mercredi 7 août 2019

The Fallen Idol - Carol Reed 1948 VOSTFR





The Fallen Idol, réalisé en 1948, est le fruit d'une première collaboration (qui en appellera bien d'autres par la suite) entre Carol Reed et Graham Greene, inspirée par la nouvelle, The Basement Room, que l'écrivain a publiée en 1935, et qu'il remania pour les besoins du film.

De prime abord, difficile de situer le film, car comme le dit si justement Philippe Garnier dans le livret de présentation, on a du mal à imaginer pareille vie de luxe dans le Londres d'après-guerre. Difficile aussi de lui coller une étiquette, un genre clairement défini, tant il arrive à mélanger drame et comédie dans une insouciance naturelle, à basculer de l'un vers l'autre dans une surprenante indécision. Pour exemple, je citerai la plus belle scène du film à mon goût, cette partie de cache-cache joviale et enfantine, improvisée dans l'Ambassade, irradiant un bonheur simple, et dans laquelle s'immisce peu à peu l'ombre d'une menace grandissante. Dans cette ambiance bonne enfant, Carol Reed réussit à créer subrepticement un climat d'angoisse aux portes de l'épouvante, et à nous faire passer quelques frissons dans le dos... Du grand art !
The Fallen Idol est bien plus qu'un film sur l'enfance, car il aborde le moment crucial des premières désillusions. Le petit Philippe, gamin de huit ans et héros du film, (merveilleusement joué par Bobby Henrey) va peu à peu réaliser que son idole de toujours, Mr Baines, majordome de son état, chargé de veiller sur lui en l'absence de ses parents, n'est pas celui qu'il imaginait être. Dur d'apprendre à huit ans que le monde qui nous entoure est régi par le mensonge...

Le film bénéficie d'une distribution magnifique, servie par une interprétation de qualité. Ralph Richardson est impressionnant en émotion retenue, alors que Sonia Dresdel qui joue sa femme, Madame Baines, est absolument parfaite en femme glaçante et acariâtre. Et que dire de Michèle Morgan ? La classe évidemment....



Mais au-delà des personnages, ce sont les décors qui forment la véritable ossature du film. Ils sont l'œuvre de Vincent Korda, frère du célèbre réalisateur Alexandre Korda, et apportent une touche baroque du plus bel effet. L'ambassade, où se joue principalement toute l'action, ressemble à ces vieilles bâtisses de l'ère Victorienne, et exhale un parfum mystérieux, propre aux vieux châteaux. Des pièces majestueuses à n'en plus finir, un escalier central interminable que n'aurait pas renié Sir Hitchcock, jusqu'à ces draps blancs qui, posés sur les meubles, distillent une atmosphère vraiment inquiétante et lugubre.

Au final, un film réellement prenant, malheureusement desservi par une copie guère reluisante.... Au début, elle m'a franchement laissé craindre le pire, tous ces petits points blancs, ça pique les yeux et niveau son, ça ne vaut guère mieux, ça grésille comme un vieux 33 tours... Le film aurait eu besoin d'un bon nettoyage, mais il faut croire que l'éditeur Tamasa n'avait pas les moyens de financer une restauration. C'est bien dommage. Par contre, en bonus, vous trouverez un magnifique texte de présentation signé Philippe Garnier, et une belle galerie de photos qui vous fera mieux apprécier tout le talent du directeur de photos, Robert Krasker.

Bonus :


- Le regard de Philippe Garnier (7 pages scannées par mes soins - PDF)
- Galerie Photos 3mn (HD - 1920x1080)


Kermite.

Liens :   https://1fichier.com/?thcmurdb9su35pk9clhu  

(Remux Bluray)





