samedi 21 septembre 2019

Romanze in Moll - Helmut Käutner 1943 VOSTFR





Helmut Käutner est un sacré réalisateur et, au vu de la qualité de ses productions, je m'étonne que cette figure majeure du cinéma allemand n'ait pas à ce jour rencontré, à travers le monde, une aura et une renommée internationales. Très peu de livres écrits sur lui, pas la moindre biographie traduite en français. Certes, sa filmographie ne vaut pas celle d'un Raoul Walsh ou d'un Michael Curtiz et ne saurait rivaliser avec certains cadors du cinéma hollywoodien. Je trouve néanmoins que ses films sont largement sous-estimés et passés sous silence, alors qu'ils mériteraient une bien meilleure audience. Parmi ses plus beaux joyaux, je citerai volontiers La Paloma, Romanze in Moll, ou encore Sous les ponts, soit autant de films élaborés entre 1941 et 1944, pendant les pires années de guerre...

Ses premières armes, Helmut Käutner les fait au théâtre dans les années 30, en tant que scénariste et acteur. Il monte notamment des classiques du répertoire français : Sartre, Giraudoux, Cocteau... À la fois auteur, décorateur, producteur et chansonnier, Helmut Käutner fut un véritable touche-à-tout, avant de réaliser son tout premier film en 1938. Pas vraiment la meilleure période en Allemagne pour débuter au cinéma et entamer une carrière de réalisateur…
Mais, justement, les films que Käutner a tournés pendant la guerre, ne sont pas traversés par des élans patriotiques. Ce ne sont pas des hymnes béats à la gloire du soldat nazi, et ils ne se veulent en aucun cas le chantre d'un cinéma gangrené et travesti par la propagande de Goebbels. Non, ils se présentent plutôt comme des rêveries enchantées, d'où les réalités de la guerre sont étrangement absentes. Ce qui intéresse Helmut Käutner, ce sont les destins dans leur singularité, la vie des individus pris dans l'étau des passions humaines.

Voilà ce qui me fascine, au fond, dans ses films tournés dans la tourmente de la guerre, dans un Troisième Reich baigné par l'idéologie nazie : c'est de constater comment les prérogatives idéologiques, esthétiques et morales imposées par Goebbels dans la propagande cinématographique n'ont eu finalement sur lui que peu d'emprise, pour ne pas dire aucune.
Voilà qui détonne et relève presque de l'authentique exploit dans le paysage cinématographique allemand, alors sous la férule de son ministre de la Propagande.
Voilà qui démontre, en tout cas, que le personnage avait du caractère, de l'intelligence et sûrement une âme de poète qui lui a permis d'échapper, pendant ces années noires, à la vindicte de Goebbels.

Romanze in Moll, qui sera exploité en France sous le titre de Lumière de la nuit est un mélodrame sublime, un film d'époque admirablement reconstitué et animé par une affriolante galerie de personnages. Nous sommes dans le Paris du 19ème siècle et l'histoire s'inspire librement de la nouvelle de Maupassant, Les Bijoux, dans laquelle l'écrivain brosse le portrait d'une bourgeoise obnubilée par ses bijoux d'apparat, et dont le mari, peu soupçonneux et naïf, ignore la vraie valeur sentimentale et financière...
Cette satire de la bourgeoisie trouve chez Käutner un ton moins incisif, mais un souffle plus tragique.

Après le tristement mémorable Jud Süß, qui aura tragiquement marqué la carrière de l'acteur Ferdinand Marian, celui-ci joue en 1942 dans Münchhausen de Josef von Baky, et fait une apparition remarquée dans la figure historique du comte de Cagliostro. Il en donne une interprétation saisissante, envoûtante. Dans le film de Käutner, Lumière dans la nuit, sa prestation est de la même trempe. Libre, inspiré, séducteur, il possède la légèreté, l'insouciance, la fougue du chef d'orchestre et compositeur, en proie aux éternels tourments de la création et de l'amour.


