographique, des noms dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler : Jean GrémillonAndré Cayatte, Edmond T. Gréville, Henri Calef et bien d'autres encore.

Bien sûr, comment ne pas évoquer « votre » voyage cinéphilique, introspection inédite, méditation intemporelle, traduisant tout l'amour que vous portiez pour une famille d'hommes et de femmes qui aura laissé son empreinte sur votre parcours, vos sentiments, votre vie. Un travail personnel de toute une vie, fait d'explications lumineuses et de réhabilitations étonnantes. Un travail d'explorateur de l'âme humaine qui jette un regard novateur sur notre patrimoine cinématographique. Ce regard, c'est le vôtre, et il est essentiel. 

Je parcourais régulièrement votre blog, sans participer toutefois aux débats joyeusement animés par des esprits érudits, toujours prompts à partager leur amour du cinéma. Jusqu'au jour où le désir impérieux s'est imposé à moi avec force pour vous écrire. Il fallait que je vous dise combien je vous appréciais, et ce besoin viscéral, d'une urgence extrême, répondait à une nécessité intérieure que je ne m'expliquais pas. Je crois juste qu'il est important de dire à ceux pour lesquels vous avez de l'estime et de l'admiration, combien vous aimez leur travail, ce qu'ils font, ce qu'ils sont. J'ai donc pris ma plume pour vous écrire, en jetant sur le papier, un peu maladroitement sans doute, tous les sentiments que vous m'inspirez. Cette missive, écrite avec les mots du cœur, vous l'avez publiée sur votre blog, et je n'oublierai jamais à quel point cet événement, anodin pour vous, m'a rempli d'une joie indicible, inoubliable.

Aussi étrange que cela paraisse, je suis venu vers vous, non pas grâce à vos films, que je découvrais plus tard, mais par l'acuité du regard que vous posiez sur les films des autres. Car, mon cher Bertrand, vous aviez l'œil affûté pour voir, déceler, décortiquer ce que nous, simples spectateurs, ne voyions pas. Il m'est ainsi arrivé de redécouvrir certains films grâce à votre œil avisé.

J'ai relu avec émotion votre dernière chronique, dont les mots prennent une saveur inhabituelle ; il est vraiment déchirant de vous entendre parler une dernière fois, mais vous êtes encore là, bien présent, mon cher Bertrand. Je tenais quand même à vous le dire une dernière fois, parce que je vous aime, tout simplement.

Kermite.



















Sur le site Dvdclassik

Hommage à Bertrand Tavernier

samedi 6 février 2021

The Thief of Bagdad - 1940 VOSTFR - Ludwig Berger - Michael Powell - Tim Whelan








Synopsis :  Les destins mêlés d'un prince déchu, d'un vizir, d'une princesse et d'un petit voleur, animent avec bonheur ce voluptueux conte fantastique.


Dès les premières images, The Thief of Bagdad pose les jalons d’une histoire dont on sait qu’elle finira bien. Tout est déjà couru d'avance, la princesse retrouvera son cher et tendre amoureux, malgré les intentions malfaisantes d'un vizir aux pouvoirs magiques. La recette est simple, mais la sauce prend à chaque fois. Finalement, peu importe que l’on sache que tout finira bien, l’essentiel est ailleurs. Dans le panache et la flamboyance des couleurs, qui offrent un spectacle visuel éblouissant. Voilà un plaisir des sens étourdissant auquel la magie du cinéma nous convie. Tourné en Technicolor, le film offre une impressionnante panoplie de tons multicolores, prêts à enflammer vos pupilles, et desquels émane une poésie naturelle, incroyablement vivante. Les palais sont d'un parme affriolant, les cieux d'un bleu azur d’une profondeur affolante. Soit dit en passant, vous pourrez jouir du spectacle merveilleux d'un défilé d'éléphants roses, sans user de la moindre substance hallucinogène !

Costumes bigarrés et décors chamarrés expriment les fastes d'un Orient idyllique et exubérant. Bagdad et Bassorah sont deux cités aux charmes envoûtants. Le travail admirable du chef opérateur Georges Périnal, les esquisses picturales de Vincent Korda, ainsi que les décors fabuleux de William Cameron Menzies, y sont évidemment pour beaucoup ! La technique utilisée pour certains décors, le matte painting, ou peinture sur verre, offre des effets de perspective d’une profondeur saisissante. Ajoutez à cela que sont ici réunis les meilleurs spécialistes des effets spéciaux, et vous aurez une petite idée de la qualité et du soin apportés au film. Je ne suis pas du tout d'accord avec certains critiques qui, aujourd'hui, trouvent ces effets spéciaux vieillots et dépassés. Les transparences et incrustations, je les trouve plutôt réussies, et la scène du cheval mécanique effleurant les dômes de la cité exhale une poésie surréaliste et un charme inouï. Mais que voulez-vous, il est de bon ton, à notre époque, de juger à l'aune de nos ordinateurs et des images de synthèse, toujours plus pointues, et de largement sous-estimer le travail artisanal des productions vintages, qui offrent pourtant un spectacle visuel d'une beauté hallucinante.