dimanche 21 juillet 2019

Police sur la ville - 1968 Don Siegel






Madigan, sorti en France sous le titre de Police sur la ville, est un film de Don Siegel. Sur une musique très jazzy de Daniel Costa, s'accordant à merveille avec les lignes verticales des gratte-ciel New-Yorkais, on suit avec enthousiasme les déambulations de deux inspecteurs (joués par Richard Widmark et Henry Fonda) qui, sous peine d'être radiés de la police, mettent tout en œuvre pour arrêter un truand. Sur une intrigue aussi maigre, Don Siegel réussit à faire un film captivant, dans lequel surnagent avec aisance deux stars adulées du cinéma américain, Richard Widmark et Henry Fonda. Ce dernier, ici en patriarche assumé du cinéma américain, campe avec toute la rigueur qu'on lui connaît, un commissaire irréprochable et exigeant, au comportement exemplaire, mais qui va révéler au fil de l'intrigue des failles inhabituelles.
Pourtant habitué aux rôles de salaud, Richard Widmark, quant à lui, change de registre et interprète un flic de base, intègre et honnête, essayant de bien faire son boulot. Malgré une trop brève apparition, Steve Ihnat excelle dans le rôle du truand patenté. Bref, une qualité d'interprétation qui tire indubitablement le film vers le haut...

Dans un style sec et nerveux, Madigan est une plongée dans le quotidien des policiers. On découvre l'épineux et dur métier de flic, ses difficultés, ses compromissions aussi, ainsi que ses méthodes de travail pas toujours douces et d'un autre âge... À cette époque, on avait le coup de poing facile pour décoincer les mâchoires des témoins et les faire parler...
Le style de Don Siegel se caractérise par la sécheresse de sa mise en scène, et, à cet égard, la fusillade finale est un modèle du genre. Don Siegel filme la violence sans artifice, dans toute sa crudité, non pour en faire l'apologie, mais pour mieux la dénoncer.
Quelques années plus tard, Dirty Harry poursuit le travail de sape ébauché par Madigan.
Librement inspiré du tueur du Zodiaque, Dirty Harry exacerbera les violences et dénoncera, avec plus d'acuité, la déliquescence d'une société américaine en proie à l'une de ses plus grandes crises morales de son histoire.




Vous trouverez en Bonus :

- Une galerie photos 3mn (HD - 1920x1080)
- Une Bande-annonce 3mn (SD - 720x576)
- « Peur sur la ville » : 26 mn (HD - 1920x1080) Documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac.
Julien Comelli nous fait part d'un tournage éprouvant, dû en grande partie aux exigences parfois surréalistes du producteur, Frank Rosenberg, qui n'hésitait pas à mettre son grain de sel un peu partout, provoquant du même coup des affrontements réguliers avec les acteurs. Julien Comelli revient également sur le procédé technique, appelé Techniscope dans lequel fut tourné le film. Procédé économique, puisque moyennant une perte de définition, il permettait de réaliser des économies financières...
Vingt-six minutes très précieuses sur la confection du film.


Kermite


Liens :  https://1fichier.com/?0vv7n6fe1hfuwlq1m1qn


(Remux Bluray – Multi 1920 X1080)



dimanche 16 juin 2019

The strawberry blonde – Raoul Walsh 1941 VOSTFR








Synopsis : Biff, qui vient d'obtenir son diplôme de dentiste, a ouvert un cabinet. La clientèle se fait attendre et Biff se demande si les années qu'il a passées en prison ne sont pas la cause de la réticence des malades. En compagnie de son ami Nick, il se remémore les événements qui l'ont conduit jusque là...




The Strawberry Blonde réalisé par Raoul Walsh en 1941 et sorti en France, 26 ans plus tard, sous les titres peu inspirés de, la blonde framboise, ou un dimanche après-midi, est un film absolument savoureux, d’une délicatesse et d’une légèreté délicieuses. Un film d’époque au charme fou. Le temps des premières automobiles et des premiers… spaghettis ! Le temps des premiers raccordements électriques, et des premiers gaz anesthésiants au protoxyde d'azote dont se servaient les dentistes pour soulager leurs patients... Toute cette époque révolue est merveilleusement restituée. 
Et pour le casting, on est plutôt bien servi : habitué aux rôles de caïds, James Cagney casse son image de dur et se frotte à la comédie sentimentale avec une élégance jubilatoire. Rita Hayworth et Olivia De Havilland réunies ensemble, difficile de rêver mieux… Les scènes de séduction, brillamment orchestrées et mises en scène, sont drôles, inventives et touchantes.