Avec ses petites lunettes rondes et ses airs gauches, Paul Dahlke compose un banal employé de banque sans ambition et endosse à merveille le rôle de l'époux grippe-sou, pusillanime et casanier. Sa vie de petit fonctionnaire de la finance, sans envergure et sans relief, est réglée comme du papier à musique. Sa passion pour le jeu et les cartes constitue le seul moment de sa vie où il espère briller par la chance et gagner, en passant, un peu d'argent, histoire d'offrir à sa femme de quoi s'acheter quelques babioles.

On comprend un peu mieux pourquoi sa femme, Madeleine, magistralement interprétée par une Marianne Hoppe ennoblie dans sa fragilité, se satisfait assez mal de cette vie routinière et terne. Elle est la pierre angulaire de ce drame amoureux. Avec ses faux airs de Michèle Morgan, l'actrice possède un visage d'une beauté angélique et porte sur ses frêles épaules le poids de ses incertitudes sentimentales.
Issue du théâtre, Marianne Hoppe fait partie des comédiennes starifiées et adulées par le régime nazi. En 1936, Das magazin, journal people de l'époque, la présentait comme l'égérie des nouvelles stars montantes du cinéma, "symboles des temps nouveaux, saines de corps et d'esprit."
Après la guerre, Marianne Hoppe délaisse le cinéma pour se consacrer presque uniquement au théâtre. Cette grande dame du théâtre monta une dernière fois sur les planches à l'âge de 88 ans, avant de s'éteindre en 2003, à l'âge de 93 ans.
Dans le grand bal des acteurs, je ne veux surtout pas oublier Siegfried Breuer, qui réussit, dès sa première apparition, à instiller, sous ses faux airs de dandy, une sourde inquiétude, déployant sensiblement, insidieusement, progressivement, l'ombre d'une menace indéfinissable, un,  « je-ne-sais-quoi »  de malsain qui va donner toute sa mesure à ce drame bourgeois.

Au même titre que Hitchcock, qui faisait dans chacun de ses films une apparition furtive en forme de clin d'œil, Helmut Käutner pouvait, dans les siens, se tenir tout aussi bien devant la caméra en jouant de petits rôles. Vous pourrez ainsi admirer ses talents de comédien dans Romanze in Moll, il y joue un poète joyeusement décalé et inspiré.

Cinématographiquement, Käutner a un style vraiment personnel et un sens aigu de la mise en scène, avec des mouvements de caméra d'une étonnante fluidité. La séquence d'ouverture est à ce titre éblouissante. Procédant par flash-back, l'intrigue gagne en profondeur, avec des scènes d'une réelle ampleur. Il y a des moments d'une maîtrise impressionnante. La scène du train, par exemple, offre un suspense quasi-hitchcockien.
Une dernière remarque encore : revenant comme un leitmotiv, les reflets à travers les miroirs, ou autres surfaces réfléchissantes, sont comme autant de mises en perspective et de fenêtres ouvertes vers une réalité amplifiée. Ou bien Helmut Käutner veut-il brouiller les pistes en insinuant que cette réalité formelle, esthétisée, a plus de poids et de sens que le monde réel...

Pour moi aucun doute, avec Romance in Moll, Helmut Käutner tient là son chef-d'œuvre, et entre bien dans la cour des grands.



Bonus personnels : (à consulter, ou à lire de préférence après avoir vu le film)

- Les bijoux de Maupassant (Pdf-4p)

- Cahiers du Cinéma : Käutner le Dandy par Louis Marcorelles (juillet 1957) : celui-ci, en revenant sur la filmographie de Käutner, a cette formule lapidaire mais tellement vraie : les films d'Helmut Käutner “affirment la suprématie de l'évasion sous toutes ses formes.” Je crois qu’on ne peut pas mieux résumer. (Pdf-4p)

- La revue du Cinéma (avril 1948) : Nouveaux visages du cinéma allemand par Liliane Delysan. Les articles consacrés à Helmut Käutner ne sont pas légion. Alors mieux vaut savourer le peu dont on dispose. En 1948, Liliane Delysan en brossait un portrait attachant et révélait au public un talent artistique déjà presque oublié, à une époque où la dénazification venait officiellement de prendre fin, en février 1948. (Pdf-8p)