L'envol féérique du cheval enchanté, planant majestueusement sur les dômes de la cité.
 

Producteur hongrois exilé en Grande-Bretagne, Alexander Korda engagea des moyens faramineux pour réaliser cette superproduction britannique. Il avait réussi à créer en Angleterre sa propre société de production, la London Films et ses propres studios à Denham, les plus grands d'Europe. Ce magnat du cinéma a, par son aura, sa culture, son amour de l'art, activement concouru au redressement de l'industrie cinématographique anglaise, écrasée par la concurrence des films hollywoodiens, en réunissant autour de lui, une fine équipe d'artistes, de décorateurs, d'architectes, de compositeurs, de cameramen, d'opérateurs, de techniciens, ayant foi dans l'indépendance du cinéma britannique. Son rôle fut prépondérant dans l'essor de l'industrie cinématographique britannique. Le tournage du film fut agité et interrompu à la déclaration de guerre, en septembre 1939. À ce moment, les studios de Denham furent réquisitionnés pour l'effort de guerre, et les films commandés par le Ministre de l'Information, furent essentiellement des films de propagande. L'industrie cinématographique anglaise était devenue une arme de guerre.

Délocalisé aux États-Unis, le tournage se termine dans les studios de la United Artists. Plusieurs réalisateurs participent à l'élaboration du film. Alexander Korda fit appel à Ludwig Berger, réalisateur allemand, mais très vite des dissensions apparaissent entre les deux hommes. L. Berger qui voulait un film en noir et blanc, avait l'intention de faire travailler un compatriote allemand pour la partition musicale. Ses méthodes de travail déplurent à A. Korda qui engagea alors Michael Powell et Tim Whelan pour le suppléer, et la partition musicale fut finalement l'œuvre de Miklos Rozca, compatriote hongrois d'Alexander Korda, devenu l'un des plus célèbres compositeurs de musique de films. 



Jaffar, ou la puissance magnétique du regard. Conrad Veidt en maître de l'hypnose.  

 

Ce qu'il y a d'étonnant dans cette superproduction, c'est le manque criant de planification, et la large part d’improvisation dans la mise en œuvre du scénario. À propos du tournage, M. Powell écrivait : 

«Quand je pense à la manière dont nous avons tourné ce film, en improvisant l’histoire et l’action, jour après jour, je l’admire et m’émerveille encore.» (Positif, n°478)


Dans le documentaire, Sabu, l'ami des éléphants, l'acteur John Justin racontera que lors du tournage d'une scène avec Sabu dans un souk, ils devaient subitement s'arrêter en pleine action, sans qu'ils en comprennent la raison. En fait, la raison, c'est qu'il n'y avait plus de script ! Il fallait attendre que l'histoire s'écrive ! Il y a, dans ces conditions, de quoi être émerveillé quant au résultat obtenu !



The Thief of Bagdad  brasse tous les ingrédients du film d'aventures exotique. Conrad Veidt, au regard magnétique, offre dans le registre du magicien maléfique, une présence scénique impressionnante. Mon Dieu, quel regard hypnotique ! Le jeune Sabu, véritable boule d'énergie, écrase le film de toute sa vivacité et de toute sa malice. En fait, à bien y songer, le véritable héros, c’est lui. Gracieux, agile, naturel, il apporte une allégresse juvénile ô combien rafraîchissante. Sa présence, il la doit bien sûr à ses talents, mais aussi au documentariste et au cinéaste Robert Flaherty, qui le repéra en 1936, alors qu'il parcourait l’Inde en quête d'un jeune garçon qui serait le héros de son prochain film, Elephant Boy, basé sur l'une des nouvelles du Livre de la jungle, de Rudyard Kipling. Il tombe alors sur Sabujeune cornac de 10 ans, possédant une confiance et une maturité hors du commun, un physique et une musculature plutôt développés pour son âge. Et le plus étonnant, c'était qu'il était doué d'un véritable instinct d'acteur ! Robert Flaherty l’engage sur-le-champ. Voilà le jeune Sabu quittant son Inde natale pour embarquer jusqu’aux portes du studio de Denham, en Angleterre, où il rencontre pour la première fois Alexander Korda. Ce qui frappe, c’est la simplicité et l’humilité de ce jeune homme fraîchement débarqué. Dans la revue Cinémonde du 7 juillet 1938, à la question de savoir quels étaient ses projets après avoir tourné Elephant Boy, Sabu eut cette réponse laconique, presque lunaire :  «Je veux être électricien' dans les studios de M. Korda.» (!) L’avenir lui réservera cependant une tout autre trajectoire. Même si Hollywood ne lui permettra pas d'avoir des rôles de premier plan, ses talents seront souvent mis à profit dans des productions de films exotiques. Michael Powell fera encore appel à lui dans Le Narcisse Noir, en 1947. Entre eux, naîtra une véritable amitié, sincère et durable, jusqu'à la mort prématurée de Sabu, à l'âge de 39 ans.