Il faut voir la tête que fait James Cagney à son premier rendez-vous amoureux. Il est littéralement interloqué par les œillades libertines de la séduisante Olivia de Havilland, qui feint, à merveille, la féministe dévergondée prête à tout pour un baiser ! Divinement cocasse !
À noter que Rita Hayworth devient une star juste après la sortie du film, alors qu’au départ, elle ne devait même pas y jouer ! Remarquée et engagée par Raoul Walsh, elle remplaça au pied levé Ann Sheridan, à qui le rôle était promis, mais qui le refuse, en conflit avec son producteur, Jack Warner. Un caprice de star qui profite à Rita Hayworth. Comme quoi, le succès tient parfois à bien peu de choses…


Bonus :

- Extrait de la revue Positif (avril 1982) : Tribute to a good man, James Cagney ou l'ambivalence de l'Amérique. Long survol de la filmographie de J. Cagney. (PDF- 13 p)
- Un extrait de Un demi-siècle à Hollywood écrit par Raoul Walsh. Un bref passage relatant les circonstances un peu particulières dans lesquelles Rita Hayworth  fut engagée. ( PDF - 2p)

PS: le DVD d'origine est en VO, ajout des sous-titres en fr (en jaune) synchronisés par mes soins. 

Kermite.

Lien : https://1fichier.com/?qa2zootkh0p9iyieii5l 

Remux DVD (720x480)


dimanche 9 juin 2019

Déluge 1933 - Felix E. Feist – VOSTFR + VF




Synopsis : des comportements météorologiques chaotiques menacent le monde et des secousses sismiques d'une ampleur jamais atteinte provoquent des catastrophes à la chaîne. Bientôt, dans une atmosphère de fin du monde, des tsunamis géants balaient les côtes des États-Unis... 


Le grand amateur de films catastrophe que je suis, attendais avec une impatience fébrile la sortie en DVD de Déluge, marqué par ces incroyables scènes de fin du monde aux effets spéciaux d'un réalisme saisissant. Et voilà qu'il sort enfin chez nous ! Malheureusement, peut-être parce que j'y ai mis trop d'attentes, je ne vous cache pas ma déception, tant le film, tout compte fait, s'appuie sur un scénario aussi épais qu'une peau de chagrin. Je m'attendais à nettement mieux.

De ce film qu'on croyait à jamais perdu, il ne restait semble-t-il qu'une copie italienne. Mais c'était sans compter sur l'abnégation de Serge Bromberg, qui réussit à dégoter une copie du film, dans les archives françaises du CNC à Paris, et à la restaurer. 
Déluge, produit par la RKO, est réalisé par un gamin de 22 ans, le dénommé Felix E. Feist qui n'aura franchement pas laissé par la suite un souvenir impérissable. Notons tout de même à son actif deux films majeurs : Donovan's Brain qui porte le nom du roman de Curt Siodmak en 1953, ainsi qu'un honnête western, la Vallée des géants, avec Kirk Douglas, réalisé en 1952. À part ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent. 
Déluge est donc son premier film, et on entre très vite dans le vif du sujet, sans fioritures. Un raz-de-marée géant, suite à des tremblements de terre d'une ampleur planétaire, menace directement les États-Unis. Juste le temps pour les autorités de prévenir in extremis la population, et la déferlante s'abat comme un rouleau compresseur. New-York est englouti en quelques minutes et le spectacle des gratte-ciel qui se lézardent et s'effondrent par la force des éléments naturels est incontestablement la partie la plus réussie du film. Bien que réalisés à partir de maquettes, les effets spéciaux sont fabuleux pour l'époque, et d'autant plus impressionnants qu'ils ont bénéficié, pour leur conception, de moyens financiers très limités. Les images sont parfois d'un réalisme effrayant, comme ces fissures gigantesques qui laissent entrevoir les entrailles béantes de la terre. 