- Propagande et cinéma, un chapitre puisé dans le volumineux, mais passionnant, Une Histoire du cinéma allemand : la UFA, de Klaus Kreimeier. (Pdf-18p)

- Histoire du cinéma nazi de Francis Courtade et Pierre Cadars : présentation du film, Romanze in Moll. (Pdf-2p) Je ne partage pas toujours leur sévérité et leur intransigeance, mais leur imposante monographie sur les films de la période nazie, reste toujours, quoi qu'on en dise, incontournable. (Pdf -2p)

- Ciné Mondial 1943 :  les grandes lignes du scénario du film y sont présentées . (Pdf - 1p)

- Le cinéma allemand sous Hitler, de Nathalie De Voghelaer : un chapitre exclusivement consacré à la signification du terme, trop souvent galvaudé, de propagande. (Pdf - 5p)
Car, au fond, qu'est-ce que la propagande ? On croit à tort, parce que l’Allemagne nazie en a fait un Ministre, que le terme de propagande vient de cette époque, comme si personne avant Goebbels n'en avait saisi le sens...
Une analyse étymologique du mot nous fait assez vite comprendre que la propagande vient du latin, propagare, qui signifie propager. La propagande a donc comme signification plutôt étendre, agrandir, que convaincre ou influencer…
Nathalie De Voghelaer développe la thèse selon laquelle, la propagande, sous Hitler, signifie moins influencer les masses, que répandre et propager une opinion, une pensée unique, en vue de la construction d'un monde nouveau, ce Reich de 1000 ans, dans lequel émergera un nouveau modèle d’homme allemand, basé sur un certain style de vie lié à un système de valeurs. D'ailleurs, comme le dit très justement l'auteur, si le cinéma est un instrument utilisé à des fins idéologiques, s’il doit exalter le nationalisme, et favoriser la soumission du peuple au pouvoir, tout l'art de la propagande est de ne pas la rendre visible. In fine, un bon film de propagande est un film où on ne la voit pas, où on ne la devine pas. La subversion est à ce prix.

Kermite.

BlurayRemux(1920x1080)VOSTFR+St Anglais,Allemand,Russe,Espagnol,Portugais

Liens : 

Film :
https://1fichier.com/?n3hme6wzcfbalcdsrjz8

Bonus :
https://1fichier.com/?ikygiy5t5kjzj7jc7zoa

jeudi 5 septembre 2019

L'Odyssée interstellaire (épisode 1 à 4)




"Mon opinion est que l'univers est non seulement plus étrange que nous le supposons, mais plus étrange que nous pouvons le supposer."
John Burdon Sanderson  Haldane.









Sommes-nous seuls dans l'univers ? Je répondrai sans l'ombre d'une hésitation : non. C'est du moins ma conviction. Enfant, je me souviens de l'effet magique que le film E.T. l'extra-terrestre, de Steven Spielberg, avait produit sur moi. Cette rencontre un peu particulière, placée sous le sceau d'une amitié secrète entre un gamin de 10 ans et cette drôle de créature issue du grand espace intergalactique, m'avait hypnotisé. C'était comme si E.T. en personne était venue me parler directement. Cette rencontre improbable avait surtout enflammé l'imagination du bambin que j'étais. 
Au contraire, la Guerre des Mondes de Byron Haskin, vue sous l'angle d'une invasion guerrière, et d'une logique d'affrontement, m'avait terrorisé, et m'a fait brièvement envisager, que cette rencontre tant désirée pouvait finalement très mal se passer pour nous, humains ! L'idée que l'arme atomique s'avère totalement impuissante contre ces salauds de Martiens venus pour nous étriller, me jetait dans l'effroi et me glaçait le sang. Quoi, ils seraient donc venus dans l'unique intention de nous flanquer une rouste, que dis-je, pour nous réduire en charpie ?! Mon âme d'enfant refusait d'y croire.


Depuis lors, l'hypothèse d'une vie extraterrestre n'a jamais cessé de me tarauder. Pas les Ovnis ou la créature de Roswell, auxquels je ne croyais pas. Mais la vie dans son plus simple appareil. Pourquoi ce qui s'est passé, ici, dans notre système solaire, ne se reproduirait pas ailleurs ? Je me souviens de ma jubilation quand, en 1995, a été découverte la première exoplanète qui apportait la preuve éclatante que oui, Messieurs les Scientifiques, il existe bel et bien d'autres planètes en dehors de notre système solaire, n'en déplaise à votre scepticisme de bon aloi. 