Abu face à l'araignée géante. Muni d'une épée et de son courage. 




Loin de n'être qu'un divertissement, le film propose une réflexion sur le regard et la thématique de la représentation, à laquelle Michael Powell semble particulièrement sensible. D'emblée, il y a cet œil figurant sur la proue du bateau du magicien Jaffar, un œil démesuré, inquiétant, symbole de sa toute-puissance hypnotique, semblant jeter sur le monde un regard omnipotent et terrifiant. Une manière de dire que l'œil, le regard, constituent les éléments fondateurs, primitifs, par lesquels cette histoire nous parvient. Peut-être aussi, est-ce une façon symbolique de nous faire comprendre que la pratique du cinéma elle-même s'assimile à une forme de voyeurisme. Ainsi, le troisième œil qui permet de tout voir et dont le jeune Abu doit s'emparer, représente-t-il le fantasme absolu pour tout cinéaste, une manière d'entrer par effraction dans l'intimité de chacun. L'œil de la caméra offre la possibilité de tout voir, par-delà les frontières physiques et morales.

L'obsession du regard est une thématique récurrente chez Michael Powell, comme un leitmotiv, elle reviendra constamment à travers ses films. Cette psychose du regard trouve dans la scopophilie une expression artistique, particulièrement féconde et nourricière. Pour reprendre les termes de Raymond Lefevre, qui a écrit avec Roland Lacourbe, 30 ans de Cinéma Britannique, le cinéma est ainsi vu et compris, chez Michael Powell, comme une «prise de possession du monde par le regard». Telle est sa vision du cinéma, et de la vie.


 La puissance maléfique du génie, (incarné par l'acteur Rex Ingram), face à la ruse et à l'intelligence du jeune Abu (Sabu).



The Thief of Bagdad est le film idéal à voir en famille. Djinn, tapis volant, araignée géante, cheval volant, crinière aux vents, enrobent avec bonheur ce conte oriental fantastique et nous offrent un grand moment d’évasion. Le genre de film qui fouette nos idées noires et nous aide à retrouver notre âme d'enfant. 



Bonus : 


- Un dossier technique plutôt bien fourni sur le film, The Thief of Bagdad.   (PDF -15p)


Télérama du 2 décembre 1998 : Le maître anglais, par Jean-Claude Raspiengeas. (PDF - 2p) Trouvé dans mes archives personnelles, un vieux numéro de Télérama rendant hommage au maître anglais. Arte diffusait ce soir là, une thématique Michael Powell.



- Extrait des revues Écran n°76 et 77, dans lesquelles Michael Powell, interviewé par Roland Lacourbe, revient sur sa filmographie et sa collaboration avec Emeric Pressburger, qui aura été pour Michael Powell bien plus qu'un compagnon de route : un véritable alter ego. ( PDF-19p)





Une vie dans le cinéma par Michael Powell, une autobiographie traduite de l'anglais par Jean-Pierre Coursodon.  (Institut Lumière/Acte Sud 1997) J'ai scanné la très belle préface de Bertrand Tavernier, ainsi que deux autres passages du livre concernant directement la production du film, The Thief of Bagdad : la rencontre de Michael Powell avec Alexander Korda, et le tournage mouvementé du film. (PDF - 20 p)








Midi-Minuit Fantastique n°20 (octobre 1968) où, pour la première fois, Michael Powell est interviewé par Bertrand Tavernier, pour le compte de la revue Midi-Minuit Fantastique.  (PDF - 10p)




-
Positif n°532(juin 2005) : parmi les trois articles de fond consacrés à Michael Powell,  le témoignage de Martin Scorsese a ma préférence. Il évoque, non sans émotion, comment les films de Michael Powell ont constitué 
pour l'enfant qu'il a été, une fascinante et envoûtante expérience.  (PDF- 10p)




La revue du cinéma n°251 (juin/juillet 1971)   (PDF - p) L'historien du cinéma, Roland Lacourbe, nous présente les grandes lignes thématiques qui parcourent l'œuvre de Michael Powell. C'est une excellente introduction à l'œuvre de Michael Powell, avec en prime, une très belle analyse du film The Thief of Bagdad. (PDF - 19p)



- Anthologie du cinéma : Alexander Korda (PDF- 21p)  Peter Cowie signe cette petite biographie d'Alexander Korda, figure légendaire emblématique du cinéma.