Mais passé la séquence d'ouverture, avec ses effets spéciaux dantesques, la tension baisse nettement d'un cran, et on se retrouve, après l'apocalypse, dans un drôle de survival pas très réaliste, qui frise, à mon sens, la caricature et par moments, le ridicule. Notre valeureux héros, ayant survécu, réussit à trouver, perdu dans ce No Man's land, une jolie petite maison, toute équipée, miraculeusement épargnée. Et au lieu de partir à la recherche de sa femme et de ses deux enfants qu'il a perdus de vue pendant la catastrophe et qu'il croit déjà morts, il s'y installe, tel un Robinson Crusoé, en attendant des jours meilleurs. En fait, il peut remercier le Bon Dieu de trouver un jour, presque à ses pieds, la belle Peggy Shannon nageuse émérite, qui s'est échouée inconsciente et à bout de forces, après avoir nagé des heures durant, afin d'échapper à des ravisseurs aux intentions malveillantes. On imagine facilement la suite, comment en enterrant un peu vite sa femme et ses deux enfants, il va rapidement tomber sous le charme de la belle et mystérieuse nageuse. En fait, la véritable star du film, c'est elle justement, Peggy Shannon, objet de toutes les convoitises masculines. Car ce survival a pour mérite de mettre en évidence l'âpreté d'un monde soumis aux appétences sexuelles des plus forts. Bon, ce n'est pas Mad Max, il ne faudrait pas exagérer....Et dans cette mouvance un peu glauque, il y en a un qui tire manifestement son épingle du jeu : Fred Kohler. Cet acteur m'a vraiment tapé dans l'œil. Issu du théâtre et du vaudeville, il fait une belle carrière dans le muet avant de négocier, avec succès, le virage du parlant. Doté d'un physique imposant, il avait pour habitude de jouer des rôles de personnages odieux et pourris jusqu'à la moelle, en incarnant avec un naturel désarmant la méchanceté même. Trait physique particulier : il avait perdu deux doigts de sa main droite dans le maniement des explosifs, alors qu'il travaillait dans une compagnie minière, à une époque où il ne vivait que de petits boulots. Il meurt prématurément en 1938 d'une crise cardiaque en plein sommeil, à l'âge de 50 ans.
Dans Déluge, il excelle dans le rôle de la brute épaisse, libidineuse, prête à tout pour satisfaire ses instincts. Il transpire la lubricité à plein nez, et ses attitudes, d'une rudesse sans équivoque, font de lui un personnage qu'on aime haïr. Voilà un sacré bon personnage, un sacré bon acteur, que j'aime parce que détestable à souhait...
Parmi les bons points du film, il faut souligner que Déluge est un film Pré-Code, et qu'à ce titre, il offre des situations que la censure, par la suite, ne rendra hélas plus possibles.
Pour commencer, Peggy Shannon en bikini nous offre un panel de ses atouts naturels des plus convaincants... Elle partage aussi la même couche que notre héros, aux avances duquel elle ne résiste pas longtemps... Triste fin d'ailleurs, que celle de cette artiste qui, après avoir totalement bousillé sa carrière d'actrice en sombrant dans l'alcoolisme, meurt aussi prématurément, d'une crise cardiaque en 1941, à l 'âge de 34 ans, un verre vide à la main...

Déluge fait évidemment écho à la Grande Dépression qui ravagea les États-Unis à la même époque, et on n'est pas étonné de retrouver, à travers ces phénomènes naturels catastrophiques, le cataclysme économique qui a secoué et bouleversé l'Amérique en la dépouillant de ses beaux idéaux.
Finalement, nous avons donc affaire à un petit film, une curiosité, qui se laisse malgré tout regarder, bien qu'entaché d'un scénario prévisible et d'acteurs pas toujours convaincants. Avec un peu d'indulgence, on pourrait même lui trouver un certain charme...



Les éditions Lobster Films ont eu le mérite et l'heureuse initiative de rajouter au film, qui dure à peine une heure, des bonus de qualité, jugez plutôt : 


- Survival Town (3’) : comme si vous y étiez... Une explosion nucléaire réalisée au Nevada en 1955 et entièrement filmée... décoiffant ! 
- La destruction de San Francisco 1906 (25’) : ce petit film nous transporte un siècle en arrière, en 1906, après le terrible séisme, à San Francisco. La ville est envahie par les décombres et ravagée par les incendies qui durèrent trois jours. Des images étonnantes rapportées par une caméra qui témoignent aussi bien de la violence de l'événement, que de la résilience de la population prête à se retrousser les manches et à reprendre le cours normal de son existence. Un document captivant.
- Un extrait des Derniers Jours de Pompéi d’Ernest B. Schoedsack (1935 – 10’).

