
Toute l'œuvre
de Rithy Panh s'articule autour d'un
long et douloureux travail de mémoire. Mieux que personne, l'auteur
a saisi l'urgence de la situation. Il s'agit avant tout de sauver de
l'oubli, des lambeaux d'histoires d'un pays détruit par quatre
années de totalitarisme et d'obscurantisme politique. Un pays
ravagé, meurtri dans son âme, et qui aura vu, sous le régime
des Khmers rouges, la destruction de tout
un patrimoine culturel. Chanteurs, cinéastes, ballet royal, ont été
sous le régime de Pol Pot, littéralement
décimés, anéantis, broyés par une idéologie communiste qui a
voulu faire table rase du passé.
C'est bien pour pallier
ce nomad's land culturel que Rithy
Panh a pris l'initiative, en collaboration avec le
cinéaste Ieu Pannakar, de créer en 2006,
le centre Bophana, qui porte le nom de
cette jeune Cambodgienne de 25 ans, emmenée dans le sinistre camp de
la mort, S21, pour avoir écrit des lettres
d'amour à son mari, Ly Sitha. Et
morte, après des mois de tortures et d'interrogatoires, à Choeung
Ek, exécutée dans les champs de la mort, comme des
milliers d'autres victimes...
Le centre Bophana est
à la fois un lieu de mémoire et un centre de documentation
historique, où sont collectées et sauvegardées, toutes les
archives audiovisuelles du Cambodge. Incontestablement, la démarche
de Rithy Panh permet au Cambodge
d'assumer son passé, de saisir son histoire dans toute son horreur,
afin de pouvoir mieux reconstruire son avenir et de retrouver toute
sa dignité.
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Des
archives, il en est justement question dans La France
est notre patrie, étonnant patchwork d'images, puisées
dans un vaste fond d'archives. Le documentaire, d'une forme atypique
et sans commentaires, se construit de façon originale, comme un
vieux film muet, avec cartons et intertitres, et raconte une
histoire, celle de l'Indochine française. Rithy
Panh se pose en archéologue de la mémoire en
exhumant du passé des images d'un autre temps. C'est toute une
époque révolue qui défile sous nos yeux. Le temps du
colonialisme dans toute son effervescence.
Mais le documentaire
est, à mon sens, loin d'être un réquisitoire contre le
colonialisme, bien que certaines images, impitoyables, en reflètent
parfaitement les dérives et les préjugés. Le terme de Protectorat
est lui-même révélateur de la relation, forcément bancale, que la
France a voulu établir avec l'Indochine. La France s'érige en mère
protectrice et bienveillante. Une mère Patrie, qui, comme toutes les
mères, refuse toute contestation de son autorité et donne naissance à de graves malentendus...
Bonus
:
- Portrait de Rithy Panh en
cinq parties : (France Culture - Flac - 5 x 29 mn)
- Indochine
: le poids des images, l’absence des mots : interview
de Rithy Panh à propos de son film, La
France est notre patrie.(France Inter - Flac - 13mn)
- Un dossier complet,
extrait de la revue GEO HISTOIRE,
sur l'Indochine : un siècle de présence française au Vietnam, au
Laos et au Cambodge. (PDF-
120p)
-Entretien de Rithy Panh, figurant dans le DVD, la France est notre patrie : (22mn - MKV)
Kermite.
Lien :
https://1fichier.com/?dn5bw6szh3xcsjaiha55
HDTV (1440x1080)
Bonus : https://1fichier.com/?n5woq3wmz352toq87xbo
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