 




Ciné Kino, cette série documentaire, consacrée au cinéma européen, se propose ici de jeter un regard furtif sur le cinéma britannique. C'est une émission un peu foutraque et fourre-tout, un drôle de mélange hétéroclite, où l'on passe souvent du coq à l'âne. L'emblématique James Bond, prototype du héros impérial, y côtoie ainsi Ken Loach, Stephen Frears, Emeric Pressburger ou Michael Powell ! Une (trop) brève histoire du cinéma anglais, un peu légère, bien trop succincte, mais toujours instructive. (HDTV - Ts - 27 mn - VF )


-Sabu, l'ami des éléphants (Vostfr - Remux DVD -50 mn)

Ce documentaire épatant, riche en anecdotes, interviews, et extraits de films, brosse un portrait attachant du jeune Sabu, mort prématurément d'une crise cardiaque à l'âge de 39 ans. Ce jeune Indien se destinait à suivre les traces de son père en tant que cornac dans l'écurie du Maharadja de Mysore. Mais R. Flaherty le repéra, et sa vie en fut entièrement bouleversée. Avec ses airs de prince indien, il connaît en Angleterre une carrière fulgurante, sous la houlette du producteur, Alexander Korda, avant d'émigrer pour les États-Unis, qui seront finalement son pays adoptif. D'un point de vue artistique, Sabu n'a pourtant jamais pu trouver à Hollywood  les premiers rôles qu'il était en droit d'espérer. Figée dans ses préjugés raciaux, l'industrie du cinéma n'a jamais permis aux acteurs d'origine asiatique, de tenir le haut de l'affiche. Sabu, de par ses origines, fut malheureusement cantonné à des rôles secondaires, dans des films exotiques. Il restera, dans l'esprit du public, celui qui fut avant tout, l'ami des éléphants.


- Cinémonde n°507 (juillet 1938)  nous emmène faire la connaissance de Sabu, qui a su très vite devenir en Angleterre un parfait gentleman. (PDF -1p)

- Quand Churchill fait son cinéma. (HDTV -Ts - 58 mn)

Plus que les coronas et les cigares, Alexander Korda et Winston Churchill  partageaient une indéfectible amitié, qui a pour une large part scellé l'essor de l'industrie cinématographique britannique. Passionné par les films historiques, Winston Churchill était un cinéphile averti, et en tant que politicien et homme d'État, avait parfaitement pressenti le rôle capital, fondamental, alloué au 7eme Art pendant la guerre. Il avait bien sûr compris que le cinéma, simple objet de divertissement, pouvait se transformer en une arme de propagande redoutablement efficace, et modeler les consciences. Durant le deuxième conflit mondial, l'industrie du cinéma anglais est ainsi devenue le fer de lance d'une guerre idéologique, un instrument de propagande, capable d'influencer les masses et de transformer les opinions. Le voyage d'Alexander Korda aux États-Unis en 1940, où il tourna Lady Hamilton, a ainsi servi les desseins de Churchill, qui avait pour ambition de retourner l'opinion publique américaine, très largement isolationniste et rétive à entrer en guerre, et d'établir un rapprochement entre Anglais et Américains, en vue d'obliger ces derniers à entrer en guerre contre l'Allemagne. 

In fine, le documentaire de John Flet  brosse un portrait cinématographique éclairé et finalement peu connu du charismatique Sir Winston Churchill.


Kermite.


Liens :


Film : 22,6 Go Remux Bluray (VO +STFR) :


https://1fichier.com/?kk5qpfnk75zhgcfx5b1a

https://1fichier.com/?ja6w21wsrqbu1n1pq7bf

https://1fichier.com/?bcsizhixvf84lpd208ga

https://1fichier.com/?vxv87mah1jp25x3ovz8w

https://1fichier.com/?wrqooag8rt60w4jpccl1

https://1fichier.com/?6sofllyfovy888cw6txw

https://1fichier.com/?1meeexsh5fjs8bm57fqu

https://1fichier.com/?blxrmbyqezupqteg1jsd


Bonus : 5,3 Go


https://1fichier.com/?m09jqhg2ilps3sy5zrz7


dimanche 10 janvier 2021

Une vie dans le cinéma - Michael Powell

 





Je ne dirai jamais assez tout le plaisir que j'ai pris à lire cette autobiographie monumentale, incroyablement dense. C'est un livre absolument sublime. Michael Powell montre qu'il est à l'évidence aussi doué pour l'écriture que pour le cinéma, et que derrière son statut de cinéaste chevronné, se profile l'âme d'un véritable écrivain. Sa passion pour la littérature transpire à chaque ligne et son amour des Lettres transparaît à travers une culture prodigieuse. Voilà une plume concise et inspirée, guidée par un esprit délicieusement flegmatique. Une plume magnifiquement embellie par le plus raffiné sens de l'humour qui soit. 

Une vie dans le cinéma est une œuvre profondément attachante, où Michael Powell s'illustre brillamment par ses merveilleuses qualités de conteur. J'ai pour l'homme et son œuvre une immense admiration. Jusqu'au bout, Michael Powell est resté cet artiste infatigable, passionnément alerte, en éveil perpétuel. Porté par un enthousiasme juvénile et l'expérience de ses 80 printemps,  celui qui se définissait avant tout comme un artisan nous livre ici le premier volet de l'histoire de sa vie. 