À noter que le film est sorti en Blu-ray chez Kino, mais en VO uniquement.


Liens : 


Remux DVD (VOSTFR+VF +St Fr - 720x576)  : 

https://1fichier.com/?30bxzmhtl3eq5q06tq27





ou :


Remux Blu-Ray (12,3 Go + VO + St anglais + St Fr synchronisés par mes soins) :

https://1fichier.com/?65z9ra6litmnsrf3gnyn
https://1fichier.com/?zcz2laai8ro4ohc89c8j
https://1fichier.com/?2273a3mwuxo0kzqu9a76
https://1fichier.com/?obduongl8wsd9b34oure
https://1fichier.com/?f5bau1zidnctfeeyrrx2



Kermite.

jeudi 30 mai 2019

Les Aventures Fantastiques – Karel Zeman 1958 VOSTFR


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Synopsis : L’ambitieux et peu scrupuleux comte Artigas découvre que le professeur Roch est l’inventeur d’un explosif extraordinairement puissant ; il décide donc de l’enlever afin de s’approprier sa création. Cette bombe représente en effet la clef de l’accession au pouvoir pour le comte.



Karel Zeman n'en finit pas de m'étonner. Comment diable fait-il pour réussir à frapper les imaginations avec si peu de moyens techniques ? Les clefs du succès sont peut-être à chercher dans la volonté du cinéaste à mettre sa passion au service d'un cinéma artisanal, revendiqué et assumé. Une passion qui lui permet de laisser libre cours à son génie imaginatif en réalisant des trucages d'une folle inventivité. Voilà ce qui explique, je crois, pourquoi ses films ont une âme. Après avoir sorti Voyage dans la préhistoire en 1955, Karel Zeman continue d'explorer l'œuvre romanesque de Jules Verne, en réalisant en 1958, les Aventures Fantastiques, connues également sous le titre de l'invention diabolique. Le film, librement adapté du roman peu connu de Jules Verne, Face au drapeau (1896) est une merveille de conte fantastique. Qui me fait, pour mon plus grand plaisir, doucement retourner en enfance. Le réalisateur surprend, par son audace inventive et son art du bricolage. Les trucages, aussi surprenants que cela puisse paraître, donnent à l'illusion obtenue, une réalité intangible qui prend corps avec les vrais personnages. On est ici dans un cinéma fait par des artisans passionnés, aux antipodes des superproductions hollywoodiennes déclinant une surenchère d'effets spéciaux. Et pour moi, inutile de préciser vers quel cinéma va ma préférence...


     




Machines étranges, monstres de papier, marionnettes, gravures ou décors peints à la main, accompagnent le plus naturellement du monde les acteurs réels, et offrent un mélange détonant et singulier, imprimant au film une poésie surréaliste.
Traits particuliers du film, les stries omniprésentes, sous forme d'ondulations, s'affichent comme un hommage aux gravures de Léon Benett et Édouard Riou qui illustraient les romans de Jules Verne.
Le très redoutable Conte Artigas voulant s'approprier l'invention diabolique et devenir le maître du monde, rappelle assez bien, je trouve, le capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous les mers.
Au final, Karel Zeman réussit à perpétuer «l'esprit» de Jules Verne et, par ses audacieuses inventions formelles, parvient à donner au cinéma d'animation tchèque, ses véritables lettres de noblesse.


                          


            Image associée





Bonus : (Les vidéos sont issues du DVD, les aventures fantastiques, parus chez Malavida Films
- La mer sous l'objectif de K. Zeman (Remux DVD- 2mn VOSTFR)
- La naissance d'une légende de cinéma (Remux DVD- 5mn VOSTFR)
- Pourquoi K. Zeman a-t-il tourné ce film ? (Remux DVD - 3mn VOSTFR)
- K. Zeman, la légende continue (Remux DVD- 3mn VOSTFR)
- Chaque film de K. Zeman est comme un objet de musée à exposer (Flac -radio cz -31mn)
- K. Zeman le visionnaire du grand écran (Flac - radio cz - 10mn)
- Une plongée dans l'univers fantastique de K. Zeman (Flac-radio cz-11mn)
- Les Aventures fantastiques de K. Zeman (Flac- France musique- 11mn) 
- Portrait de K. Zeman extrait du passionnant, 100 ans et plus du cinéma fantastique et de science fiction (jpg)
- Critique du film du même livre (PDF - 2p)
- Un dossier pédagogique bien fourni, retraçant dans le détail toute la filmographie de Karel Zeman, et la restituant dans la longue tradition du cinéma d'animation Tchèque. (PDF - 39p)
- Un article critique du film trouvé sur la toile (PDF-2p)