Sérieusement, quelle folie d'égocentrisme que de croire que nous serions absolument seuls dans l'univers. Je n'ai pas l'arrogance de croire à cette imposture. Et quelle étrangeté de penser que notre belle planète bleue ne serait qu'une singularité chimique, mystérieusement plantée dans l'universalité des lois de la physique. Parmi les milliards d'étoiles peuplant les milliards de galaxies, la Terre serait la seule, l'unique planète, de tout l'univers, abritant la vie ? C'est une blague, et à défaut d'être de mauvais goût, elle est totalement absurde. Et remettons les choses en place : non, la Terre et les hommes ne sont plus le centre de l'univers, il faudrait cesser de leur attribuer certains privilèges qu’ils n’ont plus. Va falloir s'y résoudre une bonne fois pour toutes ! Copernic et Galilée ont eu la peau de ces préjugés millénaires qui ont la vie dure, et ont posé les jalons d'une cosmogonie moderne où la vie extraterrestre a tout naturellement sa place.

Attention, loin de moi l'idée de croire aux petits hommes verts aux crânes allongés, et à leurs représentations farfelues et parfois grotesques. Tout ça, c'est de la foutaise en barres, sortie droit de nos cerveaux déjantés, en mal de représentations. Ce qui me frappe, c'est que toute cette imagerie spéculative des monstres, la façon dont nous nous les représentons, n'est que le fruit de nos fantasmes, de nos peurs, et nous ressemblent étrangement, presque naturellement. Ils ont des yeux, des mains, marchent comme nous, parlent, et pour notre plus grand malheur, sont aussi intelligents que nous, sinon plus. Difficile de ne les imaginer autrement qu'à travers le prisme de notre condition humaine. Ils sont conçus, créés, fabriqués à notre image, malgré tous les efforts déployés pour nous les rendre différents, inhumains. Regardez comment ces E.T. sont représentés dans les films, c'est flagrant, et même Alien, le plus terrifiant d'entre tous, est facilement reconnaissable. 

Mais en définitive, la vie est une porte vers l'inconnu, car ce que nous en connaissons, ou que nous croyons connaître, est infime en comparaison de ce que nous ne savons pas…. Et si, un jour, nous avons la chance de la découvrir ailleurs qu'ici, sur notre bonne vieille planète, je reste persuadé que ce que nous découvrirons, nous ne l'aurons jamais imaginé, même dans nos rêves les plus fous. Préparons-nous au choc.  D'ailleurs, qui ne nous dit pas que nous découvrirons autre chose que la vie ? Après tout, la vie n'est qu'un des possibles parmi tant d'autres…

Kermite.


L'Odyssée Interstellaire : 

Épisode 3 : À la recherche d'une vie extra-terrestre
Épisode 4 : Premier contact



Lien : https://1fichier.com/?zd9rfagr1r8pkc2n38lh

HDTV (1080x1440)



mercredi 7 août 2019

The Fallen Idol - Carol Reed 1948 VOSTFR





The Fallen Idol, réalisé en 1948, est le fruit d'une première collaboration (qui en appellera bien d'autres par la suite) entre Carol Reed et Graham Greene, inspirée par la nouvelle, The Basement Room, que l'écrivain a publiée en 1935, et qu'il remania pour les besoins du film.