Qui mieux que Bertrand Tavernier pour nous présenter et faire apprécier Michael Powell, cinéaste anglais atypique, férocement indépendant, et dont l'œuvre, prolifique (une cinquantaine de films tout de même !) couvre presque un siècle ? La préface qu'il a écrite pour lui rendre hommage résonne comme une merveilleuse déclaration d'amour. Et il est vrai que Michael Powell, bien trop méconnu et complètement oublié, tient une place particulière dans le cinéma britannique, outrageusement dominé par les figures d'Alfred Hitchcock et de Charlie Chaplin. Sa carrière a été littéralement brisée après la sortie de son film, Peeping Tom, en 1960, descendu par les critiques. Il a été très justement réhabilité par Martin Scorsese et Bertrand Tavernier

Une vie dans le cinéma, de Michael Powell, est le premier volet d'une autobiographie passionnante, foisonnante, haute en couleur. Elle nous offre le récit d'une vie exaltante, entièrement dévouée au 7ème Art. Michael Powell était un enfant du cinéma, comme il se plaisait à se qualifier lui-même, et le cinéma était tout pour lui : sa vie, son art, sa maîtresse, sa religion.

C'est en voyant Intolerance, de David Wark Griffith, que se forge chez lui la conviction intime, inébranlable, qu'il sera un jour metteur en scène. Sa vocation est désormais scellée. Un premier essai, infructueux, dans les studios de Joinville, en compagnie du réalisateur français, Léonce Perret, ne l'empêche pas d'avoir saisi et senti l'extraordinaire pouvoir attractif du monde du cinéma. « Je ressentis immédiatement l'étrange fascination d'un studio de cinéma : le mélange d'art et d'artifice ; de technique et d'humeur, qui caractérise une usine de rêves. Je me sentais chez moi. » (1)

C'est dans les studios de la Victorine, à Nice, qu'il fit ses premières armes, en 1925. Dans l'équipe de Rex Ingram, immense réalisateur de films muets, qui est venu en France pour tourner Mare Nostrum. D'abord simple machino (balayeur !) il va très vite s'intégrer et apprendre tous les rouages de la production d'un film. Il travaille à la table de montage, se familiarise avec la pellicule, participe à la création des intertitres, s'immerge passionnément dans cette merveilleuse usine à rêves. En devenant l'assistant de Rex IngramMichael Powell assimile en peu de temps le langage cinématographique et le savoir-faire nécessaires à la fabrication d'un film, s'appropriant les bases techniques de la profession de cinéaste. Avec Rex Ingram, qu'il considère comme son maître (au même titre que Luis Buñuel) il va apprendre comment tourner un film, diriger une équipe, avoir sous son aile une petite armée d'artisans et de techniciens, capables d'exprimer et de mettre sur pied, les desiderata du metteur en scène.

Il travaille ensuite pour Alfred Hitchcocken tant que chef du département photo, et collabore, en tant que scénariste, sur le film Chantage, considéré comme le premier film parlant britannique. Sa rencontre avec Sir Alfred donne lieu à de savoureuses anecdotes. 

Au cours des années 30, il commence à voler de ses propres ailes en réalisant de petits films de séries B, appelés aussi « Quotas-Quickies », dans lesquels il fait son apprentissage de metteur en scène et affûte peu à peu son expérience. (2) « Ces films n'étaient pas la raison pour laquelle je faisais du cinéma. J'étais un apprenti sorcier, décidé à mettre en pratique coûte que coûte l'enseignement de son maître. Je n'étais pas poussé par un désir de gloire mais par l'amour de l'art que je servais. »  (1)
À partir de 1937, il donne la pleine mesure de son talent. Ses films se font plus personnels et témoignent d'une profonde originalité, par leur sujet et leur style. 
Le style de Powell ? Un cinéma aventureux, imaginatif, ouvert aux expérimentations (sur la couleur, le son, la vitesse de tournage...), mettant en exergue une invention et une ingéniosité visuelles au service d'un cinéma de l'image aux pouvoirs immensément magiques. Comme l'écrit somptueusement Bertrand Tavernier dans sa préfaceles œuvres de Michael Powell « sont secouées par des cataclysmes, transpercées d'éclairs, de plans de nature fulgurants, mystérieux. » Et se présentent comme autant de « paris visuels », propres à fasciner, à émerveiller le spectateur. 

Le cinéma de Michael Powell doit beaucoup au cinéma muet, parce que ses films s'appuient sur la puissance et le pouvoir des images. Sa conception du cinéma est solidement ancrée dans l'idée qu'il a de vouloir faire de cette incroyable extravagance qu'est le 7ème Art, un spectacle, un divertissement visuel où les images sont reines.