PS : le film est issu du Bluray, sorti en 2013 et en VO, avec sous-titres tchèque et anglais. Je lui ai ajouté évidemment les sous-titres en fr. J'ai réalisé la synchro en 2013 donc, parce qu'à l'époque, en 2013, aucune édition française du film de K. Zeman était sortie, (première édition du film chez Malavida Films en décembre 2014...) alors que le Blu-Ray en VO était déjà disponible sur le marché ! Ne pouvant plus attendre plus longtemps, j'ai donc acheté le Blu-ray en VO, en me disant que j'arriverai bien à trouver sur la toile un fichier srt du film à synchroniser. Je l'ai trouvé, en effet, mais le problème c'était la syhnchro... Je n'étais pourtant pas un débutant... J' ai essayé toutes les méthodes i-ni-ma-gi-nables, impossible, il y avait toujours un décalage croissant qui m'a mis la rage au ventre ... Je me retrouvais avec un film que j'avais une folle envie de regarder, mais sans sous-titres... Alors, pris d'une incommensurable envie de bien faire, je me suis résolu à faire la synchro à la main, sous-titre après sous-titre... Trois jours de travail... Une tâche épuisante ! Et ce, d'autant plus, que je n'ai pas fait tchèque en deuxième langue (j'avais déjà assez avec l'allemand...) alors pour trouver les points de repère, et deviner à quel moment il fallait faire coïncider précisément les mots et la voix... Pas évident du tout, mais à force de persévérance, j'y suis arrivé, et ma foi, c'est l'essentiel ! Mais un an plus tard, le DVD sortait en France, avec de jolis sous-titres fr synchronisés...
Voilà pourquoi vous trouverez mes sous-titres fr (en jaune) accompagnés des sous-titres fr issus, eux, du DVD...

Kermite.

Liens : 

Film :  https://1fichier.com/?0qyqp3ypyw3z22vz0j89Bonus :

Bonus : https://1fichier.com/?a2dcdhmbt0hlqk5iw64y


dimanche 26 mai 2019

Sous les ponts - Helmut Käutner 1946 VOSTFR +VF







Deux hommes pour une seule femme, l'éternelle dilemne.
 Deux hommes pour une seule femme, l'éternel dilemme.
                             




Helmut Käutner fait partie des rares cinéastes allemands ayant travaillé sous le IIIe Reich sur le sol allemand, à valoir le détour par la qualité de ses films. Sa filmographie pointe comme une étrange anomalie dans la litanie des films de propagande, et bien qu'ayant réalisé peu de films pendant la guerre, on peut se demander par quel miracle il réussit à s'extraire du joug nazi et de la pression de son Ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, pour concocter des petits joyaux, à mille lieux des poncifs idéologiques édictés par le régime...
Tourné pendant l'été 1944 à la périphérie de Berlin, Unter den Brücken, réalisé par Helmut Käutner est l'un des derniers films allemands à passer avec succès la censure de Goebbels. Il reçoit le visa de censure du Bureau de vérification du cinéma national-socialiste en mars 1945. Mais ne sera projeté en Allemagne que bien après la guerre. Il faudra attendre le 18 mai 1950 pour qu'il passe enfin sur les écrans à Hambourg.



Complice dans l'amour.
                     