De prime abord, difficile de situer le film, car comme le dit si justement Philippe Garnier dans le livret de présentation, on a du mal à imaginer pareille vie de luxe dans le Londres d'après-guerre. Difficile aussi de lui coller une étiquette, un genre clairement défini, tant il arrive à mélanger drame et comédie dans une insouciance naturelle, à basculer de l'un vers l'autre dans une surprenante indécision. Pour exemple, je citerai la plus belle scène du film à mon goût, cette partie de cache-cache joviale et enfantine, improvisée dans l'Ambassade, irradiant un bonheur simple, et dans laquelle s'immisce peu à peu l'ombre d'une menace grandissante. Dans cette ambiance bonne enfant, Carol Reed réussit à créer subrepticement un climat d'angoisse aux portes de l'épouvante, et à nous faire passer quelques frissons dans le dos... Du grand art !
The Fallen Idol est bien plus qu'un film sur l'enfance, car il aborde le moment crucial des premières désillusions. Le petit Philippe, gamin de huit ans et héros du film, (merveilleusement joué par Bobby Henrey) va peu à peu réaliser que son idole de toujours, Mr Baines, majordome de son état, chargé de veiller sur lui en l'absence de ses parents, n'est pas celui qu'il imaginait être. Dur d'apprendre à huit ans que le monde qui nous entoure est régi par le mensonge...

Le film bénéficie d'une distribution magnifique, servie par une interprétation de qualité. Ralph Richardson est impressionnant en émotion retenue, alors que Sonia Dresdel qui joue sa femme, Madame Baines, est absolument parfaite en femme glaçante et acariâtre. Et que dire de Michèle Morgan ? La classe évidemment....



Mais au-delà des personnages, ce sont les décors qui forment la véritable ossature du film. Ils sont l'œuvre de Vincent Korda, frère du célèbre réalisateur Alexandre Korda, et apportent une touche baroque du plus bel effet. L'ambassade, où se joue principalement toute l'action, ressemble à ces vieilles bâtisses de l'ère Victorienne, et exhale un parfum mystérieux, propre aux vieux châteaux. Des pièces majestueuses à n'en plus finir, un escalier central interminable que n'aurait pas renié Sir Hitchcock, jusqu'à ces draps blancs qui, posés sur les meubles, distillent une atmosphère vraiment inquiétante et lugubre.

Au final, un film réellement prenant, malheureusement desservi par une copie guère reluisante.... Au début, elle m'a franchement laissé craindre le pire, tous ces petits points blancs, ça pique les yeux et niveau son, ça ne vaut guère mieux, ça grésille comme un vieux 33 tours... Le film aurait eu besoin d'un bon nettoyage, mais il faut croire que l'éditeur Tamasa n'avait pas les moyens de financer une restauration. C'est bien dommage. Par contre, en bonus, vous trouverez un magnifique texte de présentation signé Philippe Garnier, et une belle galerie de photos qui vous fera mieux apprécier tout le talent du directeur de photos, Robert Krasker.

Bonus :


- Le regard de Philippe Garnier (7 pages scannées par mes soins - PDF)
- Galerie Photos 3mn (HD - 1920x1080)


Kermite.

Liens :   https://1fichier.com/?thcmurdb9su35pk9clhu  

(Remux Bluray)





dimanche 21 juillet 2019

Police sur la ville - 1968 Don Siegel






Madigan, sorti en France sous le titre de Police sur la ville, est un film de Don Siegel. Sur une musique très jazzy de Daniel Costa, s'accordant à merveille avec les lignes verticales des gratte-ciel New-Yorkais, on suit avec enthousiasme les déambulations de deux inspecteurs (joués par Richard Widmark et Henry Fonda) qui, sous peine d'être radiés de la police, mettent tout en œuvre pour arrêter un truand. Sur une intrigue aussi maigre, Don Siegel réussit à faire un film captivant, dans lequel surnagent avec aisance deux stars adulées du cinéma américain, Richard Widmark et Henry Fonda. Ce dernier, ici en patriarche assumé du cinéma américain, campe avec toute la rigueur qu'on lui connaît, un commissaire irréprochable et exigeant, au comportement exemplaire, mais qui va révéler au fil de l'intrigue des failles inhabituelles.
Pourtant habitué aux rôles de salaud, Richard Widmark, quant à lui, change de registre et interprète un flic de base, intègre et honnête, essayant de bien faire son boulot. Malgré une trop brève apparition, Steve Ihnat excelle dans le rôle du truand patenté. Bref, une qualité d'interprétation qui tire indubitablement le film vers le haut...