Cosmopolite, il aimait s'entourer d'artistes de tout horizon, de toute nationalité, les meilleurs, chacun dans leur domaine, et préférait travailler avec des étrangers, plutôt qu'avec des Anglais, affirmant sans ambages ne pas être intéressé par le cinéma anglais, seulement par le cinéma... (3)

Sa rencontre avec Emeric Pressburger en 1937, en vue du tournage de l'Espion noir, déboucha sur l'un des plus singuliers et originaux duos que l'histoire du cinéma ait jamais connus. Une véritable osmose créative unira les deux hommes, qui créeront par la suite leur propre maison de production, The Archers. Désormais, on pouvait lire au générique de chacun de leur film :  « Écrit, produit et dirigé par Michael Powell et Emeric Pressburger. » Leur collaboration se maintint pendant près de quinze ans. 

Aux débuts des années 40, Michael Powell refusera de céder aux sirènes de Hollywood, afin de pouvoir réaliser ses propres films, dans un souci d'indépendance, évitant ainsi d'être sous l'égide d'un producteur qui aurait eu un droit de regard sur son travail, et le pouvoir de soumettre la production de ses films à une implacable censure. 

Chronologiquement, le livre s'arrête à la sortie de The Red Shoes en 1948. Inutile de préciser que ce pavé de 800 pages que vous ne pourrez plus lâcher des mains une fois commencé, n'est que la première partie de son autobiographie !!  

Je tenais aussi à rendre hommage à Jean-Pierre Coursodon, qui vient de rejoindre la longue cohorte d'artistes du cinéma, hélas disparus. Claude Brasseur, Robert Hossein, Suzy DelairMichel Piccoli... Je ne vais pas tous les énumérer, parce qu'il y en a eu beaucoup trop en cette année 2020. Hommage donc à Jean-Pierre Coursodon, sans qui cette édition n'aurait tout simplement pas pu se faire. On oublie, trop souvent à mon goût, au profit des auteurs, le travail des traducteurs, qui jettent pourtant des passerelles indispensables entre cultures différentes. Jean-Pierre Coursodon fut non seulement un grand amoureux et brillant historien du cinéma, mais aussi un indispensable et bien précieux traducteur.







- (1) Une vie dans le cinéma par Michael Powell, une autobiographie traduite de l'anglais par Jean-Pierre Coursodon.  (Institut Lumière/Acte Sud 1997)

- (2) Les « Quotas-Quickies », films de courte durée, à budget famélique (à raison d'une livre par pied de pellicule, dit Michael Powell dans son autobiographie...) étaient introduits en Angleterre, à la fin des années 20, pour permettre à la production britannique de faire face à l'écrasante concurrence des films étrangers, et notamment à l'invasion des films hollywoodiens. Désormais, la loi stipulait en Angleterre que près de 20 % de la production cinématographique devait être réservée aux productions locales et nationales. Une production qui se distingue davantage par sa quantité que par sa qualité... 

- (3) Interviewé par Bertrand Tavernier pour la revue Midi-Minuit Fantastique n°20 (octobre 1968), voilà ce que disait Michael Powell  : « Depuis le début j'ai toujours travaillé avec des Européens, non avec des Anglais : Pressburger, Korda, Ingram et les techniciens français et italiens que nous employions à l'époque. D'ailleurs je ne suis pas intéressé par le cinéma anglais, seulement par le cinéma. »

Kermite.

samedi 31 octobre 2020

Tony Vaccaro : filmer la guerre VOSTF




À presque 100 ans, Tony Vaccaro fait partie des rares survivants d'Omaha Beach. Il y était en tant que fantassin et reporter de guerre. Pas dans les premières vagues du 6 juin 44. Il débarque le 20 juin 44 avec la 83ème division, muni du complet attirail du soldat et d'un appareil photo de la taille d'une main, un Argus C3 35mm, qu'il a appris à porter de façon peu orthodoxe, en bandoulière derrière son dos, et non devant, parce que les exigences des combats lui ont vite fait comprendre qu'en se plaquant régulièrement au sol, à plat ventre, son appareil ne ferait pas de vieux os.

Ses photographies sont un témoignage brut de ce que fut la guerre : elles nous la montrent sans artifices, dans toute sa crudité. Elles nous racontent les corps qui tombent. Tony Vaccaro les a vus et photographiés. Non, les soldats ne se jettent pas en arrière quand ils se prennent une balle en plein cœur, comme dans les westerns, où ils sont filmés dans des postures invraisemblables pour célébrer leur héroïsme. La réalité, c'est que, sous les balles, les corps s'écroulent lourdement.