Sous les ponts est aux antipodes des films de propagande nazie qui ont fait florès auprès du public allemand. Le film fait volontairement l'impasse sur l'état de délabrement où se trouve le pays, et nous présente, en quelques plans fugitifs, un Berlin idyllique, miraculeusement épargné par les bombardements et les restrictions de la guerre.
Le tournage, lui, ne fut pas une sinécure et fut constamment entrecoupé par les nombreuses alertes aériennes, causées par les bombardiers russes et alliés qui allaient larguer leurs bombes quelques kilomètres plus loin sur Berlin... Mais curieusement, rien n'entame le moral des comédiens. Au contraire, à l'image du film lui-même, le tournage a été vécu comme une parenthèse enchantée, un moment de détente presque irréel. L'acteur Carl Raddatz évoque «une période de tournage idyllique, presque romantique, au cours de laquelle les flots de bombardiers passaient au-dessus de nos têtes, en direction de Berlin. Quelques minutes plus tard, alors, au loin, à l'horizon, nous voyions s'élever des champignons de fumée, le ciel devenait plus sombre, on entendait un grondement distant, la terre tremblait doucement, les grenouilles coassaient autour de nous, le vent sifflait dans les roseaux, la Havel continuait de couler, doucereuse, comme si de rien n'était. Nous nous regardions soucieux, le travail continuait. (...) À l'époque, notre travail nous rendait tous très heureux.» 

Helmut Käutner lui-même abonde dans le même sens, et dira : «Nous vivions perdus dans nos songes, à côté de notre époque, et nous oubliions toute cette terreur par le travail.» Difficile de faire le reproche au cinéaste de vouloir échapper à cette atmosphère pesante de fin de monde. J'ai l'impression que Käutner s'est construit une bulle, déconnectée des exigences et des atrocités de la guerre, une bulle d'air salutaire, lui permettant de traverser, plus ou moins sereinement, ces années orageuses, et d'échapper, pour un moment seulement, aux dures réalités de la guerre. 

Pour moi, nul doute que Käutner est un poète. Ses films, tournés dans la tourmente de la guerre, sont comme des songes éveillés, des poèmes euphorisants, mâtinés d'une insouciance irréelle.



Toute la légèreté du style de Käutner, brillamment mise en scène.
              



Cette balade fluviale sur les eaux de la Havel est une douce rêverie, une flânerie idyllique, bercée entre réalisme et poésie, et réalisée avec un évident savoir-faire. (très beaux plans des dessous des ponts) L'histoire, classique, transposée dans l'itinérance des bateliers, nous offre un triangle amoureux, où deux hommes se disputent la même femme. Sur un vieil air d'accordéon aux accents mélancoliques, on suit avec une curiosité grandissante les pérégrinations amoureuses de ce trio d'acteurs, au charme d'un naturel confondant. 
Dans une Allemagne en pleine déliquescence, Helmut Käutner signe là une œuvre poétique, naïve et romantique, filmée dans un style moderne, avec des cadrages étonnants pour l'époque, et propose une fin atypique, assez osée, loin des schémas familiaux et des stéréotypes habituels auxquels le public est en droit de s'attendre en 1945...

Bonus : 

- Ciné Kino  : l' épisode 3 de la série documentaire dresse un aperçu un peu trop rapide à mon goût du cinéma allemand depuis F.W. Murnau jusqu'aux succès récents, mais en 29 minutes, comment faire autrement ? (HDTV)

- La fabrique du film allemand: la UFA fête son centenaire. (58mn - HDTV- Ts)

- Extrait d'Une histoire du cinéma allemand : la UFA, de Klaus Kreimeier, quelques pages sur le film de Käutner, Unter den Brücken, ainsi qu'un chapitre entier réservé aux films de divertissement, produits par la UFA pendant la période nazie, et dans lesquels s'insinue souvent une propagande masquée.

- Article critique du film Sous les ponts.



Kermite.


Liens : https://1fichier.com/?g53g4nm8vv6ttsfd0stz   

(Film HDTV VOSTFR + VF + Bonus)

Ciné Kino (à part) :  https://1fichier.com/?eeouoetrmv0w9nsub85t


Autres liens : 

Remux Blu-Ray en VO, (St anglais ) ajout de st Fr, synchronisés par mes soins. La copie est superbe, à part quelques scènes nocturnes, faiblement contrastées.

https://1fichier.com/?tfbai25zipr79i1fy9i1
https://1fichier.com/?xzz3857oqo3hyiq2d2hg
https://1fichier.com/?kgj95148cy8h61mvqm6q
https://1fichier.com/?efx9a55qxde3r1pg14o7
https://1fichier.com/?bmctclfrpacaovg9y6tq
https://1fichier.com/?k6zm3j2axvzvdd8na0om