Dans un style sec et nerveux, Madigan est une plongée dans le quotidien des policiers. On découvre l'épineux et dur métier de flic, ses difficultés, ses compromissions aussi, ainsi que ses méthodes de travail pas toujours douces et d'un autre âge... À cette époque, on avait le coup de poing facile pour décoincer les mâchoires des témoins et les faire parler...
Le style de Don Siegel se caractérise par la sécheresse de sa mise en scène, et, à cet égard, la fusillade finale est un modèle du genre. Don Siegel filme la violence sans artifice, dans toute sa crudité, non pour en faire l'apologie, mais pour mieux la dénoncer.
Quelques années plus tard, Dirty Harry poursuit le travail de sape ébauché par Madigan.
Librement inspiré du tueur du Zodiaque, Dirty Harry exacerbera les violences et dénoncera, avec plus d'acuité, la déliquescence d'une société américaine en proie à l'une de ses plus grandes crises morales de son histoire.




Vous trouverez en Bonus :

- Une galerie photos 3mn (HD - 1920x1080)
- Une Bande-annonce 3mn (SD - 720x576)
- « Peur sur la ville » : 26 mn (HD - 1920x1080) Documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac.
Julien Comelli nous fait part d'un tournage éprouvant, dû en grande partie aux exigences parfois surréalistes du producteur, Frank Rosenberg, qui n'hésitait pas à mettre son grain de sel un peu partout, provoquant du même coup des affrontements réguliers avec les acteurs. Julien Comelli revient également sur le procédé technique, appelé Techniscope dans lequel fut tourné le film. Procédé économique, puisque moyennant une perte de définition, il permettait de réaliser des économies financières...
Vingt-six minutes très précieuses sur la confection du film.


Kermite


Liens :  https://1fichier.com/?0vv7n6fe1hfuwlq1m1qn


(Remux Bluray – Multi 1920 X1080)



dimanche 16 juin 2019

The strawberry blonde – Raoul Walsh 1941 VOSTFR








Synopsis : Biff, qui vient d'obtenir son diplôme de dentiste, a ouvert un cabinet. La clientèle se fait attendre et Biff se demande si les années qu'il a passées en prison ne sont pas la cause de la réticence des malades. En compagnie de son ami Nick, il se remémore les événements qui l'ont conduit jusque là...




The Strawberry Blonde réalisé par Raoul Walsh en 1941 et sorti en France, 26 ans plus tard, sous les titres peu inspirés de, la blonde framboise, ou un dimanche après-midi, est un film absolument savoureux, d’une délicatesse et d’une légèreté délicieuses. Un film d’époque au charme fou. Le temps des premières automobiles et des premiers… spaghettis ! Le temps des premiers raccordements électriques, et des premiers gaz anesthésiants au protoxyde d'azote dont se servaient les dentistes pour soulager leurs patients... Toute cette époque révolue est merveilleusement restituée. 
Et pour le casting, on est plutôt bien servi : habitué aux rôles de caïds, James Cagney casse son image de dur et se frotte à la comédie sentimentale avec une élégance jubilatoire. Rita Hayworth et Olivia De Havilland réunies ensemble, difficile de rêver mieux… Les scènes de séduction, brillamment orchestrées et mises en scène, sont drôles, inventives et touchantes.

Il faut voir la tête que fait James Cagney à son premier rendez-vous amoureux. Il est littéralement interloqué par les œillades libertines de la séduisante Olivia de Havilland, qui feint, à merveille, la féministe dévergondée prête à tout pour un baiser ! Divinement cocasse !
À noter que Rita Hayworth devient une star juste après la sortie du film, alors qu’au départ, elle ne devait même pas y jouer ! Remarquée et engagée par Raoul Walsh, elle remplaça au pied levé Ann Sheridan, à qui le rôle était promis, mais qui le refuse, en conflit avec son producteur, Jack Warner. Un caprice de star qui profite à Rita Hayworth. Comme quoi, le succès tient parfois à bien peu de choses…


Bonus :

- Extrait de la revue Positif (avril 1982) : Tribute to a good man, James Cagney ou l'ambivalence de l'Amérique. Long survol de la filmographie de J. Cagney. (PDF- 13 p)
- Un extrait de Un demi-siècle à Hollywood écrit par Raoul Walsh. Un bref passage relatant les circonstances un peu particulières dans lesquelles Rita Hayworth  fut engagée. ( PDF - 2p)

PS: le DVD d'origine est en VO, ajout des sous-titres en fr (en jaune) synchronisés par mes soins. 