C'est avec son Argus caché sous sa veste qu'il réalise la première photographie clandestine des côtes françaises, prise à bord du Liberty Ship, juste avant qu'il mette le pied sur les plages normandes. La première d'une longue série, puisque ce sont, au final, près de 8 000 clichés qu'il réalise tout au long de sa campagne militaire qui le conduira jusqu'aux portes de Berlin


Avec sa chevelure argentée et ses grandes lunettes, Tony Vaccaro distille une impression de sérénité et un charisme naturel qui m'ont subjugué. Je pourrais rester des heures à l'écouter, tellement ses paroles sont prenantes. Obnubilé par les traumatismes d'une guerre, que le poids des années n'a jamais effacés, Tony Vaccaro reste, encore aujourd'hui, hanté par ces visions d'horreur dont il fut témoin. Plus précisément, par l'odeur de la guerre, celle des corps putréfiés, avachis par la mort, dans des postures parfois insolites. Ici, se posent justement les frontières morales auxquelles chaque photographe est personnellement confronté : peut-on tout montrer, tout photographier ?

Ce fils d'immigrant italien ne mâche pas ses mots sur cette guerre traumatisante qui l'aura contraint à faire ce qu'il s'est toujours senti incapable de faire : tuer des hommes. Il y a cette scène bouleversante, où il avoue que, pendant la bataille de Normandie, dans le bocage normand, à Sainteny, il a jeté son fusil devant l'arrivée des Allemands, pour se terrer dans un trou au sol, par peur, par lâcheté. L'espace d'un instant, il refusa le combat. Mais pour se reprendre juste après, et faire ce pour quoi il s'est jusque-là préparé : la guerre. 

Orphelin dès l'âge de cinq ans, Tony Vaccaro sera recueilli par un oncle dans les Abruzzes, en Italie. C'est lui qui va l'initier à la chasse, et le mettre dans les mêmes conditions où il sera appelé plus tard sur le terrain de la guerre. De ces parties de chasse, Tony Vaccaro retiendra l'instinct du chasseur, celui qui l'amène à viser et à tirer avec une précision diabolique, en un quart de seconde. À l'égal du chasseur, le photographe reste à l'affût de sa proie qu'il traque. Pour prendre une bonne photo, il faut dégainer son appareil au bon moment. 

Quand, près de 50 ans plus tard, Tony Vaccaro revient sur les lieux où les photographies ont été prises, avec les mêmes témoins d'époque, le documentaire prend soudain une irrésistible bouffée de tendresse et d'émotion.

Bonus : 

- Le Figaro Magazine du 8 mai 2015 (PDF - 5p)

- Le Monde du 30 juin 2020 (Jpg) : critique du documentaire.

- Tony Vaccaro. Photographie.1944-45. Archives départementales d'Ille-et-Vilaine. (PDF - 160p) Un superbe livret qui fait le récit de sa campagne militaire, des plages de Normandie jusqu'à l'Elbe, en Allemagne. Avec un panel de ses photographies. Certaines sont d'une crudité presque irréelle. Elles sont là pour nous interroger, nous interpeller, comme ces cadavres de soldats allemands allongés au sol, avec des photos éparpillées autour d'eux, comme autant de souvenirs familiaux, dernier fil ténu qui les reliait encore à leur famille, à leur femme, à leurs enfants. Symboles d'une vie gâchée. Des vies perdues inutilement. Des vies jetées en pâture sur l'autel de la guerre. 




D'autres photos sont au contraire d'un fol espoir, comme le Baiser de la Libération, pris lors de la libération de Saint-Briac. On y voit un G.I., s'agenouiller devant une petite fille, elle aussi à genoux, pour lui offrir un baiser. Tony Vaccaro racontera la genèse de cette photo qui l'aura rendu célèbre. Quand les premiers Américains arrivèrent à Saint-Briac, en Bretagne, ils vinrent facilement à bout des derniers soldats allemands. Arrivés sur la place du village, il n'y avait pas âme qui vive, tout le monde s'étant barricadé. D'un seul coup, tous les villageois sont sortis de chez eux pour acclamer les libérateurs. Au son d'un accordéon festif, la foule en liesse a soudainement improvisé une farandole. Une ronde se crée, on danse, on chante, et dans cet élan de ferveur populaire, se met en place « la danse du mouchoir ». Munie d'un mouchoir, une personne danse, les yeux bandés, au milieu de la ronde, et choisit sa partenaire en la touchant. Elle pose ensuite le mouchoir à terre, au milieu, et doit embrasser son partenaire pour faire honneur à la vigueur de sa flamme. 

Quand les mains de la petite Noëlle se posèrent sur le Sergent Gene ConstanzoTony Vaccaro a juste eu le temps de s'approcher pour immortaliser ce baiser, dont le symbole et l'innocence feront le tour du monde.  





50 ans plus tard, Tony Vaccaro retournera sur les lieux, pour y retrouver les seuls témoins encore en vie de cette photographie : les deux sœurs figurant en arrière-plan de la photo, Simone et Marie-Thérèse. Des retrouvailles chaleureuses et hautement émouvantes.

Kermite.


HDTV (1440 x1080)

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dimanche 4 octobre 2020

La tête d'un homme - Julien Duvivier 1933 HDTV


Synopsis : Le commissaire Maigret essaye d'innocenter du crime d'un autre Joseph Heurtin, un simple d'esprit que tout accuse.