Kermite.

Lien : https://1fichier.com/?qa2zootkh0p9iyieii5l 

Remux DVD (720x480)


dimanche 9 juin 2019

Déluge 1933 - Felix E. Feist – VOSTFR + VF




Synopsis : des comportements météorologiques chaotiques menacent le monde et des secousses sismiques d'une ampleur jamais atteinte provoquent des catastrophes à la chaîne. Bientôt, dans une atmosphère de fin du monde, des tsunamis géants balaient les côtes des États-Unis... 


Le grand amateur de films catastrophe que je suis, attendais avec une impatience fébrile la sortie en DVD de Déluge, marqué par ces incroyables scènes de fin du monde aux effets spéciaux d'un réalisme saisissant. Et voilà qu'il sort enfin chez nous ! Malheureusement, peut-être parce que j'y ai mis trop d'attentes, je ne vous cache pas ma déception, tant le film, tout compte fait, s'appuie sur un scénario aussi épais qu'une peau de chagrin. Je m'attendais à nettement mieux.

De ce film qu'on croyait à jamais perdu, il ne restait semble-t-il qu'une copie italienne. Mais c'était sans compter sur l'abnégation de Serge Bromberg, qui réussit à dégoter une copie du film, dans les archives françaises du CNC à Paris, et à la restaurer. 
Déluge, produit par la RKO, est réalisé par un gamin de 22 ans, le dénommé Felix E. Feist qui n'aura franchement pas laissé par la suite un souvenir impérissable. Notons tout de même à son actif deux films majeurs : Donovan's Brain qui porte le nom du roman de Curt Siodmak en 1953, ainsi qu'un honnête western, la Vallée des géants, avec Kirk Douglas, réalisé en 1952. À part ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent. 
Déluge est donc son premier film, et on entre très vite dans le vif du sujet, sans fioritures. Un raz-de-marée géant, suite à des tremblements de terre d'une ampleur planétaire, menace directement les États-Unis. Juste le temps pour les autorités de prévenir in extremis la population, et la déferlante s'abat comme un rouleau compresseur. New-York est englouti en quelques minutes et le spectacle des gratte-ciel qui se lézardent et s'effondrent par la force des éléments naturels est incontestablement la partie la plus réussie du film. Bien que réalisés à partir de maquettes, les effets spéciaux sont fabuleux pour l'époque, et d'autant plus impressionnants qu'ils ont bénéficié, pour leur conception, de moyens financiers très limités. Les images sont parfois d'un réalisme effrayant, comme ces fissures gigantesques qui laissent entrevoir les entrailles béantes de la terre. 



Mais passé la séquence d'ouverture, avec ses effets spéciaux dantesques, la tension baisse nettement d'un cran, et on se retrouve, après l'apocalypse, dans un drôle de survival pas très réaliste, qui frise, à mon sens, la caricature et par moments, le ridicule. Notre valeureux héros, ayant survécu, réussit à trouver, perdu dans ce No Man's land, une jolie petite maison, toute équipée, miraculeusement épargnée. Et au lieu de partir à la recherche de sa femme et de ses deux enfants qu'il a perdus de vue pendant la catastrophe et qu'il croit déjà morts, il s'y installe, tel un Robinson Crusoé, en attendant des jours meilleurs. En fait, il peut remercier le Bon Dieu de trouver un jour, presque à ses pieds, la belle Peggy Shannon nageuse émérite, qui s'est échouée inconsciente et à bout de forces, après avoir nagé des heures durant, afin d'échapper à des ravisseurs aux intentions malveillantes. On imagine facilement la suite, comment en enterrant un peu vite sa femme et ses deux enfants, il va rapidement tomber sous le charme de la belle et mystérieuse nageuse. En fait, la véritable star du film, c'est elle justement, Peggy Shannon, objet de toutes les convoitises masculines. Car ce survival a pour mérite de mettre en évidence l'âpreté d'un monde soumis aux appétences sexuelles des plus forts. Bon, ce n'est pas Mad Max, il ne faudrait pas exagérer....Et dans cette mouvance un peu glauque, il y en a un qui tire manifestement son épingle du jeu : Fred Kohler. Cet acteur m'a vraiment tapé dans l'œil. Issu du théâtre et du vaudeville, il fait une belle carrière dans le muet avant de négocier, avec succès, le virage du parlant. Doté d'un physique imposant, il avait pour habitude de jouer des rôles de personnages odieux et pourris jusqu'à la moelle, en incarnant avec un naturel désarmant la méchanceté même. Trait physique particulier : il avait perdu deux doigts de sa main droite dans le maniement des explosifs, alors qu'il travaillait dans une compagnie minière, à une époque où il ne vivait que de petits boulots. Il meurt prématurément en 1938 d'une crise cardiaque en plein sommeil, à l'âge de 50 ans.
Dans Déluge, il excelle dans le rôle de la brute épaisse, libidineuse, prête à tout pour satisfaire ses instincts. Il transpire la lubricité à plein nez, et ses attitudes, d'une rudesse sans équivoque, font de lui un personnage qu'on aime haïr. Voilà un sacré bon personnage, un sacré bon acteur, que j'aime parce que détestable à souhait...
Parmi les bons points du film, il faut souligner que Déluge est un film Pré-Code, et qu'à ce titre, il offre des situations que la censure, par la suite, ne rendra hélas plus possibles.
Pour commencer, Peggy Shannon en bikini nous offre un panel de ses atouts naturels des plus convaincants... Elle partage aussi la même couche que notre héros, aux avances duquel elle ne résiste pas longtemps... Triste fin d'ailleurs, que celle de cette artiste qui, après avoir totalement bousillé sa carrière d'actrice en sombrant dans l'alcoolisme, meurt aussi prématurément, d'une crise cardiaque en 1941, à l 'âge de 34 ans, un verre vide à la main...

Déluge fait évidemment écho à la Grande Dépression qui ravagea les États-Unis à la même époque, et on n'est pas étonné de retrouver, à travers ces phénomènes naturels catastrophiques, le cataclysme économique qui a secoué et bouleversé l'Amérique en la dépouillant de ses beaux idéaux.
Finalement, nous avons donc affaire à un petit film, une curiosité, qui se laisse malgré tout regarder, bien qu'entaché d'un scénario prévisible et d'acteurs pas toujours convaincants. Avec un peu d'indulgence, on pourrait même lui trouver un certain charme...



Les éditions Lobster Films ont eu le mérite et l'heureuse initiative de rajouter au film, qui dure à peine une heure, des bonus de qualité, jugez plutôt : 


- Survival Town (3’) : comme si vous y étiez... Une explosion nucléaire réalisée au Nevada en 1955 et entièrement filmée... décoiffant ! 
- La destruction de San Francisco 1906 (25’) : ce petit film nous transporte un siècle en arrière, en 1906, après le terrible séisme, à San Francisco. La ville est envahie par les décombres et ravagée par les incendies qui durèrent trois jours. Des images étonnantes rapportées par une caméra qui témoignent aussi bien de la violence de l'événement, que de la résilience de la population prête à se retrousser les manches et à reprendre le cours normal de son existence. Un document captivant.
- Un extrait des Derniers Jours de Pompéi d’Ernest B. Schoedsack (1935 – 10’).

À noter que le film est sorti en Blu-ray chez Kino, mais en VO uniquement.


Liens : 


Remux DVD (VOSTFR+VF +St Fr - 720x576)  : 

https://1fichier.com/?30bxzmhtl3eq5q06tq27





ou :


Remux Blu-Ray (12,3 Go + VO + St anglais + St Fr synchronisés par mes soins) :

https://1fichier.com/?65z9ra6litmnsrf3gnyn
https://1fichier.com/?zcz2laai8ro4ohc89c8j
https://1fichier.com/?2273a3mwuxo0kzqu9a76
https://1fichier.com/?obduongl8wsd9b34oure
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Kermite.