Julien Duvivier pouvait écrire dans la revue Cinémonde du 9 février 1933 : « Le film policier, tel qu'on l'entend le plus souvent, ne m'intéresse pas (...)»  Et d'expliquer, que ce qui compte à ses yeux, ce ne sont pas les coups de théâtre, les fausses pistes, qui conduisent inéluctablement à la surprise finale, à laquelle, forcément, le spectateur ne s'attend pas, mais l'étude psychologique des personnages. Voilà  pourquoi la tête d'un homme débute d'emblée par l'exposition du meurtre, et la résolution de l'énigme ne constitue pas l'ossature du scénario. Ce film policier n'en est pas vraiment un. Bien que s'appuyant sur un roman de Georges Simenon, le film de Julien Duvivier s'en écarte quelque peu. Il s'en explique lui-même :  c'est que la thématique du roman de Georges Simenon  ne se prête pas à un traitement cinématographique. Faire évader un condamné à mort aurait suscité les foudres de la censure. Pire, Julien Duvivier n'aurait tout simplement pas obtenu de visa d'exploitation. L'histoire a donc été remodelée, retravaillée, en collaboration avec Georges Simenon, pour donner lieu à une étude de caractères parfaitement bien huilée. 

Avec quelques très beaux plans en hommage à l'expressionnisme allemand, la tête d'un homme est d'un réalisme qui a fait dire à certaines critiques de l'époque qu'il jouait avec les nerfs des spectateurs. Radek le criminel est le type même de personnage qu'on pourrait croire tout droit sorti d'un roman de Dostoïevski Insidieux, mystérieux, aimant le goût du risque et du jeu, il offre un contrepoint parfait à la puissance de Harry BaurAlexandre Rignault étonne par sa présence animale. Alors que la chanteuse Damia, par sa complainte en forme de lamentodonne encore plus d'épaisseur à l'atmosphère pesante du film. 

Le film se distingue par son évocation des cafés de Montparnasse, dans lesquels baigne une faune hétéroclite. Ce Paris des années 30 est parfaitement restitué. Au final, une grande réussite qui conforte toute mon affection que j'éprouve pour Julien Duvivier.


Bonus :




Premier plan. Julien Duvivier, par Raymond Chirat. (PDF - 83p) Une brillante étude de l'œuvre de Julien Duvivier par l'un des plus éminents historiens du cinéma français.  


Anthologie du cinéma. Julien Duvivier par Pierre Leprohon. (PDF - 24p) 

Cinémagazine. Mars 1933. (PDF- 1p)

- Pour Vous.1931. Les confidences de Monsieur Julien  Duvivier. (jpg)

Pour Vous.1932. Inkijinoff et son ami Simenon travaillent... (jpg) Inkijinoff livre à Aline Bourgoin ses impressions sur Simenon et nous donne quelques indications sur le scénario du film. (jpg)

Pour Vous.1931. Les confidences de Valère Inkijinoff. (PDF - 9p) 

Ces confidences me font penser au récit autobiographique écrit par Fédor Chaliapine dans Ma vie. On y trouve cette même prose, ces mêmes élans lyriques. Inkijinoff est un poète. J'ai été frappé par ses indéniables qualités d'écriture. Ces confidences exhalent un parfum et une poésie dont la simplicité et la candeur me touchent énormément. 

Valère Inkijinoff est né sur les rives du lac Baïkal, près d'Irkoutsk, d'un père Mongol et d'une mère russe.  Rien ne le prédestinait au métier d'acteur. Après des études au Lycée de Saint-Pétersbourg, Inkijinoff se décide pour des études d'économie politique afin de devenir directeur de banque. Mais comme souvent, les circonstances de la vie en décidèrent autrement.  «Elles m'avaient pris par la main, je me laissais conduire comme un enfant, tout en me croyant le plus libre des hommes.» écrit-il. C'est une rencontre avec le metteur en scène russe Meyerhold qui va le propulser non seulement en tant qu'acteur, mais aussi derrière la caméra, en tant qu'assistant-réalisateur. Ces confidences, écrites pour la revue Pour Vous montrent combien les épreuves auxquelles il a été confronté, ne réussirent finalement pas à briser l'envie de s'affirmer dans le domaine artistique. Une belle leçon de persévérance et d'abnégation. 

Pour Vous.1933.03.16 (jpg) Janine Auscher  revient sur le rôle de Damia, qui est loin d'être anecdotique. Sa présence, sa gouaille, son sens de la dramaturgie s'incorporent admirablement dans la tessiture du film.

Pour Vous.1933.02.23. Critique du film par René Bizet. (jpg)

- Pour Vous. 23.03.1933.Pierre Causse raconte la tête d'un homme.(jpg)

- Cinémonde.09.02.1933.

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Kermite.



 














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